En écoutant le Colonel
Trinquier et Yacef Saadi
parler tous les deux, 13
années seulement après la
fin de la guerre d'Algérie, ce qui saute
aux yeux c'est combien l'entretien est
courtois et cordial entre ces deux
acteurs directs de l'Histoire. Ce qui
est effrayant dans la situation d'aujourd'hui, c'est que du côté français
comme du côté algérien, aucun des
protagonistes n'a participé à rien et on
découvre qu'exceptés les Pieds Noirs
parce que le festival a lieu à Cannes et
non à Alger, tous ceux qui parlent ou
évoquent cette histoire ne sont que les
fils ou les petits-fils des combattants.
Et quand les enfants se mettent à
parler des actions de leurs parents,
immanquablement l'inflation de l'héroïsme et de l'invention entre en piste.
Les enfants parlent de la mort mais ils
ne savent pas ce qu'est la mort. Ils
parlent de la torture en singes savants
mais ignorent tout de ce qu'elle représente pour celui qui la subit comme
pour celui qui l'utilise. Ils parlent du
terrorisme comme des livres en ne
sachant rien de la réalité du terrorisme. Ce ne serait rien s'il ne s'agissait
que de bavardage de cafés du
Commerce sans lendemain. Ce n'est
pas le cas.
Le film de Bouchareb n'a plus rien
à voir avec le film de Yacef Saadi. Cet
homme le dit, il déclare que son rôle
est accompli, qu'il a accompli sa
tâche, sa mission est terminée, il semble d'ailleurs assez satisfait de lui-
même. Tandis que Bouchareb est lui-
même un militant de la cause algérienne qui n'a pas baissé les armes. Et
il a quelques atouts dans la manche
qui peuvent expliquer ses certitudes,
sa foi en l'avenir et sa conviction que
la Guerre d'Algérie continue et qu'elle est à nouveau en bonne voie d'être
gagnée par les mêmes:
Monsieur Bouchareb est citoyen
français alors que Yacef Saadi est fier
d'être devenu algérien.
Le film de Yacef Saadi n'est pas
produit par la France, ce serait une
aberration d'imaginer cela à l'époque.
Il est totalement produit par le FLN et
par l'Algérie.
Le journaliste qui interroge les
deux hommes est parfaitement neutre
et ne perdons pas de vue, encore une
fois, qu'il s'adresse à des acteurs
directs des événements.
Ce journaliste ne prend pas partie
pour l'un ou l'autre des protagonistes,
il ne déclare pas que les adversaires
du film à l'époque sont proches des
milieux de l'extrême-droite.
D'ailleurs le général Salan était plutôt
de gauche, il était républicain et
franc-maçon.
Le film n'est pas présenté au
Festival de Cannes.
Il n'y a pas à cette époque en
France une Colonisation de peuplement de quinze millions au moins de
Musulmans prêts demain à en décou-
dre pour continuer la Bataille d'Alger
sur le territoire français.
Il n'y a pas alors, en France non
plus, des millions de Français disposés à remplacer des milliers d'églises
par des milliers de mosquées au nom
de la tolérance et de la fin de
l'Histoire.
Il n'y avait pas, en France à cette
époque, une faune intellectuelle, journalistique et politique capable d'accepter, au nom de la création artistique, les témoignages exclusifs de
terroristes vainqueurs en réputant
d'extrême droite les moindres contestataires de ces terroristes et les moindres partisans d'une conformité avec
les exactitudes historiques.
Il n'y avait pas, enfin, en France,
une FNACA de plusieurs dizaines de
milliers d'anciens combattants
dévoyés qui festoient chaque 19 Mars
pour célébrer la Victoire militaire et
diplomatique de l'Algérie du FLN sur
la France de Charles De Gaulle.
Si Monsieur Bouchareb est le
moyen moderne de la perpétuation
d'une conquête qui avait commencé
avec l'alliance entre Hitler et les
Oulémas, il est surtout très clair que
sans la capitulation française latente
autant que massive, sans la totale reddition morale de la France, rien de
tout cela n'arriverait. Un conquérant
est surtout puissant de la faiblesse de
celui qui est conquis.
