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Page d'Histoire 5

Les années de 1920-1945

 

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Dans les années précédant la guerre de 1939-45, Des élites algériennes et non des moindres, pour ne citer, le Docteur Feraht Abbas de Sétif, avaient essayé de trouver une ancienne existence de L'Algérie, malgré l'étendue de leurs recherches, ils en déduisirent que ce pays n'avait été créé que depuis la colonisation française. Parmi cette élite musulmane, certains sur les bases de l'évolution prolétarienne enseignée et partie de Russie se mettaient à penser à la libération du peuple algérien. La masse de cette Population restait sur l'expectative.

Le conflit de 1939-45 éclatait, La défaite de 40, La France affaiblie, La grande partie de son armée encore libre, rejoignit l'Afrique du nord,se préparant à la revanche prochaine, sur ordre supérieur, tout son matériel fut camouflé, si bien que les contrôles de la commission d'armistice Allemande, furent inopérants. Dans le même temps avait lieu à San-Francisco, une conférence où il fut prônée la libération des peuples colonisés.

Dès la reprise des opérations militaires, De Gaule, à Brazzaville promettait une émancipation à tous les peuples optant à la libération de la France et sa cause, pendant que les français et musulmans combattaient en Tunisie, en Corse, en Italie et sur le sol Métropolitain sous les ordres d'officiers généraux français et Pieds-Noirs d'origine.

 

Les événements du 8 Mai 1945

La libération avait entraîné la création à Paris du gouvernement provisoire qui succédait au Comité de Libération. Catroux avait laissé sa place à Yves Chataigneau, diplomate et universitaire ; celui-ci héritait d'une situation explosive, due à la dégradation de la situation économique, à la constitution de la Ligue arabe qui enflammait les esprits, à l'approche de la Conférence de San Francisco dont on murmurait qu'elle déciderait l'indépendance de l'Algérie. Dans ce contexte, la déportation de Messali Hadj à Brazzaville, le 25 avril, mit le feu aux poudres.

Le jour de la victoire, le 8 mai 1945, Alger comme Paris étaient en fête. On riait, on pleurait, on s'embrassait dans les rues. Chataigeau, venu déposer une gerbe au monument aux morts, au milieu de la foule qui chantait «La Marseillaise», déclarait : «Certains cherchent à souiller la joie de cette fête. Il convient d'être attentif à leurs provocations, et vigilant à leurs gestes. J'adresse mon salut respectueux, dans une profonde émotion, à leurs victimes».

SETIF Car ce jour de joie était aussi un jour de drame. Dans les rues de Sétif, petite ville de l'Ouest-Constantinois, les Musulmans avaient voulu défiler séparément. Le cortège avait été autorisé, à la condition qu'aucune banderole nationaliste ne serait exhibée. Des pancartes ayant surgi, des heurts s'étaient produits avec le service d'ordre. Un coup de feu, peut-être tiré en l'air par un policier, avait transformé la manifestation en émeute.

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Vingt-sept morts et de nombreux blessés du côté européen. Du côté indigène, le bilan était beaucoup plus difficile à établir, les Musul-mans ayant évacué leurs victimes en se repliant en dehors de la ville. Vingt-sept morts et de nombreux blessés du côté européen.

Du côté indigène, le bilan était beaucoup plus difficile à établir, les Musulmans ayant évacué leurs victimes en se repliant en dehors de la ville.

La répression fut impitoyable, les vengeances personnelles terribles. Le 22 mai, 12 000 à 15 000 Musulmans, hommes et femmes, vinrent rendre les armes et faire acte d'allégeance, dans la vallée située entre le Babor et le Ta Babor kabyles. UN BILAN DES VICTIMES CONTESTÉ Les pertes avaient été très lourdes de part et d'autre. L'administration annonça officiellement cent vingt morts et deux cent cinquante blessés chez les Européens, mille cinq cents morts chez les Musulmans. La répression judiciaire fut confiée à des cours martiales qui prononcèrent 1 476 condamnations pour 4 600 prévenus.

En 1971, le général H. Martin exprime son indignation dans un article paru sous le titre Le mythe des quarante-cinq mille musulmans victimes de la répression.

«Un mythe consiste à grossir démesurément un fait réel, écrit-il - ou un noyau détaits réels - à l'enrichir de détails propres à encourager la fraternité ou à exciter les haines...

