logo



Le Sénat vote la pénalisation
des injures envers les Harkis : et après ?



logo
Le texte a été examiné le 19 janvier 2012,

Vous pouvez prendre connaissance ci-après de la dépêche AFP indiquant que le Sénat, à majorité de gauche, a adopté à l’unanimité (à l’exception des communistes qui n’ont pas pris part au vote) la proposition visant à pénaliser l’injure et la diffamation à l’égard des harkis. Tout n’est pas fini pour autant…

Ce texte, à l’état de proposition, doit être inscrit maintenant à l’ordre du jour pour un vote à l’Assemblée nationale. Compte-tenu d’un ordre du jour chargé, ce texte pourra-t-il être inscrit à l’ordre du jour afin la fin de la législature ?
Ou bien ce vote au Sénat n’est-il qu’une manipulation supplémentaire après le non-respect par Sarkozy de son engagement du 31 mars 2007 ?
Difficile d’y voir clair… Certains font valoir que le torchon brûle et que la panique règne : c’est la raison pour laquelle le gouvernement a engagé récemment (le 14 décembre 2011) la procédure accélérée sur cette proposition de loi.
Cela signifie qu’une seule lecture du texte est autorisée pour chacune des deux assemblées avant d’avoir recours à la procédure de conciliation si besoin (réunion d’une commission mixte paritaire, composée de 7 députés et de 7 sénateurs pour se mettre d’accord sur une rédaction commune).
Ainsi les graves manquements de la loi bâclée de Mekachera en 2005 pourraient être corrigés.

Bonne nouvelle toutefois : 2 sénateurs, en intervenant lors des débats, ont reconnu l’abandon des harkis par la France :
- Mlle Sophie Joissains (UMP) : « (…) Ainsi, La guerre finie, les armes reprises par l'armée, les harkis sont restés, désarmés et seuls, sur les quais d'où partaient les bateaux vers la France ou dans les casbahs.
Un piège infernal s'est refermé sur eux : Français, ils avaient combattu aux côtés de l'armée française ; l'Algérie devenait algérienne et on les laissait avec leurs frères de sang contre lesquels ils avaient lutté. Ainsi abandonnés, ils furent massacrés.(…) »


- Alain Néri (PS) : « (…) Et ces harkis, lorsqu'ils sont aujourd'hui victimes d'injures, de discriminations, subissent en réalité une double peine, car, pour un grand nombre d'entre eux, ils ont été abandonnés sur le territoire algérien, après avoir été désarmés, au lendemain des accords d'Évian, sans que la France se préoccupe autrement de leur sort.(…) » .

Nous suggérons à Melle Sophie Joissans, appartenant au parti qui a porté l’actuel président au pouvoir, de lui demander de reconnaître la responsabilité de la France dans l’abandon, conformément à son engagement du 31 mars 2007.

Ci-après la dépêche de l’AFP :
PARIS, 19 jan 2012 (AFP) - Le Sénat à majorité de gauche a adopté jeudi à l'unanimité - sauf les sénateurs communistes qui n'ont pas pris part au vote - une proposition de loi du sénateur UMP Raymond Couderc (Hérault) visant à pénaliser la diffamation et l'injure envers les Harkis.

"Comment l'injure et la diffamation à l'égard des forces supplétives peuvent-ils rester encore impunies?", s'est interrogé M. Couderc.
"Le texte est indispensable pour éviter que ne se reproduise l'impensable: les propos tenus par un élu de la République n'ont pas été condamnés", a souligné la rapporteure Sophie Joissans (UMP, Bouches-du-Rhône).

Elle faisait allusion à la relaxe de l'ancien président de la région Languedoc-Roussillon Georges Frêche qui, le 11 février 2006, avait comparé les harkis à des "sous-hommes". Poursuivi pour "injures raciales" par plusieurs associations, il avait été relaxé.

Il est inadmissible "qu'il ait fallu attendre si longtemps avant que la Nation n'apporte sa reconnaissance à ces hommes et à ces femmes qu'elle à commencé par parquer dans des camps", a renchéri Esther Benbassa (écologiste).

"Je voterai avec émotion ce texte, nous ne pouvons plus laisser les Harkis se faire traiter impunément de sous-hommes" a acquiescé René Vandierendonck (PS).

"Pourquoi discuter maintenant de ce texte déposé il y a un an ?
Cette proposition est du pur affichage politique. La droite, après avoir abandonné les harkis, les flatte aujourd'hui", a protesté Isabelle Pasquet (CRC, communistes). "Nous ne sommes pas dupes, nous ne participerons pas au vote" a-t-elle ajouté.

La proposition de loi stipule que, pour l'application de la loi de 1881 sur la liberté de la presse qui punit la diffamation et les injures, les formations supplétives sont considérées comme faisant partie des forces armées.

Le texte doit maintenant être inscrit à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale pour poursuivre son parcours parlementaire.
szb/mad/sd Copyright AFP - 2012 DVBP3732 4 PP 323 FRA /AFP EXX52 19 JAN 2012 - 18:29:54

La dépêche AFP s'arrête là. Mais ce n’est pas tout : nous n’avons pas encore parlé de l’intervention de la représentante du PC, Mme Isabelle Pasquet, qui mériterait d’aller à l’école ou de lire Mohammed Harbi, historien et ancien membre dirigeant du FLN.

Elle a osé déclarer: « (…) La complexité et les antagonismes exacerbés de ce conflit expliquent en grande partie que, pour certains, le terme « harkis » puisse être devenu synonyme de traîtres ». Exprimer une telle opinion sans la condamner donne clairement la sensation qu’on la partage.
Elle a poursuivi, poussant le bouchon un peu plus loin : « Avec une loi de ce type, des chercheurs qui estimeraient par exemple que ces Algériens engagés aux côtés de l'armée française ont trahi leur peuple qui se libérait de l'oppression coloniale ne risqueraient-ils pas d'être condamnés ? »

Et, pour finir, un coup sur les « collabos » (collabos, traitre, le compte est bon !) : » Est-il judicieux de raviver aujourd'hui, de cette façon, des souvenirs douloureux qui divisent aussi bien la population française, dont ils font partie, que les descendants, eux aussi français, de l'immigration algérienne ?
Grands oubliés de l'histoire, parias en France, collaborateurs de l'ennemi en Algérie, les harkis souffrent certes d'un manque de reconnaissance ».
Mme Pasquet reprend les termes de Bouteflika en juin 2000, une hérésie et et une honte pour cette parlementaire, bref, un sérieux manque d’éducation.


Reçu par e-mail
Notes:
Il y a encore des Français qui se font les alliés de l'ex-garçon de bains-douches. Les harkis ont été bien souvent de ceux qui avaient libéré la France en 1944, et pendant la 'guerre d'Algérie', ils combattaient pour cette ex-partie de territoire reste française. De cela certains Français l'ont oublié !
Le webmaster


-
Retour