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Anne Méaux, l’ange déchu de François Fillon


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Dis-moi qui murmure à ton oreille, je te dirai qui tu es.

Le grand public ne la connaît pas. Anne Méaux est l’un de ces « rois sans visage » que décrivait si bien Max Gallo dans le roman à clef éponyme.

Si sa jeunesse fut fleurie (Occident, Ordre nouveau, le GUD-Assas), la deuxième partie de sa vie fut plus rangée. En 1974, elle intégra l’équipe de campagne de Valéry Giscard d’Estaing, qu’elle rejoindra ensuite à l’Élysée. Et c’est en 1988 qu’elle créa son entreprise de conseil en communication au succès jamais démenti : Image 7.

C’est là que celle que l’on surnomme « Cruella » commence à nous intéresser. Son portefeuille n’est alors pas politique, mais essentiellement industriel. Avec une constante troublante : ses clients ne sont pas des amis du peuple de France. Dans l’affaire Kerviel, elle choisit d’aider… Daniel Bouton, alors PDG de la Société générale. Lors du raid sur Arcelor en 2006, qui aura les conséquences que l’on connaît, elle travaille l’image de… Lakshmi Mittal.

Parmi ses autres clients, citons Anne Lauvergeon (merci, Areva). Mais la politique n’étant jamais loin de l’industrie, Image 7 détenait également un contrat avec l’Agence tunisienne de communication extérieure « pour valoriser les atouts du pays ». Le Canard enchaîné décrivait, en 2011, cette collaboration comme un « discret réseau d’influence en faveur de la dictature de Ben Ali, composé notamment de patrons de presse tout acquis à sa cause ».

Avec, pour Ben Ali, le résultat que l’on sait.

C’est donc tout naturellement que François Fillon s’est adressé à cette autoproclamée « faiseuse de rois » lorsque sa campagne patinait à 8 %. Avec, d’abord, un vrai succès. Les formules assassines ? C’est elle ! Le punch ? Encore elle ! Le subtil relâchement vestimentaire ? Toujours elle ! Et donc, il faut bien l’avouer… la victoire à la primaire… c’est elle !

Seulement, celle qui disait, dans une récente interview, « haïr les mythos » aurait dû exiger de faire « due diligence » sur son nouveau client. Elle aurait peut-être ainsi pu éviter les quelques loups qui mettent aujourd’hui toute la droite dans une situation catastrophique inédite… et la France entière en porte-à-faux.

En matière de communication de crise, force est de reconnaître que François Fillon est très mal conseillé.
Chacune de ses interventions, depuis le début du Penelopegate, est une catastrophe. Alors, forcément, les regards commencent à se tourner vers sa conseillère, scrutée plus en détails. Anne Méaux s’enorgueillit de recruter elle-même chacun de ses employés. Alors, jetons un œil à son équipe !

Sylvie Ruggieri… fut en charge de la communication de Canal+, pendant 16 ans. Au secours !
Michel Sarazin, après avoir dirigé L’Événement du jeudi, fut directeur du Centre de formation des journalistes pendant quatre ans.
Au secours ! Elisabeth Jacob, plus de vingt ans au sein du groupe Canal+.
Au secours ! Gilles Cheyrouze, attaché de presse de Michel Rocard, puis conseiller de Dominique Voynet.
Au secours, on se noie ! Avec de tels spécimens, nul doute que François Fillon était « bien » conseillé.

Dis-moi qui murmure à ton oreille, je te dirai qui tu es.


Robin de La Roche
crédit:bvoltaire.fr



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