Comprenons bien, pour illustrer le
propos, que la France est aujourd'hui
le pays où quelques centaines de
milliers de Français qui travaillent,
qui paient l'impôt, qui essaient de se
bien conduire, qui votent, qui ont un
casier vierge et qui ont pour préoccupation essentielle de subvenir aux
besoins de leur famille, circulent sans
permis de conduire sous le harcèlement impitoyable de la Gendarmerie
pendant que toute l'Administration
judiciaire du même pays se met martel en tête pour libérer au plus vite de
dangereux criminels en invoquant
l'humanité impérative de leur réinsertion.
Il est amusant d'entendre Trinquier
rappeler que le dilemme algérien
avait été un choix entre l'intégration
ou l'indépendance.
Et Trinquier pensait sincèrement
alors que si l'Indépendance algérienne l'emportait la question de l'intégration serait résolue et révolue.
On se souvient que dans son livre
Alain Peyrefitte évoque un propos de
Charles De Gaulle accusant le président Soustelle d'avoir une "cervelle
de colibri" à cause de sa volonté intégrationniste. Et Soustelle, c'est bien
lui qui fut un des chefs de ... l'OAS !
Et De Gaulle, l'ennemi de l'intégration, De Gaulle l'ennemi de l'OAS,
De Gaulle qui avoue détester les
Arabes, c'est lui qui est présenté
comme le libérateur et comme l'artisan génial de l'émancipation algérienne !
Ce que Trinquier n'imagine pas
alors, ce que Yacef Saadi ne suppose
pas encore et ce que le journaliste
ignore évidemment, c'est que à
l'Algérie française qui vient de mourir succédera bientôt la France algérienne, selon les voeux exactement
contraires de la géniale stratégie gaullienne.
Cette intégration que Soustelle
voulait et que De Gaulle refusait, elle
est pourtant devenue une réalité sous
des aspects pires que ceux que les
plus pessimistes imaginaient. Ce n'est
même pas à une intégration à quoi les
Français assistent, c'est à une véritable Colonisation.
Qui aurait pensé, un seul instant,
au moment de cette rencontre télévisée, en 1975 sans doute, entre le
Colonel Trinquier et Yacef Saadi que
35 années plus tard seulement, et en
France même, il serait débattu au
Parlement du port du voile intégral
par des femmes musulmanes?
Le 13 Mai 1958 à Alger et le 4
Juin suivant, lors de la venue impériale de Charles De Gaulle dans cet
Alger dont il faisait le tapis rouge de
sa conquête du Pouvoir, des milliers
de femmes musulmanes brûlaient
alors en public leur voile. Le 4 Juin
1958 c'était la liberté de l'humanité
qui gagnait. De Gaulle renversa délibérément le destin de l'Histoire en
donnant la victoire à Mahomet. Par
arrivisme international, par haine de
l'autre, par méchanceté naturelle, il
sépara l'Algérie de la France, persuadé qu'il empêchait la France d'être
arabisée, alors que si elle ne l'avait
pas été pendant les 130 années qui
avaient précédé, c'était que la présence française en Algérie était précisément la caution de cette préservation.
En livrant l'Algérie à elle-même il
signait la colonisation de la France
par l'Algérie à brefs délais aussi sûrement que l'enfant prodigue est certain
de revenir un jour chez son père,
quand bien même son père lui-même
l'aurait mis dehors.
Ce pauvre député des Alpes
Maritimes qui pleure sur les effets du
malheur sans se donner le mal d'en
étudier les causes est bien à plaindre.
Quant à emboîter le pas d'un pareil
candide, nos amis gagneraient à exiger de lui qu'il accomplisse tout de
même un petit effort d'inventaire. Au
même moment l'ambassadeur français en Algérie propose que l'armée
algérienne vienne défiler sur les
Champs Elysées un de ces prochains
14 Juillet. Le précédent ambassadeur
avait déclaré le 14 Juillet 2008 devant
la représentation algérienne que les
27.000 soldats de la France tombés en
Algérie étaient "sans doute morts
pour une cause qui n'était pas la leur".