Le mythe des représailles massives qui, en 1945, autour de Sétif et de Guelma, auraient été exercées par des colons ou des fonctionnaires survivants (après le massacre initial d'une centaine d'Européens) ainsi que par les troupes chargées de rétablir l'ordre a été soigneusement entretenu par les partisans de l'indépendance algérienne... Pour soutenir de l'extérieur le soulèvement les «frères musulmans» lancent sur les ondes de la radio du Caire, la fable de quarante-cinq mille musulmans systématiquement massacrés dans le Constantinois, procédé de guerre psychologique propre à donner mauvaise conscience aux Français non musulmans d'Algérie, comme à ceux de la métropole...

«Affirmer, répété, c'est la méthode efficace des publicitaires ou des propagandistes. C'est ainsi que l'on crée des mythes, et ils ont la vie dure ! Faut-il, comme beaucoup d'historiens de seconde main, les accepter passivement ? Ne faut-il pas chercher sans cesse la vérité ou, tout au moins S'en approcher ?» En 1972, le général adresse une lettre au directeur du journal Le Monde : «Dans Le Monde (n° du 9 novembre 1972) vous avez commencé de publier une série d'articles sur Sétif. Votre article initial contient, au sujet des troubles dramatiques de 1945, des indications que j'estime fausses. Elles vous ont sans doute été données sur place de façon tendancieuse... Je démens que les troupes du général Duval, troupes essentiellement constituées par des musul-mans, aient «décimé des douars entiers», comme si une haine raciale ou reli- gieuse avait pu les animer contre d'autres musulmans. En ce qui concerne le mythe des quarante- cinq mille victimes, vous trouverez en annexe photocopie de la mise au point que j'ai fait publier dans Historia Magazine...

J'ajoute que la majorité de la population musulmane d'Algérie, en mai 1945, a facilité la tâche des troupes par son profond désir de paix. Une fois le calme revenu, le Cadi de Constantine tint à inviter le général Duval et moi-même à rejoindre, dans la grande mosquée, la foule de musulmans venue pour remercier le Tout-Puissant d'avoir rétabli la paix. Semblable violentes du nationalisme algérien, qui atteignait en 1945 sa majorité.

Les Européens pensèrent avoir décapité le mouvement insurrectionnel. Ils réclamèrent, par la voix de leurs élus, la destitution du gouverneur Chataigneau et le retrait de l'ordonnance de mars 1944 abolissant les mesures d'exception.

En réalité, on peut considérer Sétif et Guelma comme une répétition de l'insurrection algérienne de 1954.

Le général Duval écrivait aux plus hautes autorités de Paris «Je vous ai donné la paix pour 10 ans». Hélas, il disait vrai..

Crédit: PNHA

 

Ci-dessous, un témoinage, de quelqu'un, qui vécut les événements de près à Guelma.

L'opposition algérienne couvait, se préparant sa révolution. Ses agents propagateurs parcouraient villes et campagnes afin de préparer au déclenchement de la révolte le jour de la fin des hostilités du conflit en Europe. Les autorités françaises en Algérie, de par leur D.S.T., connaissaient l'existence De ce qui se préparait. Quoique les tous les médias se complaisent à raconter encore aujourd'hui

Une version présentée, tout à fait différente de la chronologie et de la réalité des ces événements; rendant l'armée française et les européens d'Algérie responsables de massacres de population. Or, Il faut écouter les témoins présents sur place à l'époque de ces faits.

Le Constantinois en fut le théâtre pour la grande partie. Les autorités sur la qui vive, pour ne pas effaroucher les européens , attendaient que l'explosion ait lieu.
Ici, est relaté, un témoignage réel parmi tant d'autres, de ce qui s'est réellement passé. Le Samedi avant l'armistice du 8 mai 45, le sous-préfet Achiary, nouvellement nommé à Guelma, était invité, chez Monsieur Dominique Bézzina qu'il avait connu quelques années avant, durant ses obligations militaires. Il l'avertissait que d'événements graves, que l'on savait proches, sans en prévoir l'importance, se dérouleraient bientôt.
Au moment de se retirer, il exhorta Dominique du danger de rentrer à Guelma, celui ci, plaisantant, aurait dit, "moi je ne risque rien, je n'ai aucun ennemi par mes indigènes et ceux d'alentour, je les ai toujours aidé".
Le Dimanche se passa très calme à Guelma et aux alentours. La famille missud se trouvant en ville, pour raison familliale, leurs enfants, avaient onze ans pour le garçon, et près de dix pour la fille. Ils avaient rejoint leurs cousines, toutes issues du côté maternel. Leurs parents les envoyaient sur la terrasse de l'immeuble, lieu où les locataires pouvaient faire leurs lessives dans des buanderies, et, étendre leur linge à sécher. De là, on dominait une patte d'oie où les entrées Est de la ville s'y rejoignaient. Aussi, les enfants voyaient les indigènes arriver, qui étaient à pieds, ou montaient soit des chevaux, des mulets, ou des ânes. Les enfants ne leur portèrent plus attention, car à Guelma, tous les dimanches et lundis, il y avait marché (à bestiaux). Au soir, tout le monde rejoignit son domicile, sans appréhension de l'avenir.
Le lendemain, vers la mi-matinée, les cloches de l'église de la ville, annoncèrent la fin des hostilités, on pavoisa les rues principales. Dans les écoles, on prépara les enfants, pour le défilé de l'après-midi.
La municipalité sur la terrasse du café Glacier, situé sur la place, offrait un apéritif d'honneur où toutes les personnalités étaient invitées, un grand bal suivrait.
Jean, malheureux, de ne pas participer au défilé, avec sa classe, de ce fait, jean là n'allant pas à l'école, s'était rendu chez son oncle Charles, pour retrouver son jeune cousin Christian; là après avoir été autorisés à se rendre sur la place St Augustin, ils s'y rendirent pour assister au début des festivités.
Ils regardaient les garçons du café Glacier s'activer autour d'une longue table dressée. Le matériel du café ne suffisant pas, la mairie avait fait porter d'autres tables et chaises, que des employés municipaux déchargeaient d'un camion...

