![]() Ne revenons pas sur tant d'horreurs et d'infamies pour faire passer, auprès de l'opinion, une " auto-détermination " inopportune, inconséquente et qui s'avéra très vite criminelle, on ne manqua pas d'invoquer le " sens de l'histoire ". " Le sens de l'histoire " rappelait Alexandre Vialatte a trotté du Sud au Nord à l'époque de Charles Martel, suivi par 300 000 Sarrazins ". Le grand -père de Charlemagne lui asséna un grand coup de massue ; le " sens de l'histoire " fit demi-tour et fila du Nord au Sud... Il est pourtant resté, ce " sens de l'histoire ", la tarte à la crème de toutes les discussions, une manière de vous clore le bec. Répondant à tous les arguments et apaisant les scrupules, il réhabilite toutes les inepties tout en justifiant les pires atrocités. Pour convaincre les plus réticents à l'abandon d'une province française, un guide prétentieux, irresponsable et somme toute bien peu clairvoyant, fit espérer aux citoyens électeurs de mirobolantes perspectives. De podium en conférences de presse, il fut annoncé que la France, allégée de son fardeau " Algérie ", deviendrait l'âme de la future Europe, l'arbitre respecté de l'Univers et.. .argument suprême et palpable : " dégrevée d'impôts ". C'est dire si le déménagement du " Pieds-Noirs " et celui, encore plus déracinant du " Harkis " allait être remboursé au centuple!... On avait vu des princes déployer ruse et force pour conquérir des territoires mais jamais encore personne user de tant d'arguments spécieux, de lâcheté et de férocité pour briser un empire et ses résistants. D'aucuns, plus tard, reprochèrent aux " Rapatriés " de n'être pas restés, ou revenus en Algérie. A leurs yeux, un abandon de nationalité, de propriétés et un radical changement d'existence paraissent un " prix dérisoire " à payer. Nous dûmes leur expliquer qu'une pareille " option " n'est supportable qu 'aux renégats, et encore !... Quatre décennies plus tard, le bilan de toutes les " indépendances " octroyées est calamiteux. L'Algérie eut vite fait de dilapider l'acquis colonial. Les rodomontades de dirigeants vénaux, incompétents, et leurs slogans démagogiques ne purent masquer longtemps le retour de l'incurie... et de la misère. L'aide colossale de l'Occident, peu rancunier, fut détournée en rackets à côté duquel les agissements de la Mafia fait figure de boutique artisanale. Pour des millions de dupes, le film " Indépendance " continue à se jouer, sans entracte, et ces malheureux ne voient jamais arriver le mot " fin ". Ces desperados d'Outre Méditerrannée n'ignorent plus rien de l'Eldorado européen par paraboles et médias interposés. Le premier bateau invoqué dans le prophétique ouvrage de Jean Raspail " Le Camp des Saints" est arrivé, il y a quelques mois à Boulouris... d'autres suivent sur les côtes italiennes et espagnoles. Quant aux électeurs français, ils n'attendent plus les bienfaits promis jadis par le " Guide ". Aveugles, inconscients, ils devraient parfois méditer l'avertissement d'Honoré de Balzac : " Le bienfaiteur crée des droits à l'obligé ". John Franklin en relisant le " Vilain Temps " de Jacques Perret crédit:Pieds -Noirs d'Hier et d'Aujourd'hui - N° 162 Avril 2008
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