JUSTICE MEMOIRE HISTOIRE
CULTURE
CHARTE NATIONALE 2007 DES RAPATRIES
_Adoptée à Paris
le 23 mars 2007, coordonnée par le CLAN-R (Comité de liaison
des associations nationales de rapatriés) et co-signée par la
plupart des associations nationales de Rapatriés, pieds-noirs
et harkis)
_Où en est sa prise en considération par les pouvoirs publics
presque 3 ans après l’élection présidentielle du 6 mai 2007
?
_Bilan d’étape fait en septembre 2008 par rubrique de la Charte
Nicolas Sarkozy
avait dit en avril 2007 : « C'est
plus qu'un engagement, ce sera un honneur de défendre votre
cause. »
« Je veux sortir d’une situation
où nous sommes depuis trop longtemps, dans la quelle l’Etat
promet constamment de faire un peu plus sans jamais tout à fait
faire ce qu’il faut et les Rapatriés espèrent à chaque élection
ce qui n’arrive jamais ou qui arrive si tard que les déceptions
et les rancoeurs s’en trouvent aiguisées.
Ensemble nous ferons bouger les choses, je m’y engage »
La charte des Rapatriés
: Après 43 ans d'attente, la loi du 23 février
2005 n'a pas satisfait l'ensemble des revendications des Rapatriés
de toutes origines concernant leur exigence de justice, leur
Mémoire, leur Histoire et leur Culture.
En conséquence, cette section du peuple français demande solennellement
aux pouvoirs publics :
I – LA RECONNAISSANCE DE LA RESPONSABILITE
DE L'ETAT ET LA REPARATION NATIONALE
La charte des rapatriés
: 1 – La reconnaissance par l'Etat de sa responsabilité
dans la tragédie des Rapatriés : le défaut, voire le refus de
protection, après les Accords d'Evian, des Français d' Algérie
de toutes origines, qui a conduit aux enlèvements et disparitions,
aux assassinats et massacres de plusieurs dizaines de milliers
de Harkis et de Pieds-noirs, et pour les vivants à l'abandon
de la terre natale.
Nicolas Sarkozy en mars
2007 : « Si je suis
élu, je veux reconnaître officiellement la
responsabilité de la France dans l’abandon et le massacre de
Harkis et d’autres milliers de
’’musulmans français’’ qui lui avaient fait confiance, afin
que l’oubli ne les assassine pas une nouvelle fois
»
Constat négatif :
Aucune déclaration présidentielle
dans ce sens.
Les Harkis et leurs familles, les autres « Français musulmans
» qui avaient mis leur confiance dans la
France, leurs anciens camarades de combat et les nombreuses
associations qui les défendent, attendent
toujours ce geste fort que le candidat avait promis de faire
s'il était élu.
.
La
charte des rapatriés :
2 – La reconnaissance des conditions indignes
de leur exode et de la relégation de certains d'entre eux, les
Harkis survivants, dans des camps avec des séquelles morales
et matérielles qui perdurent.
NS-« Si
je suis élu, je m'engage à faire pour vous une discrimination
positive -plus, plus -, politique individualisée de formation
et concours spécifiques d'accès à l'emploi public, et une
politique individualisée d'accès à l'emploi et au logement.
»
Constat :
un plan-emploi pour les enfants
de Harkis est en cours
Un « Plan Emploi Harkis » pour favoriser l’insertion professionnelle
des enfants des anciens supplétifs a été lancé en 2009 par le
Gouvernement sous la coordination de la Mission interministérielle
aux Rapatriés et avec un pilotage au niveau des départements
par les préfets.
Celui-ci comprend des mesures individualisées d’aide à l’emploi
et une politique particulière d'accès à la fonction publique.
L'objectif de cette politique était d'amener le pourcentage
des enfants de harkis au niveau d'emploi constaté pour l'ensemble
de la population dans le département de résidence au 31 décembre
2009. D’après le Gouvernement, d'ores et déjà, cet accompagnement
renforcé vers l'emploi a permis d'insérer ou de réinsérer environ
2000 enfants de harkis et d’atteindre en 2009 l'objectif fixé
(de 2 115 « sorties » positives) par le Président de la République.
