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Franck de Lapersonne :
la tentation lepéniste du show-biz ?



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Ce week-end, les gazettes bruissaient du ralliement de Franck de Lapersonne,
plus qu’applaudi lors du meeting de Marine Le Pen, à Lyon.

Show-biz et politique, politique et show-biz, vaste sujet. En 2004, Dieudonné affirmait à l’auteur de ces lignes, au défunt Choc du mois : « Ces gens ne sont ni de gauche ni de droite. Ils ne sont rien et agissent plus par conventions que convictions. Durant l’Occupation, ils ont joué devant les Allemands.
Demain, si Jean-Marie Le Pen était à l’Élysée, ils deviendraient lepénistes. Je me demande même si certains ne s’y préparent pas déjà. »

D’où les inévitables pincettes avec lesquelles il convient, plus de dix ans après, de prendre le ralliement de telle ou telle starlette, sachant que le bénéfice électoral n’est pas forcément au rendez-vous ; demandez à Hillary Clinton, qui avait 99,5 % du show-biz américain derrière elle. À Arnaud Montebourg, dont l’éphémère porte-parole n’était autre que Guy Bedos.
Ou à François Fillon, que Renaud soutint un temps, avant d’aujourd’hui retourner son Perfecto, pour cause d’urgence anti-lepéniste, alors qu’après le 21 avril 2002, il assurait en privé ne vouloir en aucun cas rejoindre le front chiraquien.
Mais tout va sûrement mieux dans le meilleur des mondes pour l’homme de la Sarthe, depuis qu’Élizabeth Tessier l’assure désormais de son indéfectible soutien.

Ce dernier week-end, les gazettes bruissaient donc du ralliement inattendu de Franck de Lapersonne, plus qu’applaudi lors du meeting de lancement de campagne de Marine Le Pen, à Lyon.
Rien que le nom fleure bon la France des invisibles.
Lapersonne, c’est qui ? Juste une personne. Un de ces acteurs que tout le monde connaît mais dont, hormis quelques cinéphiles avertis, personne ne saurait, justement, mettre un nom sur sa bobine de reître médiéval.

Et pourtant, l’homme s’invite chez vous chaque soir dans votre salon, avant ou après les informations du soir :
la publicité de la MAAF, « Un jour, je l’aurai ! », c’est lui.

Pour le reste, sa carrière est des plus éloquentes. Plusieurs dizaines de films, de téléfilms, de pièces de théâtre, dans lesquels il ne tient que rarement le premier rôle, mais carrière lui ayant permis de devenir un de ces incontournables seconds couteaux sans lesquels la cinéphilie française ne serait pas ce qu’elle est.

Son parcours personnel nous en dit plus encore. Franck de Lapersonne, de son véritable patronyme, est issu d’une vieille lignée d’aristocrates de terroir.
Passionné de généalogie, il fait remonter son ascendance jusqu’au XIVe siècle. Tout aussi possédé par la langue de Molière, on le remarque dès 1981, lorsque maître d’œuvre d’un programme d’apprentissage du français, intitulé La leçon du Dr Taylor, mis au point avec l’université américaine de Yale, initiative aujourd’hui pour référence, il est fait chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres, au titre de la Francophonie.
Bon sang et langue alerte ne sauraient mentir.

Interrogé par notre confrère 20 Minutes, le saltimbanque en question, malgré un parcours politique sinueux allant de Mitterrand à Sarkozy, de Royal à Mélenchon, tout en passant par Hollande, explique la raison de ce coming out inattendu :
« C’est l’entrée d’Emmanuel Macron dans la campagne. Cela a été décisif car pour moi, c’est la société Uber qu’il nous propose. J’étais sidéré que ce personnage ait été inventé par les banques. C’est un petit mannequin de magazine pour séduire les foules. Cet homme me fait très peur. »

Quant à cette seule phrase extraite d’un long discours par les médias, selon laquelle « Molière ne parlait pas l’anglais et Victor Hugo n’a pas appris l’arabe à l’école », il précise :
« Cela n’avait rien contre les Arabes, les musulmans. Je ne suis pas raciste du tout. Je suis pour que l’on s’aime tous ! »

Alors, hirondelle annonçant un printemps électoral ou histrion solitaire ?
Réponse : « Le monde des arts ?
C’est une équipe de gens très bien installés depuis quarante ans et qui gagnent des fortunes.
On pourrait faire une liste très longue. Je pense, par ailleurs, que je ne suis pas isolé car j’ai reçu des dizaines d’appels de soutien cette nuit. »

Pas de doute, ce Franck est aussi une assez belle personne.


Nicolas Gauthier
crédit:bvoltaire.fr



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