Ce café Glacier, était un très bel établissement, s'y tenait un Cercle où toute l'élite de Guelma et sa région aimait s'y retrouver. En Mai 45, cet établissement appartenait à des membres de la famille Réggui, d'origine kabyle, qui avaient su s'adapter la vie européenne. Un des frères gérait le café, avec sa soeur, le troisième terminera plus tard, professeur à la Sorbonne. Ils avaient su se faire apprécier par les européens de Guelma....
Dès le début de l'après midi, les divers défilés faisaient le tour de la place, la philharmonie jouait des airs entraînants, les enfants des écoles passèrent, tenant à la main des petits drapeaux français et alliés. Tout le monde était gai, les conversations roulaient sur tous les sujets concernant le conflit qui venait de terminer.

Un bruit que fait une foule qui approche se fit entendre, les gens qui assistaient au défilé des enfants des écoles, portèrent le regard vers le croisement des rues Négrier et St Louis, d'où un brouhaha (de slogans, de chants et you-yous) arrivait. Déboucha, le début d'un cortège, des hommes portant les drapeaux aux couleurs de l'Islam, étaient en tête du cortège, les participants chantaient en arabe, peu de gens comprenaient les paroles lourdes de sens. Ils avançaient dans la rue, en foule compacte, leur nombre ne pouvait être chiffré.. Au même moment, le sous préfet, en conciliabule, avec le commissaire de police, et le maire, au coin de la place, surveillait la marée humaine qui approchait...

Une escouade de policiers, composée au trois quart de musulmans, enfin s'était approchée des autorités présentes. On entendit les claquements de détonations, le sous préfet et les agents de police venaient de tirer coups de semonce. Monsieur Zara Charles, brigadier de police, remarquant Jean et son cousin, s'empressa de les rejoindre, et leur dit: "Les enfants que faites vous là ? Entrez vite, vite, chez un de vos parents les plus proches".. Aussi, prenant ses jambes à son cou, traînant son cousin, Jean sans réfléchir, prit la direction du domicile de son oncle Charles......

Les manifestants surpris, pendant un court instant, étaient comme pétrifiés, s'arrêtèrent. Puis, abandonnant là leurs oriflammes, ils s'en retournèrent, tout courant, écrasant tout sur leur Passage. On ramassa plus tard, quelques manifestants blessés ou morts par écrasement, (les médecins légistes, lors de leurs constations d'usage ne virent aucun impacts de balles).

