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Canard m’a « tuer »


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Pourquoi celui par qui le scandale éclate n’a-t-il pas laissé fuiter sa révélation en 2013 ou 2014 ?

Il faudrait être naïf pour penser que l’idéologie politique et le carriérisme qui va avec (et ce, quelle qu’en fût l’époque) aient jamais été synonyme d’exemplarité vertueuse. Brutus (85 av. J.-C.) n’en est-il pas l’exemple le plus évident ?

Avant même le « Penelopegate », dans ces mêmes colonnes, j’écrivais il y a peu que les présidentielles 2017 seraient certainement les plus déroutantes auxquelles il nous serait donné de participer. Hélas, elles le sont à un point que je n’imaginais pas !

Les causes sont multiples. Parmi elles arrive, au premier rang, la perte de crédibilité des élus de la nation aujourd’hui considérés comme déconnectés des réalités. Pour les hommes politiques, le pouvoir que leur a donné leur électorat n’est plus adossé aux seuls devoirs qu’exige la représentation nationale, mais s’accommode du grand marché que sont les institutions où l’on se partage une part des privilèges, et ce, quand bien même ces derniers seraient légaux.

M. Fillon n’échappe pas à la règle, il s’est fait prendre les doigts dans le pot de confiture.

La réalité est que les pots de confiture sont légion, et les doigts plus encore. Dès lors, comme un grand nombre de ses collègues parlementaires, il utilise ou a utilisé les privilèges auto-octroyés par le cénacle et ces privilèges traduits en euros sont conséquents. En est-il plus ou moins coupable que les autres ?
Non ! Le problème est que, pour les Français, leur pot de confiture est pratiquement vide et a un goût amer.

Au-delà des attentes et des exigences légitimes des Français, l’autre problème est qu’aussi légitime que soit la mise en évidence des errances de M. Fillon, l’anachronisme des révélations l’est moins. Pourquoi celui par qui le scandale éclate n’a-t-il pas laissé fuiter sa révélation en 2013 ou 2014 ?
Cela pose question !

À qui profite cette délation tardive et pourquoi nous a-t-il fait volontairement entrer dans ce « Chabanais » en pleine campagne présidentielle ?

La France et les Français sortiront-ils gagnants de cet imbroglio amphigourique dans lequel on les plonge et qui les aveugle ? Non !

Et pour cause, phagocyté par l’omniprésence du temps médiatique, on occulte totalement l’essentiel : une économie brinquebalante, les tensions communautaires ou sociales, le terrorisme, une Europe qui agonise et mille autres sujets qui devraient être au cœur du débat démocratique et présidentiel à l’heure où la France est affaiblie.

On a pleinement le droit de ne pas aimer M. Fillon. Emberlificoté dans des justifications qui n’en sont pas, est-il responsable de ses actes ? La réponse est oui.
Est-il coupable ? Il appartient à la justice de le révéler.

Une chose est sûre, il a été donné en pâture à l’opinion et ce n’est pas un hasard de calendrier.

Mais qu’on se rassure, au rythme où vont les choses, mis en examen ou pas, sans doute sera-t-il exclu de la course à la présidentielle par sa propre famille.
Les « Brutus » sont légion. Toutefois, aucun candidat de substitution ne réussira à réparer la machine électorale des Républicains.

À qui le tour désormais ? À Mme Le Pen, semble-t-il,
bien qu’elle ne soit pas la cible prioritaire, car sa présence au second tour est fermement souhaitée pour un « bis repetita placent » de 2002.

Décidément, M. Macron a pour l’heure beaucoup de chance.


Richard Pascal
crédit:bvoltaire.fr



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