|
|

|
|
La sentence, où la métaphore s'allie à la finesse, lancée
par une actrice célèbre que nous poumons parodier et ce à l'endroit d'une
"corporation" chez qui le scrupule et la loyauté ne sont pas les vertus
les mieux partagées. Nous voulons parler des historiens Bousculés par
le destin peu prometteur de la rcpcntancc avortée momentanément, mais
avec Sarko on ne sait jamais, c'est un vrai danseur de tango , un pas
en avant deux en arriére et comme il tiens contre vents et marées à son
« Union de la méditcrranéc », il cédera peut-être aux aimables sollicitations
de ses interlocuteurs « privilégiés » , le déterminisme historique fera
de l'histoire de la France en Algérie, de sa mission colonisatrice une
page tcmc issue de l'inculture et des dérives rentières du trotskisme
, dont Benjamin Stora est issu et il continue selon les conseils de ces
maîtres à renforcer sa politique de l'entrisme, c'est pourquoi nous pouvons
reprendre en la modifiant quelque peu la citation sur le cinéma de Jeanne
Moreau et "Dire des historiens qu 'ils font des histoires, c'est dire
du mal de l'histoire ".
Dans un entretien avec un journal algérien, ce dernier est longuement
revenu sur les questions de pointe qui continuent de faire l'actualité,
en l'occurrence la problématique de l'écriture de l'histoire, les massacres
commis par la France, les retombées de la non-rcpcntance actuelle prêchéc
par Sarkozy bien qu'il ai condamné avec véhémence le passé colonial en
Algéric,(discours de Constantine) et sur le projet du président français,
à savoir l'Union méditerranéenne. Il poursuit par je pense qu'il est important
que l'Algérie d'aujourd'hui fasse une part importante au travail, à l'oeuvre
de rapprochement franco-algérien..
Donc, après tout ce qu'a vécu l'Algérie comme tragédie, comme sang dans
les années 90, le fait qu'aujourd'hui on puisse avoir accès à cette oeuvre
de Mohamed Harbi ,unc « histoire critique » selon lui d'une manière publique,
«officielle», est quelque chose de considérable. Cela prouve qu'il y a
la possibilité aujourd'hui en Algérie d'avoir accès à toute une série
de publications, de travaux, de chantiers et d'oeuvres dans le domaine
qui nous concerne: l'histoire. Ce qui n'était pas le cas il y a quelques
années. Abordant l'approche de la recherche sur l'histoire contemporaine
de l'Algérie , il déclare : « C'est assez contradictoire, j'ai expliqué
dans ma communication, un très gros problème d'écriture de l'histoire
dans les années 70 en Algérie. C'est-à-dire qu 'il y avait eu une conception
de l'histoire qui était énoncée par l'Etat: la maxime centrale consacrait
un seul héros, le peuple.
Pour moi, la conception que j'ai toujours sur l'histoire, ce sont les
hommes et les femmes, de chair et de sang, qui fabriquent l'histoire.
Il fallait effectivement passer par le retour sur les hommes, sur les
femmes, par le travail biographique. Il fallait sortir de cette conception
marxiste, anonyme, homogène. Il n 'y avait que des héros morts anonymes.
Il fallait, au contraire, restituer la place des acteurs, disons, avec
leurs forces et leurs faiblesses, dans leurs connivences ou dans leur
pureté. Et c 'était très difficile tout au long des années 70.
Donc, le travail de recherche était quand même assez fragile et assez
faible à cette époque-là. Par contre, à partir d'octobre 1988, on peut
dire, c 'est mon point de vue, qu'il y a eu une remise en cause de la
mainmise de l'Etat sur les faits historiques. Il y a eu une fissure qui
s'est ainsi ouverte. Il y a eu le retour des acteurs de la Révolution
algérienne. Ben Bella, Ait Ahmed, Boudiaf, qui sont revenus en Algérie.
Le retour physique des acteurs de cette révolution a été fondamental.
Et puis il y a eu, aussi, une recherche par les Algériens sur la violence
dans laquelle ils ont vécu. Ils aiment bien revenir à la généalogie pour
bien comprendre pourquoi cette violence s'abattait sur ce pavs. Il fallait,
par conséquent, remonter en amont et s 'apercevoir qu 'il fallait sortir
d'une culture tournée, exclusivement, autour de ce qu 'on appellerait
l'histoire militaire de l'Algérie contre la France alors que la victoire
véritable est politique. Donc, il y avait le retour des acteurs politiques
sur le devant de la scène mémorielle. Il fallait le retour du politique.
