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Affaire Fillon : la démocratie bafouée (et les électeurs avec…) !


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Pourquoi s’en prendre à François Fillon aujourd’hui sans étendre cette exigence à l’ensemble des parlementaires concernés et encore vivants ?

Peut-on dire que l’emploi de son épouse par François Fillon n’était pas connu avant le mois de janvier 2017 ? Certainement pas. Depuis que la Ve République existe, des centaines de députés et de sénateurs ont embauché des membres de leurs familles pour les assister dans leurs missions parlementaires. Au vu et au su de tous les journalistes de l’Hexagone.

Combien de millions d’euros ont-ils été ainsi dépensés ? Que faisaient, au juste, ces employés ? Travaillaient-ils beaucoup ? On peut croire que oui, on peut croire que non : la preuve en est qu’on accuse aujourd’hui madame Fillon de n’avoir jamais levé le petit doigt en échange de son excellente rémunération. Si cela est vrai, a-t-elle été la seule dans ce cas ?

L’ennui, pour les faux Saint Just de cette violente attaque, est que ce métier, ou plutôt cet emploi d’assistant parlementaire, n’est pas codifié : pas d’horaire minimal, pas de tâches obligatoires, pas de méthode, pas de lieu d’exercice imposés par quelque texte que ce soit.

Impossible, pour la justice, d’apporter la preuve du délit allégué.
Alors, pourquoi s’en prendre à François Fillon aujourd’hui ? Est-il seulement légal de lui demander des comptes sans étendre cette exigence à l’ensemble des parlementaires concernés et encore vivants ? Ne s’agit-il pas d’une étrange discrimination ?

La réponse à cette question purement juridique est fort simple : on a tenté d’éliminer sans débat démocratique le candidat élu à l’issue de la primaire de la droite et du centre. Ce candidat, promis à la victoire, répugnait à la bien-pensance qui domine le XXIe siècle.

Rien de plus clair, rien de plus évident. Non seulement un tel croc-en-jambe est de mauvaise guerre dans une démocratie où la confrontation des idées devrait prévaloir, mais il est aussi outrageusement scandaleux pour une autre raison, beaucoup plus fondamentale. Laquelle ? C’est que, s’il fallait vraiment éclairer les électeurs, il aurait été loyal et républicain de le faire avant la campagne et avant les votes de la primaire, au lieu de lancer cette accusation le 24 janvier, à trois mois de l’élection.

Mais, alors que les accusateurs savaient tout depuis fort longtemps, on a laissé plus de quatre millions de Français aller voter deux dimanches de suite sans les prévenir de rien. Et maintenant, une fois que le résultat de leur démarche est acquis, on semble leur dire : nous n’avons rien à faire de votre avis ; vous avez voté pour nous faire rire, et votre candidat, vous pouvez le passer par pertes et profits.

Jamais, dans une démocratie, on n’avait ainsi bafoué des millions de citoyens électeurs. Ne s’agit-il pas d’un scandale inouï ?

Il reste à espérer que François Fillon, même s’il s’estime sali, ne finira pas, écœuré moralement, par céder.


Bernard Salvatori
crédit:bvoltaire.fr



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