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Attila fut le 'Fleau de Dieu, Jacques Attali est en passe d'être condéré comme le 'fleau de l'histoire
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Lors d'une interview conduite par Ruth Elkrief sur BFMTV, il en a effet commis les propos suivants :
« Ce n'est pas inutile de parler de l'identité française à condition de ne pas parler de l'héritage chrétien de la France mais de l'héritage divers de la France. La France a beaucoup d'héritages : elle n'est pas spécialement chrétienne. Elle est aussi musulmane dans certaines régions de France où l'islam a été présent avant la chrétienté. Le judaïsme a été présent partout bien avant que la chrétienté soit là. Et puis il y a les héritages celtes, romains, etc. ».
Ouf !... Celtes et Romains sont tout de même cités. Mais en tout dernier, pour mémoire. Histoire de ne pas se faire reprocher leur occultation et de pouvoir dire qu'on l'a dit.
Ces affirmations péremptoires appellent obligatoirement plusieurs réflexions qu'il nous faut présenter historiquement de manière chronologique et avec les nuances nécessaires pour ne pas tomber dans la caricature comme l'a fait Jacques Attali.
1°) La première implantation communautaire juive notable en territoire gaulois a eu lieu peu après la victoire de Jules César à Alésia (52 av. JC). Certains historiens datent l'arrivée des premiers Juifs en Gaule de l'an 31 av. JC (« Antiquité, aux origines des premiers juifs en Gaule »). Elle consistait alors en quelques centaines de personnes installées dans la région de Lyon, anciennement Lugdunum, ville de Lug, dieu gaulois de la lumière. A cette époque, la vallée du Rhône était déjà particulièrement propice aux échanges commerciaux et les Etats antiques n'avaient pas attendu la commission de Bruxelles pour y procéder. Des comptoirs commerciaux existaient un peu partout dans les grandes villes, dont certains tenus par des marchands juifs. En Gaule comme en d'autres contrées, c'est un fait. Marseille,
grand port de commerce fondé par les Phocéens en 600 avant notre ère, en est un témoignage parmi d'autres. Ces établissements commerciaux ne constituaient en aucune manière des «colonies de peuplement» destinées à se substituer aux populations de souche ou à en modifier les mœurs et traditions. Ils n'étaient pas des postes avancés pour une conquête future. Les Juifs faisaient leur métier, du commerce, et vivaient normalement parmi les populations « indigènes », respectant les lois locales tout en suivant leurs propres règles religieuses en interne.
Rapportée à environ 8 millions de Gaulois (=Celtes), la présence de quelques centaines de Juifs ne pouvait donc être regardée que comme extrêmement marginale et nullement dérangeante aux yeux de « la Gaule chevelue » ("Identité nationale : nos racines").
Ainsi, dire, comme le fait Attali que le juaïdisme est présent partout bien avant la chrétienté soit là un abus de langage basé sur
une parcelle de vérité. Le judaïsme est antérieur au christianisme, c'est évident. Il y a eu des Juifs en Gaule avant des Chrétiens, bien sûr.
Mais dire qu'ils étaient présents partout, nous venons de le voir, c'est faux. Quant à parler de "racine juive" ou "d'héritage juif', il y a tout de même un pas que le simple bon sens, la prise en considération des proportions et la réalité historique objective interdisent de franchir.
Les Juifs eux-mêmes n'ont d'ailleurs jamais tenté d'imposer leurs lois religieuses sur les terres de nos Ancêtres. Le Talmud n'est pas la charia.
Prenons un exemple a contrario. La France fait du commerce avec de nombreux pays africains depuis très longtemps. Des entreprises, des commerces tenus par des Français y sont implantés depuis belle lurette. Parle-t-on pour autant des racines françaises du Gabon, du Sénégal, de la cote d'Ivoire, du Tchad, du Congo, non bien évidemment, et c'est normal qu'il existe Par contre, vous noterez au passage qu'il existe des « révisionnistes » patentés pour évoquer «nos» racines prétendument africaines.
Mais là, nous ne sommes plus sur le terrain historique, mais sur celui de Tidéologie. Et cela change tout.
2°) «Elle est aussi musulmane dans certaines régions de France où l'islam a été présent avant la chrétienté» gazouille encore ce brave Attali qui flirte ici avec les sommets de la bêtise. De quelles supposées régions parle-t-il? A quelles dates inventées fait-il référence ? Comme à l'école, faisons lui donc un bref rappel historique.
8 novembre 392 : L'empereur Théodose proclame le christianisme « religion officielle », interdisant du même coup tous les autres cultes. Malgré les nombreuses missions de conversions entreprises, les campagnes gauloises restent néanmoins très attachées à leurs cultes ancestraux païens (c'est-à-dire polythéistes) qui, eux précisément, sont nos véritables racines. Mais l'arrivée d'un nouveau dieu n'a rien de choquant pour un Païen polythéiste. Un dieu supplémentaire n'est pas surprenant pour quelqu'un dont le panthéon en est rempli.
