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Vous ne voulez pas de Fillon ?
Vous aurez Macron



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Songeons – avant de hurler avec les loups et de réclamer la tête du Sarthois –
que la chute de ce dernier signifie la victoire de Macron.

On est bel et bien en campagne. Une campagne à la violence sans précédent, sauf, peut-être, l’entre-deux-tours de 2002. En témoignent les nouvelles affaires Fillon que charrie la presse chaque jour. Ainsi, le montant perçu par Penelope s’élève désormais à 900.000 euros, alors que personne ne l’aurait jamais vue au palais Bourbon ou dans la Sarthe ; c’est à peine si on ne l’accuse pas d’être un hologramme. Les enfants du couple auraient, aussi, été grassement rémunérés alors qu’ils étaient simples étudiants. Bref, toute la famille Fillon (sauf le chien) aurait allègrement pioché dans les deniers publics.

Le couple Fillon est-il innocent ou a-t-on affaire à des émules de Bonny et Clyde ?
Éric Brunet l’a sagement souligné : « La question A est de savoir si ces soupçons d’emploi fictif sont fondés, c’est à la justice de trancher ; la question B est de savoir d’où vient cette information et à qui elle profite ».
C’est cet aspect des choses qui nous importe.

Si certains ont soupçonné Rachida Dati ou d’anciens sarkozystes, rien de tangible ne vient étayer ces rumeurs. Le fait que certains LR aient lâché Fillon au profit d’un « plan B » n’est pas, non plus, le signe d’un complot de ces derniers.
Cela démontre juste l’opportunisme et la déloyauté qui règnent dans ce parti.
Le candidat lui-même a évoqué un « coup d’État institutionnel », référence à peine voilée à Bercy et à l’Élysée, dont le but serait de le faire tomber pour favoriser Macron.

Même le député Gilbert Collard et l’avocat Dupond-Moretti – peu suspects de sympathie filloniste – ont été étonnés par la célérité de l’institution judiciaire et par la surprenante saisine du procureur de la République pour une affaire relevant, en toute logique, du domaine d’un juge d’instruction.
D’autres ont critiqué l’attitude des médias, qui ont largement occulté les révélations du Canard sur Macron : celui-ci, en plus d’avoir « sous-estimé » son patrimoine, aurait utilisé l’argent de Bercy pour des réceptions privées.
On parle de plusieurs centaines de milliers d’euros.
Ce n’est pas être « complotiste » d’affirmer que Fillon est traité par la presse française comme Trump le fut par la presse états-unienne.

Si le but était de faire chuter Fillon, c’est en bonne voie.
Le dernier sondage IFOP donne le Sarthois bon troisième derrière Le Pen et Macron. Si la campagne médiatique à charge continue, même le « candidat cosmique » Sylvain Durif fera un meilleur score.

Marine Le Pen n’en profite pas vraiment. Il semble que les soutiens de Fillon préfèrent se tourner vers Emmanuel Macron, le grand gagnant de ce scandale.
On imagine, en effet, qu’en cas d’un second tour opposant Le Pen à Macron, gauche et droite rallieront ce dernier pour « faire barrage à l’extrême droite ».

L’ami de Drahi et des Rothschild se retrouverait alors à l’Élysée pour achever son œuvre d’ubérisation et de déstructuration de la société. Atlantisme et néolibéralisme économique couplés au sociétalisme de gauche :
un programme aux antipodes du libéral-conservatisme pro-russe de Fillon. Voilà qui explique le soutien qu’Alain Minc, Jacques Attali, Pierre Bergé, Daniel Cohn-Bendit et d’autres figures de cette gauche libéral-libertaire ont apporté au candidat Macron.

Songeons donc – avant de hurler avec les loups et de réclamer la tête du Sarthois –
que la chute de ce dernier signifie la victoire de Macron.


Nicolas Kirkitadze
crédit:bvoltaire.fr



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