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Nique la France, une chanson haineuse,
qui prépare la guerre civile

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Dans la rhétorique anti-française, un grand pas supplémentaire vient d'être franchi par le clip rap de trois individus ayant pris pour nom:
" Zone d'expression populaire ". Les premières notes révèlent un mélange de musette et de rap :
mixité des musiques ; sur la scène commencent à s'activer les trois chanteurs, le dénommé Saïdou Dias du groupe " Ministère des affaires populaires " et deux seniors qui se font appeler Busta Robert et MC Jean-Pierre : mixité des cultures et mixité des générations.

Tout cela semble sympathiquement de bon augure. On déchante vite avec le refrain, entonné d'emblée : " Nique la France et son passé colonialiste, ses odeurs, ses relents, et ses réflexes paternalistes. Nique la France et son histoire impérialiste, ses murs, ses remparts, et ses délires capitalistes ". " Nique la France ", c'est le titre de cette charmante bluette, accessible sur Dailymotion depuis fin janvier.

http://www.dailymotion.com /video/xbz3sp nique-la-france- le-clip_music
Après le refrain, avec le rythme des mélopées propres au rap, les couplets vont se succéder, dans la même veine, par exemple : " tu découvres que tu vis chez les gros cons, les rastos (racistes), qui n'ont jamais enlevé leur costume de colon " ou bien, avec tout autant de délicatesse : " c'que j'en pense de leur identité nationale, de leur Marianne, de leur drapeau, et de leur hymne à deux balles, j'vais pas t'faire un dessin, ça risque d'être indécent, de voir comment j'me torche avec leurs symboles écœurants"...

La France en prend pour son grade. Sont visés " les nazillons " et les " bidochons décomplexés ", mais aussi le Français moyen, ce " petit bourgeois, démocrate, républicain, [dont le] pays est puant et raciste et assassin " : rien que ça... Les assauts anti-français vont de pair avec un anti-intellectualisme digne de l'extrême-droite la plus rétrograde. Cela donne : " et y'a des intellos, des p'tits fachos à lunettes, des têtes à claques ", le couplet se poursuivant par une très élégante attaque ad hominem : " comme la connasse de Fourest, qui propagent et alimentent la haine du musulman et du banlieusard avec leurs discours stigmatisants ".

Je n'ai donné là que quelques morceaux choisis. Le reste est du même tonneau. L'ensemble est abject et l'on est sidéré qu'une telle abjection ait pu être mise en chanson et largement diffusée, sans jusqu'à présent susciter grande réaction. Evidemment, en visionnant cette chose, on commence par jouer au jeu de la transposition et on se demande s'il serait possible d'entendre l'équivalent avec un autre pays :
" Nique l'Algérie... " ou une religion : " Nique l'islam, et son histoire expansionniste, ses odeurs, ses relents, et ses réflexes terroristes ".

Ce " Nique la France " voudrait alors se faire passer pour une revendication politique et non la marque d'une hostilité inter-éthnique. On veut nous dire : qui est antiraciste, qui s'oppose à l'impérialisme et aux " délires capitalistes " ne peut qu'être contre la France. Comme si justement le racisme, l'impérialisme, et le capitalisme s'incarnaient tota- lement, ontologiquement ai-je encore envie de dire, dans ce pays qu'est la France. Que l'argument soit énoncé par des Français " de souche " n'en renforce pas la valeur. S'il est stupide dans la bouche d'un beur, il l'est tout autant exprimé par quiconque.

C'est bien ce qui est recherché :
le bloc contre bloc. Les bons fils de l'immigration et leurs alliés antiracistes - des antiracistes qui en l'occurrence ont troqué l'universalisme de la valeur pour la défense inconditionnelle d'un camp - contre " la France " ; une France nécessairement mauvaise, pervertie par un passé puant, qui lui tient à la peau. Il y a de la déclaration de guerre dans cette chanson : une guerre avec ses combattants (ces brûleurs d'écoles et de drapeaux tricolores), ses idéologues bellicistes, ses héros et ses hérauts ; une guerre qu'ils diront peut-être aller dans le sens de l'Histoire, à moins qu'ils n'en fassent une " guerre sainte "...



crédit Editeur : Riposte Laïque
http://www.ripostelaique.com
repris du magazine PNHA mars 2010 N° 184


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