De Gaulle, grand saint ?
Beaucoup de nos amis nous ont fait part de leur émoi à la suite du Colloque international "Charles De Gaulle, chrétien, homme d'état" des 13 et 14 novembre 2009, à Paris. Beaucoup ont écrit à Monseigneur Vingt-Trois, Cardinal Archevêque de Paris qui avait organisé ce colloque.
Dans son livre "L'après De Gaulle" (Paris, Fayard 2006, page 41), Jean MAURIAC cite cette phrase de Christian FOUCHET, datée du 28 octobre 1969 :
" J'en ai voulu au Général de m'a-voir limogé au lendemain de mai 1968... C'était une faute politique. Il m'a reproché de ne pas avoir maintenu l'ordre : - "Vous n'avez pas osé faire tirer. - "J'aurais osé, s'il l'avait fallu, lui ai-je répondu. Souvenez-vous de l'Algérie, de la rue d'Isly. Là, j'ai osé, et je ne le regrette pas, parce qu'il fallait montrer que l'armée n'était pas complice de la population algéroise".
Etant moi-même Française d'Algérie, j'ai vécu sur place, à l'âge de 25 ans, la fusillade du 26 mars 1962 où un membre de ma famille a été assassiné, parmi les 82 victimes innocentes non armées présentes sur les lieux. D'autre part, j'ai été un témoin direct du carnage des journées sanglantes d'Oran, où le Général KATZ avait reçu l'ordre gouvernemental de consigner nos troupes dans leurs casernes, empêchant les soldats de l'Armée française de porter secours à la population sauvagement massacrée sous leurs yeux, européens comme musulmans. Ces deux événements sont le fait des décisions du Général-Président, ce personnage quasiment diabolique, vraisemblablement un des plus sanguinaires des dirigeants français du XXe siècle, et, à coup sûr, le responsable du plus grand mensonge politique du XXe siècle de notre histoire de France.
Geneviève TRONCY
Il paraît inouï qu'aient été complètement occultées de multiples actions tout à fait étrangères à une attitude chrétienne : orgueil, infatuation, intolérance, vindicte, mépris, haine, machiavélisme. Permettez-moi d'en citer quelques exemples : - Orgueil : De Gaulle a prétendu définir ce qui était le bien (se rallier à la " France Libre ") et le mal (signer l'armistice, servir le gouvernement, dit " de Vichy "). Son départ offusqué quand il a été désavoué par le suffrage universel.
- Infatuation : pour conforter sa légende, il parlait de lui à la troisième personne.
- Mépris : à un interlocuteur plaidant la cause de" Français libre " qui l'avait critiqué et qu'il voulait exclure, " Est-ce qu'il se couche ? ". Nul n'a oublié " Les Français sont des veaux "....
- Intolérance : De Gaulle a toujours été un ferment de division, aussi bien pendant et après la seconde guerre mondiale, qu'après son retour au pouvoir en 1958. On en voit aujourd'hui encore les conséquences, ses " héritiers ", comme ses ex-complices socialo-commu-nistes, imposant la légende du sauveur de la patrie.
- Vindicte : Churchill et Roosevelt craignaient une guerre civile française et voulaient modérer son appétit de vengeance; on sait à quel point l'Epuration fut massive à la Libération. Certes, le Président du gouvernement provisoire voulait donner du grain à moudre à ses alliés communistes, auxquels il avait déjà sacrifié Pucheu à Alger, en 1943, au nom de la " raison d'Etat ".
- Haine : traitement réservé à l'Amiral Muselier après un " faux " confectionné par son entourage de Londres, exécutions et révocations multiples après la guerre, acharnement à faire condamner à mort le Général Jouhaud (sauvé par M. Pompidou), puis le colonel Bastien Thiry, exécuté, lui après un jugement par un tribunal d'exception fantoche (le seul membre qui ne l'eût pas été, le général de Larminat, désigné pour le présider, s'est suicidé peu avant le procès) et d'autres défenseurs de l'honneur de la France; il est vrai que le Pape n'avait pas encore qualifié la peine de mort d'inutile et inhumaine. Je citerai encore le massacre de la rue d'Isly, le bouclage par les gardes mobiles et le mitraillage par l'aviation du quartier de Bab-el-Oued, en raison de son soutien massif à l'OAS.
- Machiavélisme : tous les moyens -mensonges, calomnies, recours à des tueurs, déportations - ont été utilisés pour parvenir à ses fins politiques. Faut-il rappeler que " le Général " a approuvé (sinon commandité) le meurtre de l'Amiral Darlan, les tentatives d'assassinats contre le général Giraud, contre M. Soustelle et d'autres, l'enlèvement en Allemagne du colonel Argoud ? Sa trahison, enfin, de la parole donnée en négociant la livraison pure et simple de l'Algérie à la faction mar-xisteislamiste du FLN qui s'est évidemment empressée de ne pas appliquer les accords d'Evian, sans que le gouvernement français s'en émeuve..