Le Gouvernement vient de proroger, et de renforcer, le plan
emploi jusqu'à la fin de l'année 2010
Il faut noter que
plusieurs associations de Harkis mettent en doute les chiffres
officiels et déplorent le faible nombre des emplois publics
« réservés » en 2009.
La charte des rapatriés :
3 – La réparation des préjudices de tous ordres
subis en Algérie, au Maroc, en Tunisie ou ailleurs Outre-Mer
puis, après le repli, en Métropole :
une indemnisation loyale et définitive des biens spoliés ou
perdus, des mesures complémentaires pour les Harkis et leurs
familles,
le règlement du contentieux immobilier franco-tunisien,
.le règlement des dossiers d'endettement,
. le règlement des dossiers de retraite de différentes catégories.
NS le 16 avril, alors
candidat : -«
Mon troisième engagement est de régler définitivement la
question des réparations. »
Je veux qu’une commission indépendante établisse précisément
un état des lieux sur l’ensemble des dossiers qui concernent
les Rapatriés, notamment sur les taux d’indemnisation, le désendettement,
les retraites et toutes les situations spécifiques qui n’ont
pas été réglées .Nous prendrons les mesures dans le cadre du
budget pour l’année 2008.
Constat très négatif
:
Indemnisation : aucun progrès
Le Conseil économique et social, mandaté par le premier ministre
pour effectuer cet état des lieux a
produit le 19 décembre 2007 un avis partial et comprenant de
nombreuses erreurs, concluant
notamment « une nouvelle loi d’indemnisation n’est pas concevable
». Depuis, plusieurs questions
écrites de parlementaires demandant au gouvernement de prendre
position sur cet avis ont déjà
conduit à des réponses négatives du Premier ministre ne faisant
que reprendre une thèse antérieure
des pouvoirs publics, en complète incohérence donc avec l’engagement
écrit de Nicolas Sarkozy le
16 avril 2007.
Le GNPI (Membre du CLAN-R) a largement
diffusé un mémoire extrêmement bien documenté faisant un point
précis du problème et de l’insuffisance des mesures prises depuis
1962. Ce dernier, appuyé par le CLAN-R, et soutenu par la majorité
des associations représentatives des Rapatriés, a suggéré la
création d’une commission indépendante de hauts magistrats (à
laquelle participeraient trois représentants des Rapatriés)
et a élaboré comme base de travail un texte de proposition de
loi réaffirmant le principe de l’indemnisation et proposant
une indemnisation partielle et très étalée dans le temps.
A ce jour aucune initiative
gouvernementale ou parlementaire n’a été annoncée sur le sujet.
.
Le contentieux franco-tunisien
n’a reçu aucun début de réponse et aucune concertation avec
les Rapatriés de Tunisie n’a été engagée sur ce dossier.
Le dossier « retraites » n'est toujours pas réglé.
En revanche les dossiers de surendettement
ont été traités dans leur grande majorité.
La charte des Rapatriés
: 4 –
La libre circulation des Harkis entre la France et l'Algérie
: obtenir des autorités algériennes le respect du principe de
l'égalité de traitement de tous les citoyens français dans la
délivrance de visas temporaires.
NS-« Si je suis élu,
je m'attacherai à ce qu'aucune discrimination ne soit possible
entre
citoyens français sur ces questions de circulation ».
Constat négatif :
aucun accord avec l’Algérie sur ce point
Après les voyages en Algérie du Président de la République française
ainsi que des membres du
gouvernement français et malgré la ratification récente par
la France d’un accord de partenariat avec
l’Algérie, il n’y eu aucune évolution de la position algérienne.
Une question écrite d’un député adressée au gouvernement sur
ce sujet reste sans réponse depuis
plus d’un an
Le problème reste entier.
