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Pourquoi Macron ne peut gagner ni la présidentielle ni les législatives


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Il a sous-estimé quatre réalités politiques.

La macronlâtrie qui emporte tout sur son passage – socialistes espérant une prolongation de leur bail, vieux centristes, écologistes soixante-huitards reconvertis en libéraux et même un général de gendarmerie très anti-Taubira – a, en partie, atteint son objectif : installer l’idée que M. Macron serait au second tour et qu’il était le seul capable de battre Marine Le Pen.

Mais cette stratégie de second tour et de vote utile comporte de nombreuses incertitudes. Et quelques mensonges. D’une part, on sait ce qu’il est advenu de ces candidats qui se voulaient centristes, en marge des partis, et portés par le système médiatique : MM. Barre, Balladur, Bayrou et Juppé. D’autre part, la candidature spécifique de M. Macron concentre certains handicaps très lourds. N’en déplaise à MM. Bayrou, Cohn-Bendit et Soubelet, examinons-les.

D’abord, la mutation politique qui a eu lieu sous le quinquennat Hollande a entraîné deux faits majeurs qui pèseront lors des élections du printemps. Le premier, c’est la droitisation de l’électorat.
Le second, c’est l’apparition d’un tripartisme, confirmé à toutes les élections depuis 2013 : PS et gauche, droite LR, Front national.
On peut, schématiquement, et en faisant une place aux « petits » courants, décomposer le spectre politique actuel ainsi :
extrême gauche : 12 % ; PS et alliés (Verts, etc.) : 25 % ; centre : 12 % ; droite LR : 25 % ; FN : 25 %.

Or, pour cette présidentielle, l’offre des candidatures, notamment à gauche et au centre, ne correspond pas aux tendances idéologiques.

M. Macron prétend en faire sa force, mais c’est sa faiblesse majeure. Si l’on a bien des candidats extrême gauche, LR et FN bien identifiés et en phase avec leur électorat, ce n’est pas le cas pour le PS et le centre : deux courants qui vont donc se partager. L’électorat PS est ouvertement fracturé depuis la primaire et les sondages disent qu’il l’est équitablement entre MM. Hamon et Macron : 12 % pour chacun. Quant à l’électorat centriste, il va aussi se partager équitablement entre MM. Macron et Fillon. Ce qui amène M. Macron à 18 % (12 + 6). Pas plus…
Pour M. Fillon, s’il récupère sa moitié de centristes, il perdra, avec le Penelopegate, l’équivalent qui se déversera soit vers M. Dupont-Aignan soit vers le Front national. Donc, M. Fillon serait autour de 25 % et Mme Le Pen entre 25 et 28 %.

Mais, même en admettant que M. Macron soit élu Président, les législatives seront pour lui une épreuve encore plus compliquée. En effet, pour les partis, être présents au premier tour des législatives est indispensable pour leur financement. Donc, on voit mal comment PS et LR qui auraient, toujours dans le scénario macronien des sondages, été éliminés de la présidentielle se sacrifieraient aussi pour ces législatives ! Outre l’aspect très hétéroclite des candidatures Macron – un général anti-Taubira ici, un écolo pro-cannabis là… -, son nouveau parti En marche ! aurait à faire face à des candidats PS et LR, dans un contexte de domination du FN (qui aurait atteint 40 à 45 % à la présidentielle). M. Macron Président se retrouverait sans majorité à l’Assemblée, ou avec une majorité LR–FN.

En réalité, M. Macron ne peut gagner la présidentielle car il a sous-estimé quatre réalités politiques :
la persistance des courants idéologiques et des partis (même très affaiblis), le violent rejet, dans l’électorat de gauche, du libéralisme hollando-rothschildien qu’il incarne, la droitisation de l’électorat et le fait qu’il n’y a place, même dans une époque très anti-système, pour deux forts courants anti-système, surtout quand l’un des deux (le sien) est représenté par un pur produit du système.


Pascal Célérier
crédit:bvoltaire.fr



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