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DROIT D'INVENTAIRE :
UNE IMPOSTURE MÉDIATIQUE
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Le magazine présenté par Marie Drucker et Max Gallo sur France 3 le 3 décembre 2008 a atteint un sommet dans la désinformadon de l'opinion.
Les enquêtes consacrées à la Marseillaise, aux femmes dans la guerre de 1914 et aux engagés du commando Kieffer présentaient une image objective du dévouement à la patrie des Français, même si l'on peut regretter que n'aient pas été évoqués les combattants de l'Armée d'Afrique et ceux d'Indochine.

La séquence consacrée à l'Algérie, en revanche, appelée le grand doute, présentait une histoire tronquée de cette guerre, centrée sur les massacres de population par l'armée, la torture et la résistance des appelés aux putschistes. Oubliés, la bataille des frontières, les fraternisations du 13 mai, l'action humanitaire de l'armée (SAS, EMSI et soldats du contingent), l'engagement et le massacre des harkis, les enlèvements et l'exode des pieds noirs, les mensonges du pouvoir.
S'il y a un doute, c'est celui de la connaissance historique des présentateurs.

Le film initial, présentant des soldats (ou des gendarmes) abattant sans sommations de pauvres fellah sortant de leurs tentes sans intention belliqueuse, pose un premier problème historique. On nous dit là qu'il a été tourné par un journaliste et que sa diffusion a été interdite. Yves Courrière en revanche l'attribuait à un sud-américain non identifié. Souvent, cette tuerie est située au 8 mai 1945 et non au 20 août 1955. Certains le considèrent comme un montage réalisé par des complices du FLN. Les témoins du Nord Constantinois ne se souviennent pas de tentes d'habitation.
Quand a-t-il été tourné, à quel endroit et par qui ? Cela reste une énigme.

Les déclarations de deux responsables de la FNACA ne plaident pas pour leur dignité. Ils sont plus inspirés par la célébration de la quille que par le service de la patrie. Or tous les rapports sur le moral font état la grande disponibilité des appelés de la guerre d'Algérie , et de leur bienveillance envers la population musulmane.
La plupart ont entendu parler de la torture, quelques-uns seulement en ont été témoins, estime l'universitaire Rémi Kauffer, et l'écrasante majorité des soldats, y compris ceux de l'élite parachutiste, ne l'a jamais pratiquée.

Jean Lacouture de son côté a été témoin de l'action de l'armée qui dans le bled fait un véritable travail révolutionnaire.

Le soi-disant photographe du 1 /2eme RI à Aumale porte contre son chef de corps des accusations, qui sont proches de la diffamation, alors que ce colonel est connu pour sa générosité exemplaire et pour la réussite de la pacification de son quartier.

Dernier intervenant, Pierre Chevènement n'adhère pas à ce qu'ont déclaré les témoins précédents, sans en préciser les raisons cependant. Il reconnaît le massacre de 18 de ses moghaznis. Mais il déclare avoir été menacé par l'OAS, alors que dans ses mémoires {la crise, le vieux, le neuf en 1974 — Le courage de décider, R.Laffont en 2002) il n'en fait pas mention. Il semble avoir oublié qu'il a assisté au départ des commandos OAS pour Alicante, et qu'il a été menacé, le 5 juillet, non par l'OAS mais par des ATO (auxiliaires temporaires occasionnels) recrutés par le FLN.

C'est un mauvais point pour France 3 qui s'était déjà distingué par la diffusion d'un film en l'honneur des terroristes poseuses de bombes.

Faudra-il que le Président de la République nomme les directeurs de chaîne pour que l'on assiste à de vrais débats ?

le 9 décembre, 2008 .
Général Maurice Faivre,
historien, membre de l'académie des sciences d'outre-mer.
crédit le bulletin de l'ASAF N°84
mise en ligne le 22 mai 2009

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