La charte des Rapatriés : 5 – L'examen
favorable par la France des demandes de visas
présentées par les quelques Harkis restés en Algérie et leurs
familles
Constat : assez négatif
:
Les quelques demandes de cartes de séjour d’enfants ou
d’épouses d’anciens supplétifs (parfois morts pour la France),
étudiées et soutenues par l’association des anciens des affaires
algériennes, « les SAS, sections administratives spécialisées
» , ne sont pas examinées en priorité ou même avec l’attention
ou la bienveillance qu’elles mériteraient.
Après beaucoup d’efforts
et de détermination des SAS certains dossiers finissent par
être acceptés.
La charte des rapatriés
:
6 – La reconnaissance de droits militaires
spécifiques pour les supplétifs d'origine européenne.
Constat négatif
: Rien à ce jour.
La charte des rapatriés
: 7 –
La pénalisation des injures et diffamations proférées et de
la discrimination exercée à l'égard des Rapatriés de toutes
origines ou des Métropolitains persécutés pour leur patriotisme.
Les droits moraux des Français rapatriés ou métropolitains persécutés
pour leur patriotisme doivent être reconnus.
Constat :
Une mesure est en préparation, mais pour les Harkis uniquement
:
Fin 2009, une proposition de loi a été déposée par des parlementaires
de la majorité présidentielle, visant à renforcer la pénalisation
et la lutte contre la diffamation et les injures à l’encontre
des Harkis.
Le 5 Décembre 2009, le
ministre Hubert Falco avait déclaré solennellement
que la France « ne peut plus permettre
que les harkis puissent être insultés, aujourd’hui, en 2009,
dans notre pays, sans que les tribunaux ne puissent intervenir.
Ils bénéficieront de la même protection face aux insultes que
d’autres groupes sociaux. Eux aussi doivent pouvoir se défendre
par le droit contre la haine, le racisme et le mépris, comme
des faits récents l’ont montré. Les harkis, notre pays en est
fier. Ils ont tout donné, ils ont tout quitté, parce qu’ils
avaient fait le choix de notre pays. Ecoutons les harkis, leur
histoire nous dit : être français, c’est choisir la France et
l’aimer par-dessus tout."
.
II – L'ETABLISSEMENT DE LA
REALITE DES FAITS
La charte des rapatriés
: 8
– L'accès aux rapports, dossiers et documents divers, l'ouverture
d'enquêtes et la recherche de témoignages devant permettre de
faire toute la lumière sur le désarmement des supplétifs, sur
le massacre des Harkis et de leurs familles, sur les enlèvements
et les disparitions (notamment par une commission bilatérale),
sur les assassinats, sur les charniers, sur la fusillade du
26 mars 1962, sur les massacres du 5 juillet 1962 et sur les
autres tragédies de sang.
NS-en avril 2007 –«
Plusieurs milliers de Harkis ont
été massacrés, au mépris des accords d'Evian. En l'absence de
plan d'évacuation ou, il faut le dire, de volonté politique,
seuls 10% d'entre eux purent s'établir en France entre 1962
et 1968… Le premier devoir c'est la vérité. Ne laissons pas
l'oubli recouvrir la mort et les douleurs du passé ».
«Je souhaite que les victimes françaises innocentes de cette
guerre, jusqu'à l'indépendance, et je pense tout particulièrement
aux victimes du 26 mars, se voient reconnaître la qualité de
morts pour la France et que leurs noms figurent sur une stèle
officielle afin que personne n’oublie ces épisodes douloureux
».
Constat négatif
jusqu’au 5 décembre 2009
En 2008
Alain MARLEIX,
secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants lors d’un voyage en
Algérie en mars
2008 adit: « Le président
Sarkozy a été le premier chef d’État à reconnaître les crimes
et les fautes commis pendant la période coloniale. Je sais que
ce discours a été apprécié par de nombreux responsables
»(en Algérie…on suppose !!!).