496 : Clovis se convertit au christianisme après sa victoire sur les Alamans, à Tolbiac. Dès lors, les sorts de la monarchie française et du christianisme vont se trouver intimement mêlés. Partout en Gaule, les croix, calvaires et autres symboles chrétiens viennent progressivement s'implanter sur les lieux mêmes des cultes anciens. Les dates religieuses n'échappent pas à la règle : Noël, par exemple, vient se substituer au Solstice d'Hiver, la Toussaint au Samain, etc. Inexorablement, la Gaule s'évangélise... souvent autrement que par la douceur, d'ailleurs.
A cet instant précis, quid de l'islam ? Rien. Mahomet, le prophète des musulmans, naitra en 571. L'islam sera fondé à la fin du Vlème siècle et la « première révélation coranique » n'interviendra que 39 ans plus tard, en 610, pour durer 22 ans (certains musulmans disent « 23 »). Le calendrier musulman, l'hégire, ne démarre d'ailleurs qu'à compter du 16 juillet
622 (« Oumma »).
Après une période de conquête effrénée et ravageuse sur les terres d'Afrique et au Moyen Orient (au passage, Mahomet est mort en 632), nous en arrivons à l'époque des premières frictions entre la chrétienté et l'islam, inaugurant une nouvelle ère où les rapports furent, et sont toujours, davantage à base conflictuelle que d'échanges culturels sur le mode « bisounours ».
711 : début de la conquête de l'Espagne wisigothique, notamment par Tariq Ibnou Ziyad qui passe par Gibraltar. 10 ans suffiront à soumettre une bonne partie de la péninsule ibérique. Les premiers raids militaires au-delà des Pyrénées n'interviendront qu'à partir de 721, mais allant toujours en s'intensifiant.
En 721, les Arabes parviennent à s'emparer de Narbonne qui servira dès lors de base militaire aux razzias lancées tous azimuts dans les provinces méridionales (« Invasions du Moyen-Age : les Sarrazins »), jusqu'à ce que Pépin le Bref, fils cadet de Charles Martel et père de Charlemagne, reprenne la ville en 759. Mais en attendant cette reconquête, les Arabes ravagent ainsi des régions entières de la Septimanie (Aquitaine première, Aquitaine seconde, Novempopulanie,
Narbonnaise, Viennoise, Alpes Maritimes), enlevant momentanément des grandes villes comme Carcassonne, Avignon, Nîmes, Avignon, etc... villes immédiatement saccagées et livrées aux pires débordements du massacre et du pillage.
732 : Charles Martel stoppe une armée d'invasion. C'est la célèbre bataille de Poitiers qui ne fut pas qu'une « simple escarmouche », comme le prétendent aujourd'hui certains « savants de l'islam » soucieux de minimiser la rossée, mais bien une grosse bataille rangée mettant aux prises deux armées d'une vingtaine de milliers d'hommes chacune, à l'issue de laquelle les débris de l'armée ennemie repassèrent les Pyrénées dans le plus grand désordre. Ce sont d'ailleurs les Arabes rescapés de cette débâcle qui baptisèrent « voie des martyrs » l'ancienne voie romaine
reliant Bordeaux aux Pyrénées (« Les grandes batailles de l'Histoire », page 70, par Sophie Chautard).
Mais, pour importante qu'elle fut, cette bataille de Poitiers ne mit toutefois pas complètement fin à la présence des musulmans en France car ces derniers conservaient encore la ville forte de Narbonne.
Charles Martel dirigea alors ses troupes sur cette ville et parvint encore à écraser les renforts ennemis lors de la bataille de Sigean, dans l'Aude, en 737.
Nous pourrions ainsi continuer longtemps cette énumération de dates et d'événements incontestés. Nous aboutirions immanquablement à la même conclusion : Jacques Attali raconte n'importe quoi.
Pour lui, le simple fait que les Arabes aient occupé momentanément et militairement certaines parcelles de territoires christianisés nous procurent automatiquement des racines musulmanes.
Le simple fait que des contrées entières aient été pillées, incendiées, ravagées par les pillards musulmans avides de butin, que des populations nombreuses aient été massacrées, déportées et réduites en esclavage (« Invasions du Moyen-Âge : les Sarrazins »), qu'aucun vestige musulman n'ait été mis à jour, hormis quelques pièces de monnaies et des morceaux de céramiques (« France: à la recherche d'un passé musulman enfoui »), tout cela donc concourt, selon Attali, à nous attribuer un héritage musulman.
Il est difficile d'être soit plus malhonnête, soit plus ignare. Au choix. Mais de toute évidence, l'Histoire n'est pas sa spécialité... d'ailleurs, c'est quoi sa spécialité ?
Dans le film «le Pacha», Michel Audiard faisait tenir à Jean Gabin la réplique suivante :
«Quand on mettra les c..s sur orbite, t'auras pas fini de tourner !»
Nul ne saura jamais si Audiard pensait à quelqu'un en particulier. Mais dans le doute, faut-il souhaiter «bon vol !» à Jacques Attali ?
crédit: Marc Noé pour legaulois.info Repris PNHA N° 202
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