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Tout sur
l'affaire du lycée d'Okba d'Alger
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Le surveillant soutient, en son âme et conscience, qu'il avait
vu «l'emblème national resté intact». L'affaire de l'emblème national
et du drapeau français qui s'est passée au niveau du lycée Okba à
Alger, risque de prendre de graves proportions. De quoi s'agit-il
exactement? Les faits remontent au 7 décembre dernier lorsque cinq
élèves des classes de terminale du lycée Okba-Ben Nafaâ, à Bab El
Oued (Alger), sont sortis de leur cours de mathématiques pour aller
dans une autre classe vide. C'est là qu'ils commettent «l'irréparable».
Ils ont pris un cadre accroché au mur où étaient mis en valeur l'emblème
national à côté d'un extrait de l'hymne national. Puis, ils ont détaché
le revers en carton dudit cadre pour y dessiner un drapeau français
et y inscrire «vive la France». Les élèves ont été surpris quelques
minutes plus tard par l'agent d'entretien de l'établissement qui a
tout de suite avisé le directeur. Cet incident allait être étouffé,
selon les parents de ces élèves, si la presse ne s'était pas saisie
de l'affaire. Et voilà le scandale de l'année.
Rencontrés hier, à l'entrée de l'établissement, les parents de ces
élèves ont vivement dénoncé l'acharnement médiatique qui n'a fait
qu'exacerber les choses et embourbé davantage, selon eux, leurs enfants
dans ce problème. Ils ont également dénoncé l'acharnement des autres
parties de cette affaire, en l'occurrence, l'administration et la
direction de l'établissement qui «n'ont fait que mal interpréter un
événement anodin et prendre des mesures aux lourdes conséquences».
Furieux mais désarmés, ces parents ne savent plus à quel saint se
vouer. «C'est de l'acharnement, pourquoi
leur faire ça, ce sont des enfants studieux, ils sont en train de
mettre fin à leur vie, dites-moi ce qu'ils vont faire sans école!»,
a déclaré sous couvert de l'anonymat la mère d'un des cinq élèves
impliqués dans cette affaire. Un autre père dénonce, quant à lui,
les anomalies relevées dans les procédures qui ont suivi ces actes.
Il précise ainsi que les parents des élèves concernés n'ont reçu aucune
convocation pour assister au conseil de discipline. Pis encore, il
indique qu'ils n'ont pu prendre connaissance du contenu du rapport
et qu'ils n'ont même pas été tenus au courant des griefs retenus à
rencontre de leurs enfants. Un autre indique qu'il a appris l'exclusion
de son fils de l'établissement lorsque celui-ci est revenu chez lui
et le lui a annoncé, et cela, sans aucun préavis.
Les élèves ont déclaré quant à eux, qu'ils n'«ont pas fait ce geste
pour porter atteinte à l'emblème national» précisant que le drapeau
«rouge, blanc et vert» est resté intact, qu'il n'a pas été déchiré
et qu'aucun drapeau français n'a été accroché à sa place.
Le directeur de l'établissement apporte une autre version des faits.
Il relate l'incident en précisant que «ces élèves s'apprêtaient à
accrocher au-dessus du tableau, le drapeau français fraîchement dessiné,
et que (...) le drapeau national a été un peu déchiré lorsqu'il a
été arraché de son emplacement». Seulement voilà, le surveillant général
du même établissement apporte sa version des faits en totale contradiction
avec celle avancée par le premier responsable du lycée. Le surveillant
soutient, en son âme et conscience, qu'il avait vu «l'emblème national
qui est resté intact». Quant à l'agent d'entretien qui aurait surpris
les élèves en pleine action, sollicité pour donner quelques précisions
sur l'affaire, il n'a tout simplement pas voulu répondre aux questions
des journalistes
-Par ailleurs, les tuteurs des cinq élèves ont annoncé qu'ils allaient
prendre un série de mesures et frapper à toutes les portes afin d'élucider
cette affaire.
Ils ont appelé dans ce sens, les autorités concernées à désigner une
commission d'enquête pour suivre cette affaire, ainsi que la mobilisation
d'un huissier de justice pour faire le constat des faits.
A. Kaberseli
crédit le Clin d'oeïl N°220
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