A - AUX ALMOHADES IL VA EMPRUNTER LEUR RIGUEUR DOGMATIQUE, LEUR INTRANSIGEANCE DOCTRINALE.
Il faut se souvenir que les Almohades exigeaient un absolutisme absolu dans le vécu de leur foi. Ils défendaient le dogme de l'unité divine absolue. Ils n'admettaient aucune compromission. Ils organisèrent à maintes reprises des autodafés avec destruction massive d'ouvrages philosophiques et religieux jugés non conformes à leurs exigences dogmatiques. Ils organisèrent des tribunaux de contrôle de sincérité qui ont condamné à l'exil Averroès et Maïmonide parmi quelques victimes... chanceuses. Ces tribunaux de contrôle de sincérité serviront de modèles, plus tard, aux tribunaux du Saint-Office. Mais, cette intransigeance religieuse absolue ne s'exprima pas en langue arabe. Elle s'exprima en langue berbère, leur langue.
B - LES ALMORAVIDES, AVANT EUX, ARRIVAIENT DE TRÈS LOIN.
C'était une population peu nombreuse qui émigrait de Mauritanie vers le Maghreb et l'Espagne, en quête de territoires plus accueillants pour survivre. Une population qui n'était pas arabe mais qui était conduite par des talebs, des religieux enseignants qui, au cours de leur migration, exaltaient au sein des populations ouest-africaines et ibériques leur foi dans les commandements du guerrier de Yatrib.
Ces talebs s'exprimaient en arabe littéral et communiquaient leur foi, exprimée dans cette langue, aux musulmans maghrébins et ibériques. Ils ont facilité partout, grâce à la langue arabe littérale, la propagation du coran dans sa langue officielle.
Omar Smaïl, ce Berbère d'Algérie, effectua une synthèse opérationnelle magistrale de ces deux comportements :
la rigueur dogmatique des Almohades, - leur intégrisme
Il va les exprimer l'un et l'autre en langue arabe littérale, comme l'avaient fait auparavant les Almorávides.
Une synthèse entre l'arabisme almoravide et la rigueur dogmatique absolue des Almohades : ce fut l'œuvre d'Omar Smaïl pour combattre les effets à redouter, selon lui, de la loi du 4 février 1919.
Pour lui, une loi providentielle, car elle lui permet de déclencher la
lutte au nom de Dieu.
On a fait voter cette loi, on a publié les décrets d'application dans un seul but, évident aujourd'hui : structurer une réaction anti-française dont on se servira plus tard pour se débarrasser de l'Algérie.
Cette loi du 4 février 1919... une loi scélérate... une de plus.
En 1925, le CERCLE DU PROGRES va renforcer, en la prolongeant dans le temps, l'action des Cénacles d'Omar Smaïl.
Les événements vont, dès lors, se succéder les uns aux autres, d'une manière apparemment spontanée. En silence, avec la complicité théoriquement passive de l'Administration française.
La nouvelle arabité de l'Algérie est désormais implantée sur cette terre par des Berbères. L'immense territoire algérien, situé au nord de l'Afrique, va s'identifier à une base géo-politico-spirituelle de l'arabo-islamisme fondamentaliste. Une base opérationnelle pour la consolidation et l'extension de la Ouma. C'est la mission du CERCLE DU PROGRES.
Tout logiquement, le CERCLE DU PROGRES annonce en réalité l'avènement du temps décisif dans cette mise en place du dispositif opérationnel anti-français. De la Révolution algérienne. C'est l'installation en Algérie de l'Association des Oulémas en 1931.
L'Association des OULEMAS est née le 5 mai de cette année-là. Le 7 mai son président est élu. Il s'agit d'Abdelhamid Ben Baddis de Constantine.
Le vice-président élu est Ibrahim Bachir, lui aussi grand homme de lettres, professeur de littérature arabe. Ces deux hommes sont des Berbères. L'un est né tout près de Constantine en 1889. L'autre, El Bachir, est né à Tocqueville, Ras-El-Oued, la même année. Dans les Hauts-Plateaux-sétifiens.
Ben Baddis va synthétiser la base philosophique c'est-à-dire, en réalité, le fondement stratégique du combat contre la France.
" Ma religion c'est l'Islam ".
L'identité religieuse est brandie comme un étendard de ralliement. Ou plutôt, l'étendard de la révolter
" Ma langue c'est l'arabe ".