Puis le 14 juillet 2008, jour de notre fête nationale, Bernard
Bajolet, Ambassadeur de France en Algérie a déclaré,
parlant de la relation franco-algérienne
« soudée par le sang versé
et les larmes le sang de l’injustice versé par tant d’Algériens
pendant la période coloniale, puis celui de la dignité qu’il
leur a fallu reconquérir. le sang des soldats français versé
pour une cause qui n’était pas la leur , les larmes des milliers
de pieds-noirs arrachés à la terre qui les avait vu naître..
», en oubliant de parler
aussi du sang des dizaines de milliers de Harkis avec leurs
familles et de milliers de pieds-noirs, victimes du terrorisme
du FLN avant et après le 19 mars 1962, des
massacres que nous, nous n’avons pas oublié .
Heureusement, le 5 décembre 2009, lors de la journée nationale
d’hommage aux morts de l’AFN, le
Ministre Hubert Falco a déclaré, devant le Mémorial
du quai Branly : "en ce jour où
la France commémore les victimes de la guerre d’Algérie nous
nous souvenons de ce que fut leur tragédie. Nous savons qu’elle
ne s’arrêta pas le jour du cessez-le-feu, mais qu’elle se poursuivit,
avec combien de douleurs et, parfois, d’horreurs. Ils durent
tout quitter : les paysages qui les avaient vus grandir, les
maisons qu’ils avaient construites, tout ce qu’ils aimaient
et dont ils seraient, désormais, privés. Ils ont droit au respect....
Nous avons décidé d’inscrire sur la colonne centrale du monument
national du quai Branly le nom des civils français, victimes
innocentes de la guerre d’Algérie. Ainsi, sur ce monument, la
nation rendra hommage à ses soldats, comme aux Français morts
rue d’Isly à Alger le 26 mars 1962 et à tous nos compatriotes,
victimes civiles de la guerre d’Algérie"
Il a eu aussi salué l’oeuvre de
la France en Algérie à travers celle des Français d ’origine
européenne installés, parfois depuis longtemps, sur cette terre
algérienne :"Mais
nous n’oublions pas tous ces Français d’Algérie qui ont donné
le meilleur d’eux-mêmes : ils ont soigné, ils ont éduqué, ils
ont cultivé la terre, ils ont construit et modelé l’Algérie
contemporaine. C’étaient des braves gens ! Ils aimaient la France
et ils aimaient cette terre algérienne à laquelle ils avaient,
depuis des générations, tant donné : leur travail, leur joie
et leur peine, leur vie toute entière. "
.
La charte des rapatriés
:9 – La dénonciation de la célébration
du faux cessez-le feu du 19
mars 1962 et de la participation de représentants de l’Etat
et des collectivités territoriales aux cérémonies privées le
commémorant malgré tout, ainsi que la suppression des stèles,
noms de rues et de places « 19 mars 1962 ».
NS « Il n'est
pas question que le 19 mars soit une date officielle de commémoration.
Il est arrogant de condamner et de mépriser la douleur qui fut
la votre et celle de vos familles lorsque vous fûtes chassés
de vos terres, de vos maisons, et séparés de vos amis.
Je le répète, c'est par respect pour vous que je n'accepterai
pas que la date officielle de la commémoration des morts de
la guerre d'Algérie soit celle d'un cessez-le-feu, qui de surcroît,
n'a pas été respecté ».
Constat négatif
:
Les 19 mars 2008 et 2009, des représentants
de l'Etat et d'autres autorités civiles et militaires ont été
présents aux cérémonies organisées par la FNACA à Paris et dans
les régions pour commémorer ce funeste anniversaire du faux
« cessez-le-feu » du 19 mars 1962.
La circulaire de 2009 du Ministre des Anciens Combattants autorise
leur présence à ces manifestations associatives, qui sont pour
nous totalement indécentes. Malgré les récentes promesses de
modifier cela, aucune instruction nouvelle n’a été diffusée.
A quoi peut-on s’attendre pour le 19 mars 2010 ?
