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Manifester pour sauver le soldat Fillon ?


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C’est une très mauvaise idée qu’ont eue là les dirigeants, demeurés fidèles, de la campagne de Fillon.

C’est une très mauvaise idée qu’ont eue là les dirigeants, demeurés fidèles, de la campagne de Fillon.

Non pas à cause des remontrances d’un François Hollande déclarant sans rire : « Il ne peut pas y avoir de manifestations qui puisse mettre en cause les institutions, la justice ou le travail de la police. »
Car alors, on manifeste contre quoi, quand on manifeste contre la loi Taubira ou la loi El Khomry, si ce n’est contre le gouvernement ?
Et les manifestations pour Théo, cher Président, elles ne mettaient pas en cause la justice ou le travail de la police ?

Non, si c’est une très mauvaise idée d’appeler le noyau dur de son électorat à manifester à ce stade-là de la campagne, c’est que ce genre de manifestations, à droite, cristallise en général l’aboutissement d’une dynamique ou d’une mobilisation, plutôt qu’il ne les enclenche. Si M. Fillon comptait rééditer la manifestation en faveur de Sarkozy entre les deux tours de 2012, la date retenue est prématurée.

Et c’est un pari très risqué que ses adversaires, en cas d’échec, utiliseront dès dimanche pour obtenir sa tête. La force de M. Fillon reposait sur sa victoire de la primaire et c’était là l’argument de son maintien : un lien populaire fort avec une France silencieuse.

Il pouvait continuer à l’exploiter, mobiliser cet électorat dans des meetings réduits tout en fustigeant les grands élus qui refusaient de l’accueillir. Mais vouloir traduire ce soutien populaire par une manifestation de masse parisienne, organisée dans la précipitation, c’est justement se méprendre sur la nature de cette France fillonniste.

Rappelons que la France qui a voté Fillon est une France âgée, provinciale et peu encline à manifester.

En outre, si M. Fillon comptait sur la partie la plus active et la plus jeune de cette droite-là – ces dizaines de milliers de manifestants de LMPT, pour ne pas la nommer -, il faudrait lui rappeler que son nom fut copieusement hué lors de la dernière manif, justement… Et, d’ailleurs, ceux qui le soutiennent – Sens commun – ne sont qu’une frange de cette mouvance.
Si M. Fillon pensait avoir ramassé le magot LMPT avec eux, il s’est trompé. Et le peu de cas qu’il fit d’eux, notamment pour les investitures aux législatives, n’a pas été de nature à mobiliser ceux qu’il aurait pu faire venir à lui.

Et ces manifestants qui usèrent le pavé pourraient bien lui dire, s’ils manquaient de charité : « Mais où étais-tu, François, quand nous, nous appelions à manifester ? »

Il est des moments, dans une carrière politique, où vos tiédeurs et vos accommodements avec la gauche et le centre, vos ambiguïtés, vos abstentions, que vous croyiez être vos meilleurs atouts, se retournent violemment contre vous.

Fillon sera-t-il encore candidat la semaine prochaine ?
Réponse dimanche soir.


Pascal Célérier
crédit:bvoltaire.fr



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