C'est certainement le temps le plus important de sa proclamation. C'est un Berbère qui parle, ne l'oublions pas. Ce propos " ma langue c'est l'arabe " s'identifie à une adhésion officielle et publique à la Ouma, à la Communauté des croyants. Il intègre l'Algérie, historiquement, politiquement, spirituellement et pourquoi pas dialectiquement dans la phénoménologie arabe. Il identifie l'Algérie à un site opérationnel mis à la disposition des ambitions de la Ouma, tels qu'ils seront précisés 80 ans plus tard par les épitres jihadiens d'Alqaïda.
" Ma langue c'est l'arabe " exprime une volonté impérialiste confirmée par le troisième élément du trépied opérationnel de Ben Baddis : " Ma patrie, c'est l'Algérie ". Il fait naître une patrie à partir d'un comportement religieux fondamentaliste et il confirme l'intégration de cette nouvelle patrie dans une construction stratégique géopolitique et religieuse, ô combien présente ! la Ouma, la Communauté des croyants, la Nation arabe.
Le second président de cette association, Ibrahim Bachir, officialisa plus tard l'identité religieuse de la guerre d'Algérie. Il déclara le 1er novembre 1954, que le combat était engagé pour " LE TRIOMPHE DE L'ARABISME ET DE L'ISLAM ".
Je ne peux, dans le cadre de cette communication, vous accabler de longs développements.
Je me permets de vous renvoyer à de nombreux ouvrages parmi lesquels je m'autorise à citer les miens :
- L'ISLAMISME DANS LA GUERRE D'ALGERIE
- ATTAQUES ET CONTRE-ATTAQUES
Les adeptes du marxisme-léninisme, les porteurs de valises, les défenseurs officiels des Droits de l'Homme, en combattant la France en Algérie, ont joué en faveur de la révolution mondiale actuelle. La révolution arabo-islamiste fondamentaliste.
Ils se sont mis, tactiquement, au service d'une fraction intellectuellement dépravée, du capitalisme financier qui, dans le but de faire progresser la valeur ajoutée produite par leurs investissements ont exigé le délestage économique du débouché algérien.
Capitalisme financier soumis énergétiquement et opérationnellement à l'énorme potentiel en liquidités des banques arabes qui soutiennent, en silence, la propagation universelle des épitres jihadiens.
La défaite d'Algérie : un marché de dupes ? Un bon débarras pour la France ?
NON !
Ce fut une étape nécessaire à l'implantation d'une subversion à l'intérieur de l'Occident chrétien. Car l'amputation de l'Algérie a fait de la France et de l'Europe, les sites opérationnels désormais accessibles terri-torialement à l'actuelle Révolution mondiale islamiste fondamentaliste.
Voilà qui illustre d'un jour nouveau l'insuffisance tactique de nos spécialistes de la guerre révolutionnaire en Algérie : ils n'ont pas vu à quel point, sur cette terre, l'idée de Dieu était le facteur dominant dans la guerre qu'ils prétendaient conduire avec une compétence particulièrement revendiquée.
Leur compétence de spécialistes de la guerre subversive les a maintenus coincés dans une méconnaissance existentielle de l'identité de la guerre d'Algérie.
Cette carence a favorisé l'expression d'une félonie satanique qui s'est révélée avec vigueur grâce à une fraction perverse de certains catholiques français et européens, qui ont soutenu le FLN au nom de faux principes. De principes allégués tels que les principes de justice sociale ou de justice tout court.
Ces " faux-catholiques " c'est à une sodomisation intellectuelle active qu'ils se sont offerts. Il n'est pas question aujourd'hui comme hier, que nous nous soumettions à cette attitude.
Nous étudierons dans quelques chapitres ultérieurs la manière dont SATAN A CONDUIT LE BAL EN ALGERIE FRANÇAISE.
Mais auparavant, vous me permettrez de vous infliger la quatrième et avant-demière partie de ce dernier chapitre consacré à l'enrichissement mémoriel du phénomène historique Algérie française.
Ce sera l'étude n° 15 qui va s'appuyer sur le chapitre 16 de mon quatrième livre : " L'ISLAMISME DANS LA GUERRE D'ALGERIE ". J'y évoque une classe, imaginée, en Petite Kabylie en 2012, dans une école kabyle, au cours de laquelle est évoqué par un instituteur le 50ème anniversaire de la victoire du FLN sur la France, quand elle était soumise au gouvernement gaulliste
crédit: J-Claude Perez
Pieds -Noirs d'Hier et d'Aujourd'hui - N°180 - Décembre - 2009
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