La charte des Rapatriés
:10 – L'établissement de la liste la plus
complète possible des disparus, l'édification d'un mémorial
national nominatif, l'identification et le traitement digne
des dépouilles éventuellement retrouvées.
NS – « Vous
m 'avez demandé de me prononcer sur les réparations dues aux
victimes ; Je vous confirme qu'outre la mémoire due aux "disparus,
je souhaite que les victimes françaises innocentes de cette
guerre, jusqu'à l'indépendance, se voient reconnaître la qualité
de morts pour la France et que leurs noms figurent sur une stèle
officielle afin que personne n’oublie ces épisodes douloureux
»
« Il faut notamment confier à un
comité des sages la mission enquêter sur les disparus (fondation
pour la mémoire de la guerre d’Algérie).
Près d’un demi-siècle après les faits, il est grand temps que
toute la lumière soit faite sur ces disparitions, que l’on aide
les familles à retrouver la paix, et que les disparus aient
une reconnaissance de la Nation par l’inscription de leur nom
sur un monument public ».
Constat négatif
:
Les lettres de demande d’audience ou d’enquêtes sur le
sort des disparus, envoyées par les familles de disparus sont
restées sans réponse ou les réponses sont assimilables à de
simples accusés de réception
La lumière n’est toujours pas faite sur les circonstances de
ces enlèvements et leurs conséquences tragiques. Certes depuis
2009 une commission travaille sur une mise à jour de la liste
des victimes d’enlèvements et de disparitions, mais cela reste
très insuffisant par rapport aux attentes des familles.
La charte des rapatriés
:11 – La protection des sources et des archives
ainsi que la recherche de
témoignages par la Fondation pour la Mémoire de la guerre d‘Algérie
et des combats du Maroc et de Tunisie.
NS –«
Je souhaite la création rapide d'une Fondation pour la mémoire
sur la guerre d'Algérie. les Harkis y ont toute leur place,
avec les autres rapatriés ; Dirigée par vous et pour vous, cette
Fondation aura vocation à mettre en lumière vos histoires, vos
cultures, vos richesses».
.
Constat plutôt
négatif:
La création de la Fondation « Mémoire de la guerre d’Algérie
et des combats d’AFN » est annoncée officiellement pour fin
2010, soit plus de 5 ans après le vote de la loi du 23 février
2005, en faveur des Rapatriés, dans laquelle elle était prévue,
à l’article 3.
A ce jour, aucune concertation n’a été engagée avec les
associations de Rapatriés à propos de la préparation de cette
Fondation annoncée depuis 2004. Ses objectifs concrets et son
organisation restent imprécis et les futurs statuts, en cours
d’examen au Conseil d’Etat, ne sont pas encore publiés.
La représentation des Rapatriés de toutes origines en son sein
reste hypothétique et leur place très floue.
III – LE RESPECT DE LA MEMOIRE
ET LE MAINTIEN DE LA CULTURE
La charte des rapatriés
: 12 – Le respect et le maintien du 5 décembre
comme date de la
journée nationale unique d’hommage à tous les morts militaires
et civils d’AFN. Le 25 septembre, date de la journée nationale
d’hommage aux Harkis, doit être mise en valeur. Toutes les stèles
ou monuments en mémoire des victimes doivent être respectés,
comme doivent l’être aussi les hommages rendus à ces victimes
et les célébrations des dates marquantes des tragédies vécues.
Constat très négatif
jusqu’en 2009 :
La cérémonie prévue le 5 juillet 2007 à l’Arc de triomphe
en mémoire des victimes des massacres de civils à Oran en 1962
a été interdite la veille, au motif incompréhensible et peu
crédible de risque de trouble à l’ordre public.
