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Existe-t-il une « affaire Le Pen » ?


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Marine Le Pen a-t-elle employé des collaborateurs européens au service du Front national ?

« Je me battrai, je suis convaincue que je gagnerai contre le Parlement européen. » Le message est celui d’une Marine Le Pen déterminée à gagner son bras de fer contre les instances européennes qui, pour des raisons idéologiques et stratégiques évidentes, ne lui feront aucun cadeau.

Soupçonnée d’avoir utilisé deux collaborateurs parlementaires européens au service du Front national, la présidente du parti était sommée de rembourser 340.000 euros avant la fin du mois de janvier.

Estimant « ne pas avoir été entendue » au sujet d’une décision prise, selon elle, « en violation de l’État de droit », Marine Le Pen a refusé de rembourser la somme demandée.

Ce cas de figure, qu’on refusera, à ce stade, d’appeler « affaire », pose, aujourd’hui, un certain nombre de questions.

Marine Le Pen a-t-elle, en effet, employé des collaborateurs européens au service du Front national ? Il ne nous appartient pas, ici, d’y répondre. Par contre, on peut s’interroger sur les méthodes utilisées par le Parlement. En pleine vague populiste, tous les moyens semblent aujourd’hui bons pour abattre les figures de proue de la révolte populaire.

La présidente du Front national aurait-elle eu raison, si tel était le cas, d’utiliser des attachés européens dans un cadre strictement « national » ? Il convient, en amont, de préciser qu’un groupe politique européen ou un parlementaire ne peuvent disposer de leurs deniers ou de leurs assistants pour des missions nationales. En ce sens, oui, Marine Le Pen serait fautive dans la mesure où elle entend assainir les mœurs politiques.

Néanmoins, aurait-elle des circonstances atténuantes à faire valoir ? On se doute que Marine Le Pen conçoit ses missions de député européen, de présidente et de candidate du FN comme un tout cohérent dont il serait peu judicieux de différencier les parties.

Quand elle s’exprime dans l’Hémicycle européen, elle parle autant au nom de son groupe politique, du parti qu’elle préside et des Français qu’elle représente. Que ses hommes et femmes de confiance l’accompagnent dans ses différents rôles n’a rien d’illogique.
De surcroît, les partis politiques de la sphère « eurosceptique » souffrent des carences démocratiques au sein de leurs systèmes nationaux, qui font tout pour les écarter du pouvoir. Quand le FN, représentant entre un Français sur quatre et un Français sur trois, doit se contenter à l’Assemblée nationale de deux députés et souffre, donc, d’une absence conséquente de moyens par rapport à ses concurrents, la tentation peut être grande de « contourner » le système.

Les cas Fillon et Le Pen sont-ils semblables ? Non.
Dans le premier cas, si avéré, le candidat des Républicains aurait dévoyé sa mission au profit de ses intérêts privés en accordant un poste « fictif » à son épouse.
Dans le second, qui nous semble moins grave, mais tout de même gênant, la candidate aurait, tout au plus, mélangé les genres sur le dos de l’Union européenne qu’elle combat.


Gregory Vanden Bruel
crédit:bvoltaire.fr



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