Dans mêmes les moments, Monsieur Dominique Bézzina (cité plus haut) était tué dans courant de cet après midi se sacrifiant pour permettre à sa famille, d'échapper au massacre. Un témoin de la scène, un autre, Monsieur Charles Zara, agriculteur, en rapporta les faits, lui avait pu se cacher sous le toit d'une maison, réputée vide d'habitant. De, là, il assista à la scène, et reconnut même, le chef (indigène de Guelma) de la bande d'insurgés qui s'étaient acharnés sur ce pauvre Monsieur Bézzina, qui succomba, sous de coups de haches reçus.
Bien d'autres européens dans leur ferme ou sur les routes avoisinantes de Guelma, étaient assassinés au cours de l'après midi de ce jour même.
Heureusement pour la ville de Guelma, des autorités, seul le sous préfet, avait eu des échos de ce qui se tramait. Des agents de la direction de la sûreté nationale, bien introduits dans la Population indigène, lui avaient fait part de ce qu'ils avaient entendu. Et, pour remonter aux chefs de ce que l'on appellera plus tard ' RÉBELLION DE MAI 45 ', le secret fut bien gardé......
(Au cours des mois précédents, Antoine avait surpris, près des bâtiments de la ferme, une réunion qui avait eu pour but d'échauffer les esprits des indigènes. Antoine n'avait porté que peu d'importance, sans trop y croire).
La chance venait sourire aux habitants de Guelma. on eut l'explication plus tard dans la nuit. Tout un plan avait élaboré par les chefs de cette rébellion. Les manifestants s'étaient mis en mouvement une bonne heure trop tôt. La toute première action devait avoir lieu à la fin l'apéritif d'honneur. Les boissons frelatées par la fille Réggui, devaient empoisonner ou endormir les autorités présentes.
Une fois les autorités neutralisées, à ce moment là, un tir de fusée, aurait été effectué, avertissant les insurgés, que la ville était à leur disposition, pour en effectuer le sac, sans trop de risque.
Les femmes, les filles européennes et les enfants masculins en bas age, devenaient par la suite, la propriété des insurgés. Quant aux hommes, ils devraient être tués. Une fois la ville Nettoyée, les villages et fermes auraient subi le même sort..
Cela était confirmé par les documents saisis, plus tard, dans le courant de l'après midi par le sous préfet et les policiers de la D.S.T., lors de l'arrestation de la Mademoiselle Réggui qui fut surprise, essayant de brûler les papiers et objets Compromettants. Par la même, on eut ainsi, les noms de tous les responsables régionaux de la rébellion, qui nommément y étaient cités.

Une compagnie de tirailleurs (européens) s'égailla dans la ville haute où était la masse des insurgés parmi lesquels certains étaient armés. Il y eut des échanges de tirs. puis, en une heure tout devint calme. Plus un indigène ne circulait dans les rues.
En début de soirée, une milice fut crée, on fit appel à tous les hommes valides en état de tenir une arme, cette troupe avait été disposée à tous les carrefours importants donnant accès à la ville. Toute la nuit durant, les hommes de la D.S.T, procédaient aux arrestations des individus dont ils avaient les noms.
Sur les terrasses d'immeubles dominant les carrefours, se trouvaient des tireurs prêts à toute éventualité. Des guetteurs montèrent s'installer dans le clocher de l'église. Dans la nuit, on apercevait les feux des insurgés installés près du marché à bestiaux, qui s'en doute attendaient des renforts ou des nouvelles confirmant peut être le pourrissement de la Situation du pays.

Voilà, comment se trouvait Guelma, au soir du 8 Mai 45. Cette situation dura jusqu'au vendredi après midi, où des avions de chasse survolèrent la ville, mitraillèrent les camps des insurgés, et s'en allèrent vers leur base. Une colonne de fusiliers- Marins dépêchée de Beauce ou (peu être de Binette), débloqua la ville qui, enfin respirait.....

Jusqu'à l'arrivée de ces renforts, les gendarmes, avec quelques volontaires, tentèrent de sauver, les agriculteurs et leur famille surpris sur leurs fermes. Ils ne trouvaient que désolation, bien peu de gens avaient pu prendre la fuite, ou trouver de lieux surs. Ils ramenaient les corps des victimes, toutes tuées et en état de putréfaction avancée. Avant de porter les corps aux familles concernées, il fallait les rendre présentables. Ainsi, pour Monsieur Antoine Gauchi, qui ramené de nuit, les gendarmes et secouristes, avaient arrêté le camion sous les fenêtres de Madame Zamith, où au milieu de la rue se trouvait une lampe (l'éclairage municipal d'alors), Jean et ses cousins virent les gens arranger le corps de Monsieur Gauci, dont le frère et les siens habitaient à cent mètres plus loin. Cette scène restera gravée dans l'esprit de ces enfants qui aujourd'hui, adultes, cinquante ans après, se rappellent toujours...

Plusieurs fois, ce véhicule de secours, qui avait un armement tel, qu'il dut faire demi-tour quelques fois, afin de pas être pris par ces hordes en folie meurtrière. (Dès qu'elles sentaient une forte résistance de la part de leur proie elles quittaient les lieux, et allaient vers d'autres proies.)

