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Quand le rappeur Gradur veut se payer la tête d’un petit Blanc…


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Cet épisode n’est ni plus ni moins que l’illustration d’un racisme antiblanc devenu à ce point banal que la presse s’en amuse.

La séquence était, il est vrai, assez surréaliste. Le 26 janvier dernier, le rappeur Gradur, originaire de Roubaix, prenait un auto-stoppeur sur le bas-côté de l’autoroute A1. Il ne le savait pas (et n’en a rien su durant tout le trajet), mais le jeune homme n’était autre qu’un élu FN de 24 ans, Éric Richermoz.

« T’as pas peur de monter avec des Noirs et des Arabes ? », lui lance d’entrée de jeu le rappeur, qui filme avec son téléphone et diffuse en direct sur son compte Snapchat. Ce soir, ses amis et lui ont visiblement décidé de s’amuser avec ce petit Blanc, propre sur lui, à l’allure de politicien. Très vite, Gradur lui invente une parenté avec Manuel Valls, annonçant à son public Internet qu’il s’agit du fils de l’ancien Premier ministre.

S’ensuivra toute une série de vidéos desquelles ressort un certain malaise. Le rappeur, outre ses blagues répétitives sur ce « fils de Valls », ne manquera pas de se moquer de son allure bon enfant, de sa cravate… allant jusqu’à le surnommer « Édouard ». Aussi, les occupants du véhicule vont insister pour le faire danser sur des musiques de rap, visiblement très amusés par leur « créature ».

Un peu pris de court, soucieux de céder à la tyrannie de la « cool attitude », le jeune homme se prêtera au jeu, malgré lui, sans se douter qu’à ce moment, des milliers d’internautes visionnent la scène en direct… et que son chauffeur du soir n’a pas d’autre but que celui de se payer sa tête. Aussitôt la vidéo rendue publique, la presse s’est jetée sur l’affaire.
Il faut dire que le jeune élu ignorait à qui il avait affaire et, de son côté, Gradur était loin de se douter qu’il avait embarqué un conseiller FN à bord de sa voiture.
Certes, l’anecdote prête à sourire, ce dont les médias ne se privent pas, mais personne n’a cru bon de souligner (voire de remarquer) ce que cette scène avait de dérangeant.

Ainsi, ce que Le Figaro (et les autres) nous présentent comme une « ambiance de franche rigolade » n’était, en réalité, qu’une rigolade à sens unique. Ce soir-là, en prenant cet auto-stoppeur, Gradur et ses amis n’avaient qu’une motivation : se payer la tête d’un petit Blanc.
La vidéo parle d’elle-même. Le ton est moqueur, (trop) familier, et certaines scènes laissent planer un certain malaise.

Aurait-on imaginé un seul instant un automobiliste blanc prendre en stop un jeune homme d’origine africaine pour le tourner en ridicule devant des milliers d’internautes ?
Imagine-t-on cet automobiliste rebaptiser son auto-stoppeur « Mamadou » parce qu’il est noir ?
Et insister pour lui faire réaliser « quelques danses endiablées », comme le disent si bien les journaux ?



Ne nous voilons pas la face. Cet épisode n’est ni plus ni moins que l’illustration d’un racisme anti-blanc devenu à ce point banal que la presse s’en amuse.
De nos jours, le « babtou fragile » est devenu une bête de foire qu’on expose sur son téléphone, avec l’approbation malsaine des grands médias, amusés et complices.


Christopher Lannes
crédit:bvoltaire.fr



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