L’absence (alors en visite en Algérie) du Président français
aux cérémonies du 5 décembre 2007 à Paris, au quai Branly et
à l’Arc de triomphe. Le soir, à son retour d’Algérie son discours
à l’Elysée, devant les associations de rapatriés et d’anciens
combattants, a été très décalé par rapport aux engagements ou
déclarations d avril 2007, en particulier pour les Rapatriés
Pieds noirs. En 2008 et 2009 le Président n’a pas assisté aux
cérémonies d’hommage national, les 25
septembre et 5décembre. Sa présence à ces cérémonies avant la
fin du quinquennat serait une marque de respect très appréciée
par les Rapatriés et les Anciens Combattants.
Les chaînes de télévision publiques ont diffusé quelques reportages
partiaux, voire inacceptables (comme, début 2008, avec le documentaire
« les Porteuses de Feux » glorifiant les exploits des femmes
terroristes qui ont posé de nombreuses bombes a Alger en 1956/57)
sans prévoir le moindre témoignage des victimes ou de leurs
familles.
L’invitation insistante faite par le Président français à A.
Bouteflika pour assister au sommet de l’Union pour la Méditerranée
et au défilé du 14 juillet 2008, sans que ce dernier ne soit
revenu sur ses nombreux propos antérieurs, tous injurieux pour
la France, pour tous les Français et notamment les français
d’Algérie, harkis et pieds noirs, rapatriés ou morts, a été
considéré comme un manque de respect pour notre pays et notre
Histoire.
Heureusement, lors des cérémonies du 25 septembre 2009 et du
5 décembre 2009 à Paris, le Ministre des Anciens Combattants,
Hubert Falco, a rendu
un long et vibrant hommage aux victimes civiles, et particulièrement
à celles de l’après 19 mars 1962, et a affirmé sa volonté de
voir enfin dite toute la vérité sur ces tragédies. Il a aussi
annoncé l’inscription des noms des victimes, en commençant par
celles du 26 mars 1962 rue d Isly, sur les colonnes du Mémorial
du quai Branly
.
La charte des rapatriés
: 13 – La garantie de la pérennité, dans
leur périmètre, de tous les
cimetières chrétiens et juifs d'Algérie et de Tunisie, leur
restauration, leur entretien et leur protection à la charge
de la France et, pour l'avenir, leur respect. Dans des cas extrêmes,
à la demande des familles, le transfert des corps doit être
assumé par l'Etat français.
NS-«
Je proposerai que la participation de l’État au fond de concours
pour la réhabilitation des cimetières Français en Algérie soit
doublé »
Constat très négatif
: les cimetières sont à l’abandon
Le plan de réhabilitation et de protection des cimetières
commencé en 2004 a été très décevant car l’état de la majorité
des cimetières est toujours scandaleux fin 2009. La volonté
politique pour enfin résoudre ce problème douloureux pour les
familles semble bien faible.
De nouvelles profanations ou dégradations graves ont été perpétrées
au cours de cette période sans que des mesures, à la hauteur
du problème, soient prises avec les autorités algériennes. La
situation des cimetières est une honte.
Des regroupements importants de cimetières se sont faits depuis
2004 (et sont encore envisagés pour 2010/2011) sans aucune concertation
avec les Rapatriés et sans information des familles concernées.
Fin novembre 2009, une
plate-forme commune a été adoptée par les associations de Rapatriés,
détaillant leurs attentes et leurs recommandations.
Pourtant à ce jour les pouvoirs
publics, et le Ministère des Affaires étrangères en particulier,
n’ont pas jugés utiles de lancer une concertation avec les Rapatriés
sur ce dossier, ni même de les recevoir ou de les informer.
Aucun nouveau plan n’a été décidé ou annoncé.
La charte des rapatriés
: 14 – La restitution des registres d'Etat civil
des Rapatriés d'Algérie
ainsi que de leurs archives patrimoniales et celles, les concernant,
des institutions, services administratifs et sociaux.
Constat négatif
:
Alors qu’aucune nouvelle pièce d’archive n'a été obtenue de
l’Algérie, pas même des copies de nos registres d’Etat civil
et ce malgré des accords avec l’Algérie signés en 2003.