- Inhumanité : Aucune pensée, dans les appels de juin 1940, pour les 100.000 Français tués au combat, ni pour les 1.850.000 prisonniers, ni pour les 8 millions de réfugiés belges et français. Aucun mot d'excuse, de regret ou de compassion pour les harkis désarmés et voués aux pires traitements, pour les réfugiés français d'Algérie abandonnés sur place (l'Armée avait pour consigne de ne pas intervenir), ni même pour les militaires prisonniers du FLN, quelques 100.000 victimes au total, hommes, femmes et enfants martyrisés après l'indépendance, disparus.
Tout cela, était-il décent de ne pas y faire au moins allusion au lieu de vous efforcer de rechercher les racines chrétiennes de cet homme politique qui a toujours confondu ses ambitions personnelles avec " l'idée qu'il se faisait de la France ".
Michel de Crousnilhon
Vous aussi, écrivez votre amertume et votre colère au Cardinal et pourquoi pas au Pape comme nous l'avons fait. Voici leurs adresses
S.E. Le Cardinal Vingt-Trois, Archevêque de Paris, 41, Rue Jacques Ibert 75017 PARIS
Sa Sainteté Benoit XVI Cité du Vatican Rome Italie
Votre Sainteté,
Mon émoi et ma stupeur furent grands en découvrant le Colloque international "Charles De Gaulle, chrétien, homme d'état" des 13 et 14 novembre derniers à, Paris . Le qualificatif de chrétien à De Gaulle me révolte. Cet individu fut le diable personnifié .
Comment votre Cardinal Archevêque de Paris, Monseigneur Vingt-trois a pu co-organsiser ce colloque international ?
Pour nous, Rapatriés d'Algérie, il fut notre Calvaire, notre Chemin de Croix.
Cet homme, mégalomane et paranoïaque cliniquement reconnu a perdu la France en lui faisant abandonner le gaz, le pétrole et les 15 départements d'Algérie.
Il a ruiné notre pays par l'arrêt du fret marchandises et transport passagers pour l'Afrique. Pire, ce triste sire est coupable de crimes contre l'Humanité, imprescriptibles par nature.
- Il donna l'ordre le 26 mars 1962 pour que le sang de plus de cent martyrs coule dans les rues d'Alger, assassinés par l'armée française.
- Il ordonna à cette même armée française de ne pas sortir de ses casernes quand 3.000 Oranais, le 5 juillet 1962 se faisaient égorger sous les yeux de militaires, passibles de non-assistance à personne en danger.
- Il organisa le massacre de 150.000 Harkis en ayant pris le soin de les faire désarmer et de leur interdir le retour vers la métropole malgré les promesses faites.
- Il interdira à la Croix Rouge Internationale à Genève, de donner la moindre information sur les 25.000 disparus de cette guerre et s'abstint de la moindre recherche pendant son septennat.
- Il prit néanmoins le temps de créer en France, un Etat totalitaire avec ses tribunaux d'exception dignes de la plus triste république sud-américaine.
- Enfin il fit assassiner nos plus grands héros comme Degueldre, Dovcar, Piegts et Bastien- Thiry, ces derniers n'ayant même pas fait couler le sang.
C'est cet homme-là que votre cardinal vient d' "honorer".
Votre Sainteté, vous n'êtes pas sans savoir qu'a Colombey-les-Deux-Eglises, s'élève une immense Croix (de Lorraine) érigée par les adeptes du gaullisme, véritable religion qui aujourd'hui fait tout pour en avoir les attributs comme le procès en béatification du ministre de la justice de De Gaulle, Edmond Michelet, actuellement à l'étude dans vos services au Vatican.
Les chrétiens d'Algérie ont connu les affres de l'exil, de l'abandon, de l'insulte et de l'incompréhension tout comme notre Seigneur Jésus-Christ.
Comment votre Cardinal a pu se prêter à cette mascarade ?
Que l'on cesse de nous faire souffrir et que l'on reste en vérité .
Le Seigneur a dit " Je suis le chemin, la vérité et la vie ". Que votre Cardinal Archevêque demeure désormais dans son évêché à s'occuper des âmes parisiennes et ne se préoccupe plus de politique et histoire truquée.
Finalement, Jean-Marc Lopez
crédit:Pieds -Noirs d'Hier et d'Aujourd'hui - N°182 - Février - 2010
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