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Vous ne devinerez jamais qui milite pour Macron dans ma ville…


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De M. Cahuzac à M. Macron, il n’y avait qu’un pas…

Chez nous – pardon pour l’expression : je voulais dire dans ma ville du Sud-Ouest bien socialiste, n’ayez pas peur ! -, comme chez vous certainement, les affiches de Macron fleurissent sur les murs.

Et avant que je n’aie eu le temps de me demander à quoi pouvait bien ressembler un militant du candidat d’En marche !, la réponse m’a été donnée ce matin, quand j’allais faire mon marché. C’est l’heure – précoce – qu’avaient aussi choisie ses colleurs d’affiches pour faire leur besogne. Une bonne organisation, histoire que la binette du bichon des sondages reste fraîche tout le samedi, jour de marché ici, et tout le week-end, riche en trafic routier en ces temps de vacances scolaires. Et puis M. Macron était vendredi dans le Lot, à deux pas d’ici. Donc, il fallait imprimer et coller du Macron sur nos murs et dans nos têtes. Avec la petite musique de la radio vous assenant en boucle : Fillon, juges d’instruction ; Le Pen, mises en examen, etc.

Et là, quelle ne fut pas ma stupeur quand je reconnus ceux que j’imaginais être des militants d’un nouveau genre…

Certes, au niveau de ma petite sous-préfecture de province, j’imaginais bien que notre « brillant » banquier – pour parler comme François Bayrou – pouvait avoir du mal à recruter des gens de son niveau. J’avais donc en tête un portrait-robot type : des socialistes honnêtes en rupture de ban avec leur parti, des centristes sincères et puis, peut-être aussi, des Français vertueux qui avaient enfin décidé de s’engager en faveur de ce candidat proposant une offre politique nouvelle. Des gens bien, quoi.

J’ai dû immédiatement déchanter…

Des gens bien ? Surtout des gens bien de chez nous… Je précise : Villeneuve-sur-Lot, ville toujours socialiste, aux mains du dauphin de M. Cahuzac et de l’équipe qu’il a mise en place.

Une équipe qui, cela va sans dire, s’est immédiatement détournée du ministre quand ses agissements frauduleux ont été patents. Sauf quelques fidèles, quelques inconditionnels, qui ont longuement entretenu la flamme de leur héros.

Eh bien, ce sont ces célèbres militants de M. Cahuzac que j’ai vus, ce week-end, coller les affiches de M. Macron. Visiblement, de M. Cahuzac à M. Macron, il n’y avait qu’un pas, quand on est d’ici.

De deux choses l’une : soit il a fait appel à leur entreprise (car ces gens-là naviguent aussi dans le milieu des affaires), et ils n’ont fait que fournir un service ; soit ils ont rejoint délibérément le candidat d’En marche ! Mais, dans les deux cas, M. Macron ouvre donc grand ses bras à tous. Tout de même : pas très regardant sur les recrues qui se pressent derrière lui, notre petit génie des fusions-acquisitions…

Je ne sais pas ce qu’en penseront les probes soutiens de M. Bayrou ici, quand ils se retrouveront en marche avec des partisans de M. Cahuzac, dans une permanence, pour une réunion. À moins que M. Macron ne préfère cloisonner sa double vie… politique, s’entend. On savait que c’était déjà le cas lors des négociations pour le rachat du Monde. Mais le double jeu finissait parfois mal pour notre banquier, pris en flagrant délit entre un ascenseur et un palier.

M. Macron lançait dans ses meetings qu’au moins, chez lui, « il n’y aurait pas de murs ».
Non, de simples cloisons devraient faire l’affaire. Et quelques œillères aussi, pour certains de ses soutiens.
Ou, au choix, les pinces à linge de l’élection de 2002.


Dominique Monthus
crédit:bvoltaire.fr



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