De manière unilatérale, la France a cédé des copies de l'intégralité
des archives de L’INA et promis de remettre des archives militaires.
Alain Marleix
a dit en Algérie en mars 2008 : «
Enfin, l’Institut national audiovisuel français a transmis
récemment toutes les archives télévisuelles correspondant à
l’Algérie.
Je dis bien toutes, sans exception. On peut regretter que les
images ne montrent pas les souffrances
des Algériens, mais il s’agit pour beaucoup d’images de la télévision
officielle française. Elles
choisissaient de montrer une partie seulement de la réalité.
Ce n’est qu’une face de la vérité et je le
reconnais sans difficulté. »
Bernard Bajolet,
Ambassadeur de France en Algérie a
promis dans son discours du 14 juillet 2008 de
remettre à l’Algérie les archives audio-visuelles de l’armée
française
Disposerons-nous enfin de notre
Etat civil ? Les registres d’Etat Civil, que ce soit ceux des
mairies ou ceux des greffes des tribunaux, sont tous restés
en Algérie. Suite à des accords conclus entre l’Etat français
et l’Etat algérien, le prêt à la France des registres des greffes
des tribunaux a permis, dans les années 70, un microfilmage
des trois cinquièmes de ces registres.Malheureusement, les registres
en question ayant été renvoyés en Algérie avant achèvement du
travail, les deux autres cinquièmes de ces registres n’ont pu
être microfilmés. En mars 2003, un nouvel accord intervenu entre
l’Etat
français et l’Etat algérien, à l’occasion de la visite d’Etat
du Président Chirac en Algérie, prévoyait que les deux cinquièmes
restant seraient numérisés sur place. Il n’en a rien été. Il
y a plus de sept années que cet arrangement a été conclu et
nous n’avons toujours pas pu reconstituer notre Etat Civil !
Le Président du CLAN
a effectué de nouvelles démarches en 2007 auprès des pouvoirs
publics français, mais sans succès pour l'instant.
La charte des rapatriés : 15 – L’engagement de
l’Etat sur un échéancier relatif au Mémorial de la France Outre-Mer
et sur la participation réelle des Rapatriés au projet et dans
ses instances. Le Mémorial doit être un lieu de transmission
de la culture algérianiste, un lieu de création, de rencontres
et d’échanges ; il doit aussi mettre en valeur le rayonnement
culturel, scientifique, économique et social de la France Outre
mer.
NS « -il est
temps que le Mémorial de la France Outremer à Marseille voit
le jour .Le Mémorial devra être inauguré en 2009 et les associations
de rapatriés ont vocation à participer au comité de pilotage
»
Constat négatif :
En 2009 l’abandon du projet de Marseille
semble avoir été décidé. Aucune annonce d’un nouveau projet
d’espace culturel, lieu de création, de Mémoire et d’échanges
consacré à la présence française sur ces territoires, anciennement
sous souveraineté française, le protectorat, le mandat ou la
tutelle de la France, n’est intervenue depuis.
La charte des rapatriés
: 16 – L’exclusion de toute repentance
relative à l’expansion de la
présence française Outre-Mer, au 19ème siècle et au 20ème siècle.
NS –«
Mon premier engagement est de ne jamais sombrer dans la démagogie
de la "repentance». Vos ancêtres ont traversé la Méditerranée
pour servir la France et pour bâtir un monde nouveau. La France
doit leur en être et vous en être à jamais reconnaissante.
Vous avez tout perdu .Vous avez été victimes d'une histoire
et encore victimes d'un mépris.... Votre mémoire a été incomprise
et parfois souillée par des idéologies plus que par des réalités
»
Constat très négatif :
Certains propos du Président
de la République française en Algérie en décembre
2007 à Constantine apparaissent comme des signes de repentance
unilatérale : « les noms
des grands résistants, héros de la cause algérienne » et pour
les massacres de pieds-noirs dans le Constantinois en 1955 :
« Le déferlement de violence et le déchaînement de haine qui
tuèrent tant d’innocents étaient le produit de l’injustice que
depuis plus de cent ans le système colonial avait infligé au
peuple algérien »
Ces propos ont été renforcés par
Alain Marleix en Algérie en mars 2008 qui a déclaré
: « Le Président
de la République, dans un discours très novateur, a souhaité
que nos deux peuples regardent
l’histoire en face, sans se cacher derrière les idéologies et
les polémiques que certains, en France,
mais peut-être aussi en Algérie, souhaitent en permanence raviver.
