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Si Fillon est victime d’une trahison, on va le savoir rapidement


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Nous verrons bientôt si Fillon est, comme cela semble probable, remplacé et sur quel programme son substitut fera campagne.

Si les Républicains décident de remplacer Fillon par un autre candidat, celui-ci devra s’engager à faire campagne sur le programme de François Fillon. Cela me paraît une évidence, si tant est qu’un programme de gouvernement a la moindre valeur. Sans parler du fait que les conditions particulières qui, éventuellement, conduiraient François Fillon à se retirer n’ont strictement rien à voir avec son programme. Les électeurs de la primaire de droite se sont, certes, prononcés sur l’homme mais aussi sur son programme, et c’était tout le sens des débats contradictoires que de les confronter point par point, davantage même que les hommes qui, pour la plupart, étaient bien connus du grand public.

Si, par exemple, Alain Juppé est pressenti pour se substituer à François Fillon, il serait légitime, en tant que finaliste de la primaire, mais son programme, en revanche, n’aurait aucune légitimité puisqu’il fut rejeté à une majorité écrasante. Supposons un instant que le perdant de la primaire revienne sur le devant de la scène avec ce qui fut son propre programme. Comment les électeurs de François Fillon, largement majoritaires, ne songeraient-ils pas à une trahison ? Voilà le signe qu’il va falloir guetter de près. Juppé ou un autre avec le programme Fillon, oui si la candidature de ce dernier devient impossible. Jeter le bébé (le programme) avec l’eau du bain (le candidat) serait injustifiable et ne pourrait avoir d’autre explication qu’une trahison rondement menée.

Il est commode de fustiger la théorie du complot sans même l’avoir examinée sur le fond, c’est en général par ce procédé que les dictatures bétonnent leur pouvoir (voir Robespierre et le complot aristocratique ou Staline et le complot des blouses blanches).

Y a-t-il matière à complot dans le programme de François Fillon, telle est la question. La réponse est oui. François Fillon était le seul candidat de la primaire à proposer une normalisation de nos relations avec la Russie. S’il a été abusivement présenté comme un intime de Vladimir Poutine, il n’en est pas moins vrai qu’il est l’un des rares hommes politiques français à entretenir de bonnes relations avec le maître du Kremlin. Est-ce un motif suffisant ? Dans le contexte actuel, je pense que oui.

Les Français ont en mémoire l’affaire DSK et, pour une bonne partie d’entre eux, l’ancien directeur général du FMI a été piégé. On ne connaîtra, vraisemblablement, jamais la vérité. Les Français ont, en revanche, totalement oublié comment Dominique de Villepin fut éjecté de la course à l’Élysée. Il est vrai que l’affaire Clearstream est très complexe, mais il convient de se souvenir que personne n’a jamais réussi à expliquer le point de départ de l’affaire et, surtout, personne n’a vraiment cherché à faire le rapprochement avec la déclaration publique de Paul Wolfowitz, le bras droit de Donald Rumsfeld et faucon parmi les faucons au sein des néoconservateurs, déclaration au terme de laquelle la France allait payer cher le prix de sa trahison.
Villepin, Strauss-Kahn et maintenant Fillon, trois fois de suite le favori dans la course à l’Élysée est mis hors course, le dernier in extremis, mais il est vrai que l’on ne l’attendait pas. Faut-il, encore une fois, éliminer d’emblée l’hypothèse du complot ?

Nous verrons bientôt si Fillon est, comme cela semble probable, remplacé et sur quel programme son substitut fera campagne.


Christophe Servan
crédit:bvoltaire.fr



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