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Face aux ambitions islamiques
en Suisse, en Europe

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Un appel sur mon portable, hier après-midi ; je réponds pour entendre aussitôt des appels assourdissants à la prière, à la - soumission - «Allah Akbar !». Je faisais également cela voici presque une année, lorsque les hauts-parleurs des mosquées environnantes déversaient leurs mélopées, histoire de surprendre mes amis en Suisse et de partager cette chose alors nouvelle pour moi ; mais j'étais alors à Medan, en Indonésie, et pas à Berne, sur la Place Fédérale, devant le siège du Gouvernement et du Parlement de ce pays.

Ce lieu voit certes alterner nombre de manifestations tout au long de l'année, au nom de divers intérêts corporatifs ou particuliers, et a été aménagé dans ce sens. Mais rarement pour imposer une loi censée provenir de Dieu et supplanter celles votées par les hommes ; rarement en arabe, rarement en contestant aussi explicitement les lois et les valeurs du pays qui a eu la générosité d'accueillir une grande partie des manifestants et de les soutenir. Contrastes saisissants : alors qu'un millier de musulmans manifestent en Suisse pour imposer leur vision de l'existence et de la vie en commun, sans être le moins du monde entravés ou dissuadés dans leur démarche, les citoyens danois sont priés de déguerpir au plus vite d'Indonésie, où leur sécurité ne peut plus être assurée par les autorités ; alors qu'un «juge islamique» palestinien vient en Suisse prêcher la charia et réclame des lois rendant intouchable ce qui à ses yeux est sacré, les dirigeants européens - comme Micheline Calmy-Rey - ne parlent que des concessions à faire de notre côté au nom d'un respect et d'une compréhension entre les peuples qui semblent bien unilatéraux ; alors que des représentations diplomatiques occidentales sont prises d'assaut dans le monde arabo-musulman pour cause de blasphème, les journaux et les journalistes en viennent à devoir bénéficier d'une protection policière en Europe pour poursuivre leurs activités.

Mais ces contrastes n'échappent pas aux citoyens, que les événements de ces dernières semaines ont sans aucun doute sensibilisés. Ce sondage publié aujourd'hui par le Sonntagsbiick semble montrer une perception aiguë de la situation : 78% des sondés voient dans l'islamisme radical une menace sur la paix mondiale, et 24% voient même une menace intérieure dans les quelque 3 00'000 musulmans vivant en Suisse ; 60% estiment qu'il était faux de publier les caricatures, mais 66% pensent que la liberté d'expression ne doit pas être entravée ; 37% disent que l'islam doit être placé au même niveau que les confessions existantes, mais 47% affirment que les entreprises ont le droit d'interdire le port du voile. Il est cependant intéressant de relever, même si l'échantillon est très réduit (35 personnes interrogées), que les musulmans en Suisse ont des positions parfois très différentes : 74% estiment nécessaire de limiter la liberté d'ex- pression, 55% ne voient aucune men- ace dans l'islamisme radical, et 65% sont contre l'interdiction du voile.

Dans une démocratie, ces positions très minoritaires n'ont logiquement aucune chance d'être prises en considération, puisqu'elles s'opposent de front aux opinions et aux convictions de la majorité des Suisses ; les aspects visibles de l'islam, comme la construction de minarets (deux existent aujourd'hui), suscitent d'ailleurs une contestation énergique au sein de la population. Mais les activistes islamiques n'utilisent les voies de la démocratie que lorsqu'elles leur assurent le succès ; dans l'intervalle, ils font preuve de patience et prévoient avec confiance l'avènement d'un temps où l'applica- tion progressive de la charia, par petites touches successives, par une lente suite de concessions, deviendra une évidence. Au nom du «respect» et du «dialogue» entre les peuples.

Il faut se rendre à l'évidence :
ce que Tarik Ramadan et consorts annoncent n'est rien d'autre que l'islamisation de l'Europe. Leur message vise à rendre inéluctable dans les esprits ce qui ne l'est ni dans les urnes, ni dans les maternités. Et la seule réponse à cette irrédentisme - à laquelle les élites intellectuelles de ce pays succombent trop facilement - réside dans la préservation et dans la diffusion de la démocratie directe. Parce que la liberté est la véritable crainte de ceux qui veulent réduire la nôtre.

Ludovic Monnerat
Stratégie, Prospective et Infosphère

Pieds -Noirs d'hier et d'aujourd'hui - N ° 152 MAI 2007

mise en ligne le 2 janvier 2008

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