|
Le statut dancien combattant
va être réactualisé
Les critères doctroi du titre dancien
combattant sont sur le point dêtre diversifiés,
afin que les soldats en mission à létranger
puissent en bénéficier plus largement.
Depuis près de vingt ans, 45 000 soldats
français se succèdent chaque année, sur divers
« théâtres » extérieurs, pour
contribuer à rétablir la paix, au péril de
leur vie. Par la suite, la plupart dentre eux demandent
à lÉtat le statut dancien combattant,
qui est attesté par une carte dancien combattant
et qui procure, à la fois, une reconnaissance morale, une
retraite symbolique (450 € par an, à partir de lâge
de 65 ans), et des mesures daide dordre social ou
médical. Mais ils sont peu nombreux (moins de un sur deux)
à pouvoir en bénéficier, les critères
de son octroi qui datent de laprès-guerre
dAlgérie savérant inadaptés
à ces conflits. Aussi, sur proposition du secrétariat
dÉtat aux anciens combattants, le gouvernement sapprête
à élargir ces critères par un décret
et un arrêté.
Jusquà présent, ces militaires
doivent, pour entrer dans le statut, satisfaire à deux
conditions : avoir participé à au moins neuf actions
de feu ou de combat « collectives » (dans le cadre
dune unité combattante), ou à cinq actions
de feu ou de combat « personnelles » (situation de
soldat seul). Grâce aux textes en préparation, seront,
en outre, pris en compte sur le plan terrestre : le contrôle
de zone, lintervention sur un engin explosif, la sécurisation
des personnes et des biens, les évacuations, le contrôle
de foule, le rétablissement de lordre, laction
de renseignement. Des critères supplémentaires sont
prévus, sur le plan aérien (ravitaillement en vol
par exemple) et maritime (arraisonnement).
La mort, voilà à peine plus dun
an, le 18 août 2008, de dix soldats français, lors
dune embuscade tendue par les talibans, dans lest
de lAfghanistan, a rappelé que les opérations
militaires actuelles comportent des risques importants. La répercussion
médiatique de ce drame a également déclenché
une prise de conscience, au plus haut sommet de lÉtat.
À lépoque, le secrétaire dÉtat
aux anciens combattants, Jean-Marie Bockel, avait engagé
une réflexion, pour mieux reconnaître les soldats
impliqués dans ces missions nouvelles.
Hubert Falco, son successeur, est sur le point de la concrétiser.
Une démarche en ce sens avait été amorcée
dès 2005 par Hamlaoui Mekachera, ministre délégué,
mais navait pu aboutir.
Les critères de remise de la carte dancien
combattant, qui existe depuis la fin de la Première Guerre
mondiale, ont été déjà assouplis à
propos de la guerre dAlgérie. Car celle-ci était
un conflit insurrectionnel, sans véritable front. Au lendemain
de la guerre de 14-18, il avait été édicté
comme principe, pour obtenir la carte, davoir appartenu
à une unité combattante pendant au moins 90 jours,
des dérogations à cette condition de durée
étant accordées aux blessés, prisonniers
et malades (du fait du conflit). Le dispositif sest également
appliqué aux combattants de la Seconde Guerre mondiale,
quils aient participé aux hostilités de 1940
ou quils aient été résistants. Une
première difficulté est apparue avec la guerre dIndochine,
où il sagissait, déjà, de faire face
à des actions de guérilla : elle a été
contournée par lapplication la moins restrictive
possible de la réglementation.
Lévolution des combats sest confirmée
lors de la guerre dAlgérie, à lissue
de laquelle il a donc été décidé de
prendre en compte, à défaut dune certaine
durée de présence sur le terrain (elle est aujourdhui
fixée à 4 mois), les actions de feu ou de combat.
La carte dancien combattant est délivrée
par lOffice national des anciens combattants (Onac), après
que les unités combattantes ont été répertoriées,
sur la base darchives, comme les journaux de marche et dopérations
des régiments, conservés par le Service historique
de la Défense, pour lArmée de Terre.
En fait, préalablement à la délivrance de
la carte dancien combattant, les soldats se voient dabord
accorder le « Titre de Reconnaissance de la Nation »,
qui est attribué sur un critère unique de durée
(90 jours dengagement).
Mais tous ceux qui reçoivent ce titre nobtiennent
pas forcément la carte.
crédit:La
Croix, 2 septembre 2009
inséré le
1er octobre 2009
|