Parce que l'Algérie était traversée par une violence inouïe et la seule
façon de sortir de la violence et de la culture de la guerre est le retour
au politique. Le retour au politique, le retour à l'harmonie, le retour
à l'histoire, le retour aux hommes, le retour aux acteurs, c 'est ça,
aussi, qui a permis à la recherche historique de progresser ». Il a également
à Oran , déclaré au colloque dédié a HARBI en insistant sur le fait que
la lutte contre tout colonialisme pose problème « ainsi des revues. Il
y a eu des colloques qui se sont tenus en Algérie. J'ai participé au colloque
de Tlemcen qui est très important sur la figure du colonel Lotfi, récemment
à Skikda, comme je suis allé aussi à Guelma, et cette année à un colloque
à Kherrata.
Donc, comment écrire ces faits historiques? C'est important tout ce qui
se passe aujourd'hui en Algérie, parce qu'en France, il y a, aujourd'hui,
des gens qui remettent en question totale fout ce qui s'est passé » ;
dans toutes interventions, Benjamin Stora évoque Mohamed Harbi qui est
sa référence, son maître à penser et c'est ainsi qu'il a intitulé son
intervention au colloque d'Oran «Un historien algérien en exil». «L'histoire,
dit-il, a été imbriquée complètement comme vecteur central permettant
d'assurer la continuité d'une nation». Le travail d'un historien selon
Benjamin Stora, ne consiste pas seulement à établir les faits, car cela
induirait une remise en question, c'est-à-dire casser les stéréotypes
négatifs.
Toujours d'après lui ,le premier livre qui l'a marqué , fut écrit par
Mohamed Harbi en 1975 « Aux origines du FLN » c'était pour lui une découverte
choc. Car, explique-t-il, «l'histoire critique du FLN du nationalisme
Algérien au sens large, venant précisément d'un acteur qui restituait
tout son combat à l'intérieur du mouvement, m'avait profondément choqué
que je considérais comme un livre fondateur et fondamental ».
La série d'itinéraires dressés par Mohamed Harbi à la fin de ce livre,
avec notamment une biographie de Messali Hadj, avait grandement contribué
dans le choix de Benjamin Stora à réaliser une thèse sur ce combattant
algérien. L'intervenant considère qu'à travers cette œuvre, Mohamed Harbi
«avait décidé de bousculer les conformismes concernant l'histoire du nationalisme
algérien. L'ouvrage permettait au lecteur français d'accéder pour la première
fois à une connaissance interne de la société algérienne, ses déchirements,
ses aspirations et de découvrir les leaders nationalistes algériens portant
l'idée d'indépendance».
A travers l'ouvrage Aux origines du FLN, Benjamin Stora estime que «l'auteur
avait entrepris de casser un certain nombre de «légendes», l'ensemble
d'ouvrages permettant d'éclairer différemment la révolution dans une généalogie,
une filiation, à voir avec le caractère émancipateur de la lutte de Libération,
mais aussi avec l'histoire des sociétés arabes et musulmanes ».
Benjamin Stora a tenu à préciser que «le refus, en France, d'analyser
l'histoire algérienne est justifié par le refus des Algériens de le faire.
Avec cette rencontre, il apparaît qu'il y a des Algériens qui avancent,
« l'argument français est donc irrecevable.» Dans sa longue intervention,
l'historien Benjamin Stora a dit toute l'influence bénéfique qu'Harbi
avait malgré la différence d'âge et de parcours qui les sépare (Mohamed,
largement quadragénaire, venait de faire la révolution alors que Benjamin,
bien que proche du courant trotskiste qui avait soutenu le MNA de Messali
El Hadj, était un jeune étudiant), les deux hommes se retrouvent dans
leur formation idéologique et politique mais aussi dans leur passion de
la vérité historique :
«Faire l'histoire de l'Algérie est périlleux, le mouvement nationaliste
étant un territoire, un facteur de légitimation historique, enjeu et objet
de combat. Etre historien, c'est mener un combat. Séparer l'histoire de
l'idéologie de celle du mythe.» Et dans son œuvre de dissection de l'histoire
du mouvement nationaliste algérien, Mohamed Harbi, libre de toute attache
idéologique, réussit parfaitement à séparer l'idéologie du mythe. Egalement
captivé par l'histoire à hauteur d'homme, Benjamin Stora a évoqué tous
les aspects qui l'ont interpellé ou influé sur son propre itinéraire d'historien,
au moment (années 70). Après ce plaidoyer dithyrambique, il n'y a plus
qu'à tirer l'échelle. Harbi est le seul historien valable sur le problème
algérien et Stora est son prophète.
crédit: Le clin d'oëil de Mars
2008
|