Il a condamné la colonisation, de
la manière la plus solennelle. Il a reconnu, sans détour, sans
langue de bois, que la France avait
commis en Algérie des fautes et des crimes. Aucun de ses prédécesseurs
ne l’avait fait avant lui.»
L’Ambassadeur de France en Algérie, Bernard
Bajolet,
le 14 juillet 2008, en ce jour de fête nationale,
a cru devoir déclarer :
«…comment la République a-t-elle
pu perdre de vue pendant les 132 ans de sa présence en Algérie,
les valeurs fondatrices de liberté, d’égalité et de fraternité
qu’elle a fait rayonner ailleurs dans le monde depuis deux siècles…
» et parlant des soldats morts pour la France en des termes
déplacés dans la bouche d’un représentant de l’Etat français,
il a dit : « .. le sang des soldats français versé pour une
cause qui n’était pas la leur.. »
En février 2010, plus d
une centaine de députés algériens ont déposé une proposition
de loi, visant à « poursuivre la France pour les crimes de la
colonisation »
Certains parlementaires ont interpellé
le Gouvernement, mais la réaction des autorités françaises a
été assez faible. Dans le même temps, une convention de partenariat
avec l’Algérie était approuvée par le Parlement français.
.
La charte des rapatriés
: 17 – L’objectivité dans l'enseignement
de l'expansion Outre-Mer au
19ème siècle et au début du 20ème : encouragement de la recherche
sur cette période dans le respect du pluralisme, comme garantie
de neutralité.
Constat négatif
:
Rien à ce jour de concret pour veiller à l’objectivité en ce
domaine et le respect du pluralisme
est loin d’être la règle.
La charte des rapatriés
: 18 – L’édification à Paris, par souscription
publique, d’un Monument national nominatif dédié aux Morts pour
la France de tous les temps, originaires de tout l’Outre-Mer.
NS –« Si je
suis élu, je souhaite ouvrir, une souscription nationale pour
que soit érigé en France, un monument national qui regroupera
les noms de tous ceux venus d'Outre-Mer, quelles que soient
leurs origines, leurs religions, leurs provenances, qui ont
participé derrière le drapeau français à la construction de
notre pays, à sa défense ou à sa libération.
»
Constat :
Rien de concret à ce jour,
Cependant le projet a été enfin
examiné, début 2010, par le nouveau Ministre
des Anciens Combattants, Hubert
Falco, en concertation avec
les associations de Rapatriés, dont la CLAN R, à l’origine de
cette initiative.
Charte des rapatriés
: 19 – La mise en valeur de l'Armée d'Afrique
et de son histoire, de la diversité des hommes qui la constituaient,
de la fraternité qui la caractérisait et de son rôle dans la
libération de la France en 1942-1945. La participation majoritaire,
dans les forces terrestres françaises, des Pieds-Noirs et des
Musulmans ne doit plus être occultée.
Constat assez négatif :
Rien à ce jour
On peut regretter que dans les discours
officiels, lors des commémorations ou de l’évocation du débarquement
de Provence d’août 1944 et du rôle de l’armée de Lattre dans
la libération de la France, la participation importante et les
sacrifices des Français d’Algérie d’origine européenne ne soient
que très rarement évoqués et salués.
Il n'a pas été accordé
à la Commission « Histoire de l'Armée d'Afrique », constituée
au sein du H.C.R (Haut conseil aux Rapatriés), les moyens de
fonctionner normalement.
Document mis à jour le 21 février
2010
.Crédit :LE
CLAN_R