Ces assassinats avaient été perpétrés dès le 8 mai, dans la journée. Ce ci, avant même le début de la manifestation dans Guelma.
Les européens survivants, avaient eu la chance de pouvoir se cacher dans des haies assez éloignées de leurs habitations ou d'être aidés par leurs ouvriers... Salvo, le frère d'Antoine, resté à la ferme avec une de ses soeurs qui lui rendait visite ces jours là, une des familles indigènes, s'empressa de l 'héberger, la forçant de s'habiller en mauresque, quant à Salvo, lui se tenait caché, dans une haie d'héburnéas, avec son fusil, et quelques cartouches de chasse (chargées de chevrotines). En cette courte période, il lui était arrivé de prier la Vierge ' Ta Pino', et se voyant bien souvent près d'être découvert. Plusieurs fois, des forcenés étaient venus, armés de haches, de fourches, ils criaient "Où est ce cochon de maltais, qu'on l'égorge", etc. Lorsqu'ils s'approchaient du portail de la ferme, une vieille femme indigène s'interposa, leur disant, ' Avant d'entrer là, vous aurez à me tuer, il n'y a personne, Antoine et sa famille sont en ville '. Son age, sa détermination impressionnèrent ces bandits à chacun de leur passage. (Pour les indigènes, TUER UN FIDÈLE A LOI CORANIQUE, EST UN PÊCHÉ IMPARDONNABLE, LE PARADIS SE FERMANT A JAMAIS, ALORS QU'ÉGORGER UN ASSOCIANT EST CONSIDÉRÉ, POUR TOUT MUSULMAN, COMME GAGE D'ACCESSION AU PARADIS).
Un après midi, Salvo vit le camion de secours sur la route. Ces occupants s'ouvraient le chemin, en tirant des rafales de fusil mitrailleur, installé à même, sur la cabine. Le véhicule se trouvant à moins d'un kilomètre, le fusil-mitrailleur s'enraya. La bande d'insurgés s'apercevant du peu de risque devinrent menaçants. Les gendarmes et leurs aides durent se défendre avec leur arme individuelle , pendant que leur camion effectuait demi-tour pour rouler vers Guelma. Salvo tout près d'être sauvé, une nouvelle fois, dut se mettre à l'abri, se promettant de se tuer en dernier ressort, dans le cas où il serait sur le point d'être pris.....

Pendant ce temps là, la famille Dubois (sa ferme était un véritable fort), établie un peu loin avant Bled Gafard, résista à plusieurs attaques d'insurgés. Au moment où l'étau se desserra autour de Guelma , des colonnes de secours s'en allèrent vers les fermes, les petits villages de la région qui n'avaient eu les moyens de se défendre...
Tous les rescapés furent réunis soit à Guelma, ou dans les villages sérieusement protégés. Dès la nuit et pendant une semaine, des troupes arrivèrent directement d'Allemagne.
On vit de la Légion étrangère, quelques compagnies d'infanterie coloniale et un régiment de tabors marocains.
Le territoire passait sous l'autorité militaire. qui lança un ultimatum que des avions jetèrent sur tous les douars (villages arabes) de la région et qui devait être libellé à peu prés dans les termes suivants (en arabe): "toutes les habitations non pourvues du drapeau français, seront bombardées. Toute résistance sera combattue fermement. Tout insurgé qui se rendrait avec ses armes, porteur de ce message, serait pardonné. Ce ci à compter de telle date et etc.,etc.. 'signé : Le Général x.

A la fin du délai permis, l'armée se mit en campagne, passant au peigne fin tout douar et ferme, qui non pourvu de drapeau, fut incendié. Dans ces douars, leurs habitants avaient précipitamment disparus et s'étaient mis à l'abri dans les montagnes voisines de Guelma, (pressentant un danger, les femmes indigènes avaient préparé de la "terhissa" (aliment à base farine de céréales grillées, de pois chiches et de caroubes,qui se mange, mélangée à de l'eau. il s'en était perdu !). Les force de l'ordre les chassèrent jusque là, rencontrant de la résistance.
Il y eut beaucoup de victimes parmi les insurgés et leurs familles. En une quinzaine de jours la mission assignée à l'armée étant terminée retourna vers ses casernements régimentaires. Dans le même temps, une cour martiale fut mise en place. Tous ceux dont leur nom était porté dans les documents saisis plutôt, furent condamnés à mort et passés par les armes.

Ailleurs plus spécialement à Sétif, des Européens des deux sexes furent martyrisés en pleine ville, un prêtre crucifié à la porte de son église. Etc.. Le long de la côte la marine effectua des tirs, sur quelques villages en rébellion.
Dans les trois mois qui suivirent, à la demande de l'Assemblée nationale sur les doléances de musulmans, une commission de contrôle, fut envoyée sur les lieux où les événements 'Du 8 Mai 1945', à Guelma, Sétif, et autres endroits, pour établir constats de l'ensemble des faits effectués par les parties concernées.

Crédit Missud Jean, originaire de Guelma

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