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Trois candidats gaullistes dissidents à la présidentielle ?


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Le gaullisme, c’est bien ; mais les preuves de gaullisme, c’est toujours un peu mieux.

Merveilleux pays que la France, tellement chéri des Français qu’une bonne cinquantaine de candidats entendent faire la cour à Marianne, à l’occasion de la prochaine élection présidentielle. Merveilleuse exception française qui devrait, une fois encore, nous offrir le plaisir d’observer concourir au moins trois candidats trotskistes. Déjà un, c’est quasiment du jamais vu sur la planète ; mais trois…

On remarquera que les gaullistes parallèles et/ou dissidents se mêlent désormais de cet invraisemblable carnaval, à la recherche, on imagine, de ce triangle des Bermudes électoral que serait l’espace se situant entre la droite des Républicains et la gauche du Front national.

D’où ces Michèle Alliot-Marie, Nicolas Dupont-Aignan et Henri Guaino, apparemment impatients d’en découdre, à condition toutefois qu’ils puissent rassembler ces fameuses et fichues cinq cents signatures.

Interrogée par Le Journal du dimanche, Michèle Alliot-Marie affirme « ne pas être là pour diviser son camp à la présidentielle » ; certes, même si c’est rudement bien imité. Refusant de s’exprimer sur un éventuel soutien à François Fillon, elle ajoute : « Dans toute ma carrière politique, je n’ai jamais fait perdre ma famille ! » Pourtant, en amour comme en toutes choses, il y a toujours une première fois. Son programme ? « Refaire des référendums plus régulièrement, sur tout ce qui est le vivre ensemble et sur le fonctionnement des institutions. » En la matière, on a déjà vu plus gaulliste et, surtout, plus original…

De son côté, Nicolas Dupont-Aignan, lors d’un entretien accordé à la chaîne Public Sénat, est à peine moins elliptique : « Les sondages manipulent les Français » et ils ont « toujours été démentis », preuve qu’ils ne manipulent pas les Français autant qu’il semble le croire. Et de conclure : « Je serai au second tour ! […] Les sondages, je les emmerde ! » » C’est sûr que, vu de la sorte, on comprend mieux que l’espoir puisse faire vivre.

Quant à Henri Guaino, il assure sur les ondes de France Inter que « François Fillon ne tiendra pas jusqu’au premier tour » et qu’il est, de facto, empêché « de faire campagne pour défendre son programme » ; encore un qui ne veut pas « faire perdre sa famille », on imagine.

Il fut un temps, celui du Général, où le gaullisme, malgré ses différentes sensibilités internes, marchait globalement d’un seul pas, et ce, derrière un seul chef. Osera-t-on prétendre que tel n’est plus exactement le cas aujourd’hui ? Mais derrière cette agitation des plus sympathiques et des plus juvéniles, la véritable question qui se pose demeure celle-ci : quelle sera la position de ces rebelles de basse-cour au soir du premier tour ? Appeler à voter pour un candidat en « on » – Macron, Hamon ou Fillon ? Ou pour la seule candidate incarnant peu ou prou la politique naguère théorisée par l’auguste Général ?

Pour demeurer dans le registre amoureux (voir MAM plus haut), on dira que le gaullisme, c’est bien ; mais que les preuves de gaullisme, c’est toujours un peu mieux.


Nicolas Gauthier
crédit:bvoltaire.fr



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