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Est-ce que l'on change d'idées en devenant Secrétaire d'Etat ?

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Choisi par le président de la république pour occuper un poste ministériel, le député U.M.P, Alain Marleix qui s'était distingué à l'assemblée nationale par son ardeur à combattre pour l'adoption du 19 mars comme journée du souvenir de la guerre d'Algérie. Rappelons brièvement sa proposition de loi en faveur du 19 mars n°243 du 26.04.2002, sa seconde proposition de loi en faveur du 19 mars n°789 du 10.04.2003, le moins que l'on puisse dire c'est que le personnage est constant dans ses idées et a qui fera-t-on croire que ses nouvelles fonctions lui ont fait changer d'idées ?
Notre scepticisme est grand surtout quand on voit le nombre élevé d'électrons libres au sein du pouvoir.

L'ancien ministre Chevénement disait " un ministre , ça ferme sa gueule ou ça démissionne ", nous ne pensons pas qu'à l'instar de ses collègues du gouvernement d'ouverture qui multiplient les déclarations incen- diaires contre la politique suivie, ce sous-ministre abandonne un aussi juteux fromage. Les nouveaux bénéficiaires d'un portefeuille ministériel sont les courants d'air de l'ouverture. Un désordre que l'Elysée tolère. " II faut que le gouvernement respire, ne s'asphyxie pas ", belle formule mais source à terme de graves dissensions dans ce ramassis de personnalités si différentes, tant intellectuellement que politiquement, nous allons vers des jours difficiles pour cette majorité hétéroclite.
Le Secrétaire d'Etat aux Anciens Combattants ne vient-il pas lors de son récent voyage en Algérie de parler " de projet d'histoire apaisée " sans en définir les contours, il est vrai que pour lui : " la mémoire ne constitue cependant pas un but en soi? " (Déclaration d'Alger, septembre 2007). Aussi, grande a été notre surprise de lire, en prenant connaissance de la réponse du Secrétaire d'Etat aux Anciens Combattants à notre ami Jacques Torres : " Les associations ont évidemment la possibilité de célébrer, à leur initiative ; tel ou tel événement qu'elles jugent particulièrement digne d'une commémoration. Elles sont libres de le faire en liaison avec les autorités, notamment territoriales, qui doivent en garantir le bon déroulement". Dont acte !

Dans ces conditions, nous posons la question pourquoi interdire aux Associations de Rapatriés à l'Arc de Triomphe, le simple dépôt d'une gerbe pour commémorer le massacre du 5 juillet 1962, cérémonie autorisée par le Comité de la flamme et empêchée par les forces de l'ordre ? D'autre part le Président de la République a affirmé par écrit le 16 avril 2007, : ... "Il n'est pas question que le 19 mars soit une date officielle de commémoration... je le répète...je n'accepterai pas que la date officielle de la commémoration des morts de la guerre d'Algérie soit celle d'un cessez-le-feu, qui, de surcroît, n'a pas été respecté ". Dont acte !

Mais alors pourquoi son Secrétaire d'Etat, précise à Monsieur Jacques Torres : " Les représentants de l'Etat dans les départements adaptent leur participation en fonction de la situation locale. Il en est de même de la représentation militaire ".

Cette déclaration, sans ambiguïté, prononcée et répétée par le Président serait-elle une promesse faite avec l'arrière-pensée de mettre en œuvre exactement le contraire ?
Nous y sommes habitués, mais nous pensions avoir enfin en face de nous quelqu'un à notre écoute, doté de sentiments humains qui filtraient à travers les engagements qui nous étaient destinés.

Dans la foulée, peut-on demander à Monsieur le Secrétaire d'Etat, que l'on sait partisan de la célébration du 19 mars, quelles sont les dates de défaites françaises commémorées ?
Il s'agit, en effet, là, d'une défaite cuisante qui a vu non seulement la perte de territoires français mais aussi l'abandon programmé et la mort de milliers de Français ayant fait confiance à la parole donnée et aux engagements signés des plus hauts responsables de l'Etat. Mais que pouvions-nous attendre d'un Etat et d'un Ministère qui, en 1970, ont refusé les négociations proposées par Boumedienne et de ceux qui aujourd'hui encore font étrangement le silence sur le sort réservé aux militaires français prisonniers de guerre du FLN et abandonnés à leur effroyable sort après les Accords d'Évian.

Monsieur le Secrétaire d'Etat doit être loin de ces considérations vu qu'il n'a certainement perdu personne de sa famille là-bas et n'a pas vu sa vie se dérouler dans une incommensurable douleur.
Devons-nous croire que la vie perdue des Harkis, des Pieds-Noirs et des soldats massacrés après le 19 mars, ne pèse, pour lui, pas lourd dans la balance de ses objectifs politiques et de la raison d'Etat ? " Votre mémoire a été incomprise et parfois souillée " (Nicolas Sarkozy, le 16.04.2007). Hélas, avec ce maudit 19 mars, cela continue, encore et toujours ! " Vous avez tout perdu. Vous avez été victimes d'une histoire et encore victimes d'un mépris. " (Nicolas Sarkozy, le 16.04.2007).

Avec vos directives, ignorant les engagements du chef de l'Etat, on s'aperçoit que rien n'a changé ! " Si la France a une dette morale, c'est d'abord envers vous " (Nicolas Sarkozy, le 16.04.2007).
En voilà une qui ne coûterait rien mais que, après quarante-cinq ans d'une ignominieuse campagne de calomnies qui perdure à ce jour, nous n'espérons plus.

Ahmed Kaberseli
Parue dans le Clin d'Oeil n°209
novembre 2007

NB: Sur le site du CRI, Cette personnalité est suivie et a été mise dans la page Podium, dans la quatégorie "en attente d'être envoyée à la poubelle, suivant sa position pour l'officialisation de la journée de commémoration du 19 mars (souhait de la FNACA)......

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