C’est vrai ! À
en croire les journalistes de toutes les chaines et de toutes
les ondes,
Flamby allait tout casser et on allait voir ce qu’on allait
voir :
dans cette entrevue, l’ours russe mal léché finirait bien par
plier le genou !...
Malheureusement pour lui, « Moâ-président
» est tombé sur Lucky Luke.
En effet, François Hollande et Vladimir Poutine ont campé vendredi
sur leurs positions sur la Syrie, défendant chacun des solutions
opposées pour mettre fin au bain de sang qui mobilise la communauté
internationale. Le « chef » de l'État français, qui rencontrait
son homologue russe pour la première fois, n'a pas réussi à
le faire bouger d'un iota, ni sur la question des sanctions
contre le régime syrien, ni sur celle d'un départ de Bachar
al Assad. .
Pour faire bref : l’idéologie
du premier n’a pas entamé le bon sens du second.
François Hollande a rappelé qu'il faisait du départ du président
syrien le "préalable pour la transition politique" à Damas,
son homologue russe privilégiant, lui, le dialogue à tout prix
pour éviter une guerre civile.
"Le régime de Bachar al Assad s'est conduit
de manière inacceptable, intolérable. Il a commis des actes
qui le disqualifient", a déclaré François Hollande, en
référence au massacre qui a fait une centaine de morts la semaine
dernière dans la localité syrienne de Houla.
"Il n'y aura de sortie possible de cette
situation qu'avec le départ de Bachar al Assad", a-t-il
ajouté lors d'une conférence de presse avec Vladimir Poutine
au terme de deux heures et demie d'entretien, comprenant un
dîner, à l'Élysée.
Comme à Berlin auparavant, Vladimir Poutine a manifesté sa volonté
de "réconcilier de toutes les parties
en conflit" et s'est défendu d'avoir des intérêts spécifiques,
notamment militaires, en Syrie.
"Ce que nous devons faire, c'est empêcher
que la situation évolue selon le pire des scénarios et lutter
contre la possibilité d'une guerre civile", a-t-il dit.
"Ce qui nous préoccupe, c'est la radicalisation
de la situation et que cette situation devienne incontrôlable",
a-t-il ajouté, évoquant les morts provoqués par les "rebelles".
"Combien de civils ont péri aux mains
des autres, des rebelles, est-ce que vous avez compté ces pertes,
il s'agit de centaines de personnes", a-t-il estimé.
Partisan d'une "solution politique", Vladimir Poutine a dit
vouloir donner toutes ses chances au plan de paix de l'ancien
secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan.
"Nous devons tout faire pour que sa mission
soit couronnée de succès et je considère contre-productif de
déclarer à l'avance que sa mission est vouée à l'échec",
a-t-il considéré.
"BONHEUR TOTAL" ?...
Le départ de Bachar al Assad ne
saurait, selon lui, être la solution. "Si
on écartait du pouvoir un président en exercice, est-ce que
vous croyez qu'il y aurait un bonheur total dans ce pays demain
? Non", a-t-il affirmé, prenant pour exemple les violences
qui ont suivi le départ de Libye de Mouammar Kadhafi et la chute
de Saddam Hussein en Irak.
À la question de savoir si la Russie serait prête à accueillir
la famille Al Assad, Vladimir Poutine a répondu sur le même
ton aigre-doux qui a dominé la conférence de presse : "Assad
a visité beaucoup plus souvent Paris que Moscou, donc regardons
ce problème sous cet angle-là".
François Hollande s'est, quant à lui, désolidarisé de ses prédécesseurs
Nicolas Sarkozy, qui a invité Bachar al Assad à Paris à deux
reprises, et Jacques Chirac, qui a reçu Hafez al Assad, le père
de Bachar, en 1998.
"Sur les visites des présidents Assad,
père et fils, je n'ai aucune responsabilité, ce sont d'autres
temps, d'autres époques", a dit François Hollande, qui
n'est pas revenu sur l'idée d'une intervention militaire en
Syrie, comme il l'avait fait cette semaine à la télévision.
Pékin et Moscou ont opposé à deux reprises leur veto à des résolutions
du Conseil de sécurité de l'Onu appelant à des actions plus
fermes contre Damas. Les Occidentaux ne semblent pas prêts à
pousser Vladimir Poutine dans ses derniers retranchements, comme
l'a montré Angela Merkel après sa rencontre avec le président
russe.
"Nous avons tous deux dit clairement que
nous voulions une solution politique et que nous voulions que
le plan (de Kofi Annan) puisse servir de point de départ",
a dit la chancelière allemande.
Le secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, a lui aussi
indiqué jeudi que l'armée américaine était prête à toute initiative
jugée nécessaire en Syrie, mais Washington continue à privilégier
l'approche diplomatique pour chasser Al Assad.
Ce ballet diplomatique a lieu au moment où la situation sur
le terrain continue à se détériorer.
À travers le monde, des voix
se sont élevées pour mettre en garde contre le risque de voir
la Syrie sombrer dans une guerre civile totale, avec un risque
de contagion dans d'autres pays du Proche-Orient sur fond de
conflits inter-religieux.
Avec Reuters
Repris de gaulois.info