Ces dhimmis qui parlent aussi
légèrement de ce qu'ils ignorent ne
sont pas "proches des milieux de l'extrême droite". Assurément. On les
sent plutôt devenir les voisins intimes
du centre du milieu du cercle d'un
arrivisme psychiatrique visible
comme le nez au milieu de la figure.
Il est notable qu'au moment où les
responsables de la France politique,
culturelle, administrative et intellectuelle baissent leurs brailles avec le
plus de zèle enthousiaste face au flot
grondant de ce que Giscard d'Estaing
a appelé, non sans un délicat humour,
une "invasion", la chronique judiciaire de la délinquance est désormais
défrayée par des beurettes en folie.
Les Oulémas nous délèguent leurs
femmes. A tout seigneur tout honneur!
En ayant négligé d'honorer chez
nous ces Harkis qui avaient fait le
choix de la France, nous ne nous
sommes pas seulement contentés de
nous déshonorer et de couvrir nos
âmes de honte, nous avons montré à
ceux qui convoitent la prochaine
étape de la mission que leur ordonne
le Prophète que nous sommes infiniment méprisables parce que nous ne
respectons pas notre parole.
Nous avons ouvert la porte des
cimetières où dorment les soldats
d'Afrique morts pour la France aux
profanateurs. En humiliant ceux qui
ont choisi notre camp, en les parquant
dans des camps lamentables, en
offrant aux vainqueurs du FLN le
soin d'égorger et d'enterrer vifs et par
dizaines de milliers ceux que la
France a refusés chez elle alors qu'elle leur devait tout, en violant les propres Accords passés avec un adversaire qui n'en demandait pas le centième, en jetant à la mer un peuple
français d'Algérie en vertu d'une singerie référendaire qui éberluerait
Machiavel en personne, nous avons
donné à Bouchareb et à tous les siens,
naturalisés Français ou pas, les clés
de la maison.
Pendant que les journalistes songent à épingler les contestataires en
leur découvrant une nouvelle varicelle fasciste, pendant que les organisateurs du Festival se frottent les mains
dans l'illusion hallucinée de bouger
les lignes, pendant que le Français
moyen ne pense plus qu'à « ne pas se
prendre la tête » et garder assez d'économie pour son prochain divertissement balnéaire, pendant que le
Président Sarkozy gesticule d'ignorance tout en faisant son beurre
comme un rapace qui sait que la vie
est courte et qu'il faut se presser de
profiter, les Fils du Prophète, eux,
lisent le Coran, prient, se souviennent
s'entraînent et s'arment. Ils savent
qu'ils ont un ventre mou à éventrer,
que le peuple français est bon à prendre et que personne dans ce pays ne
sait plus rien de Roger Degueidre ni
ne se nomme Vladimir Poutine.
Cinq députés français découvrent
ce que la France entière ou presque
avait découvert en 1958 et les 572
députés restants restent bouche bée et
prudents en attendant la suite. A quoi
pense un élu ? A être réélu, règle de
base du principe démocratique.
Et alors que Soustelle combattait
pour le choix de l'intégration et les
gaullistes pour celui du largage,
moins d'un demi-siècle plus tard les
nouveaux colonisateurs sont conquérants chez nous, indépendants chez
eux et les maîtres, déjà, du Festival de
Cannes où la présence de tous les autres intervenants restera devant
l'Histoire une simple anecdote,
comme on peut parler d'un
Championnat de foutebole américain
qui aurait eu lieu le même jour que
Pearl Harbor.
VITUS
crédit: Pieds -Noirs d'Hier et
d'Aujourd'hui - N°186 - Juin 2010
Pourtant, Bouchared devrait
être plus modeste dans ses affirmations qu'il propage dans
ses films, et tourner sa tête vers l'Algérie, où
le peuple n'hésite plus de ressortir le drapeau français
pour montrer le dégout de leurs autorités, par ailleurs,
les Kabyles, anciens fer de lance du terrorisme, se convertissent
au christiannisme !
Pourquoi ne va-il pas vivre
à Alger ? La vie n'y est si brillante qu'en France.....
Pour connaître la réalité
sur les évènements du 8 mai 1945 de Sétif
et de Guelma, procurez le document, en attendant cliquez l'icone
ci-dessous.

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