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Fillon peut-il arriver au deuxième tour ?


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Il est très probable que si François Fillon continue avec détermination et cesse de se laisser intimider par la bien-pensance, il peut y arriver.

Il est très probable que si François Fillon continue avec détermination et cesse de se laisser intimider par la bien-pensance, il peut y arriver.

Juppé se trompe lorsqu’il dit que l’électorat LR se radicalise. Il constate simplement une permanence de fond, ancienne, montrée par les études d’opinion mais masquée par les sondages, et bien sûr occultée par les dirigeants du parti : la convergence des électorats LR et FN est de l’ordre de 80 % sur le régalien (y compris sur l’Europe, à 70 %) mais leur divergence est de l’ordre de 70 % sur l’économique (surtout sur l’euro et les retraites).

Sur ces divergences, les clivages d’âges et de CSP sont essentiels : schématiquement, les jeunes désargentés de la France périphérique votent FN ou s’abstiennent, les seniors aisés et retraités votent LR.

En revanche, entre les électorats LR et centristes, la divergence est très forte sur le régalien, surtout sur l’Europe et l’immigration, mais assez faible sur l’économique et l’euro.

Mais il est vérifié que le centre droit a plus d’élus que d’électeurs à la présidentielle (tout comme les écolos, d’ailleurs), d’où son souci permanent du ralliement pour survivre. C’est tout l’historique des échecs systématiques de Bayrou lors des présidentielles.

Au Trocadéro, dimanche, c’était visible.

Même Juppé a bien dû le constater et cela semble ne pas lui faire plaisir.
C’est, d’ailleurs, sur ce constat bien exploité que Nicolas Sarkozy a gagné en 2007, mais pour l’avoir oublié qu’il a perdu en 2012.

À regarder les meetings de Fillon, on observe que Macron y est copieusement hué mais Marine Le Pen beaucoup moins.

Juppé, malgré son discours bien dans la ligne de la pensée unique, en est conscient. Sil avait sauté le pas, une portion non négligeable de l’électorat LR se reportait sur Marine Le Pen ou, au moins, l’abstention. À la primaire, il n’a fait que 33 %, dont un petit tiers venu d’électeurs de gauche, soit environ 25 % après correction…

Au grand dam des dirigeants LR (PS aussi, d’ailleurs), ces primaires ont été un intéressant révélateur: à droite, on vote à droite, et à gauche, on vote à gauche. Ça alors !

Donc, que cela fasse plaisir ou non aux uns et aux autres, pour François Fillon, le « principal ennemi » n’est pas le FN, c’est Emmanuel Macron.

Pour être élu, François Fillon n’ira pas jusqu’à embrasser – serait-elle consentante ? – Marine Le Pen.

Mais qu’il arrête de désespérer la « droite hors les murs », cet électorat conservateur et populaire qui a voté pour lui à la primaire et semble avoir envie de voter pour lui en avril, mais qui, aussi, ne déteste pas le FN et, même, aime vraiment une de ses tendances tout en étant très réservé sur l’autre.

Et puis, s’il est élu en mai, pour gouverner, il en aura besoin !

C’est simplement raisonnable et cela montrera force et indépendance, vertus essentielles d’un chef d’État. Après la consternante normalité, ça nous changerait…

Xavier de Boissard
crédit:bvoltaire.fr



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