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Les lâcheurs, le jour d’après


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M. Fillon a gagné un galon de gaullisme et ramené à lui des électeurs de droite écœurés par la couardise de ceux qui voulaient l’évincer.

Ainsi, le comité directeur du parti Les Républicains, lundi soir, a-t-il « renouvelé son soutien à François Fillon, à l’unanimité ». Cette réunion convoquée, samedi, dans le dos de l’intéressé, devait achever le putsch lancé par les UDI-juppéistes. Une exécution en bonne et due forme…

Mais la résistance d’un homme et la détermination d’un peuple en ont décidé autrement. Face à ces acteurs que l’on n’était plus guère habitué à voir jouer un rôle – fidélité, courage, respect du verdict des urnes -, M. Juppé s’est replié, une nouvelle fois, et avec un surcroît d’acrimonie qui n’abaisse que lui, dans sa mairie de Bordeaux.

Qu’adviendra-t-il, désormais, de ces… comment les appeler ? Putschistes ? Le mot était trop grand, et visiblement leur général n’était plus très « droit dans ses bottes ». Frondeurs ? Encore trop beau. Car frondeurs, ils le furent pour parader sur les plateaux télé ; et la Fronde des princes, c’était Condé, tout de même.

M. Juppé, dans son aigreur, s’est permis de qualifier les sympathisants de droite qui soutiennent massivement M. Fillon de « radicalisés ». Triste fin pour un agrégé de lettres et un prophète du refus des amalgames… Mais, finalement, c’était le plus bel hommage qu’il pouvait rendre et au peuple de droite résolument attaché à ses convictions, et à M. Fillon, arc-bouté sur son programme et son vote démocratique de la primaire. Pour M. Juppé, c’était aussi avouer à quel point il n’était pas de cette trempe-là, trahissant une nouvelle fois les idéaux gaullistes qui furent les siens.

M. Fillon aura certainement la clémence nécessaire pour ces lâcheurs. Mais bon prince, il le fut déjà, et jusqu’à l’extrême, avec tous ces UDI-juppéistes qui avaient exigé de façon éhontée – et obtenu ! – postes et investitures à foison, souvent au détriment de personnalités fidèles, et plus en phase avec les convictions et le programme défendus par M. Fillon. Il en fut bien mal remercié…

D’ailleurs, cette manœuvre qui visait à faire éclater les LR se retourne violemment contre l’UDI qui l’a fomentée. Le parti était divisé en trois tiers : les macronistes, les juppéistes et les fillonistes. Après le rétablissement de Fillon, c’est ce micro-parti qui est désormais voué à l’éclatement. Pour M. Leroy, député UDI :
« Lagarde a annoncé que l’UDI se retirait de la campagne sans qu’aucune instance ni personne ait été réuni. Il s’est mis tout seul dans un corner. Nous, nous sommes sur une ligne claire de soutien à Fillon et d’un accord avec LR. »
Et, pour cet ancien ministre de Sarkozy, l’issue est évidente : « Selon moi, mardi soir, l’UDI aura vécu. » L’UDI, ou la fable de la grenouille qui voulait se faire plus grosse que le bœuf…

Du côté LR, cette fronde, menée par de petits et grands élus, dont des présidents de région pas toujours bien inspirés, fut canalisée par le président du Sénat et s’est terminée, mardi matin, par un petit déjeuner… au Sénat. Le Sénat… quel symbole !
Il était devenu, sous de Gaulle, le bastion des notables de la IVe République qui n’avaient jamais accepté son retour. Il s’en était toujours méfié.

M. Fillon devrait l’imiter en cela, lui qui a gagné, dans cette épreuve, un galon de gaullisme, et ramené à lui des électeurs de droite écœurés par la couardise et les calculs de ceux qui voulaient l’évincer.
Les fillonnistes ne demanderont certainement pas des têtes. Un peu de discrétion, seulement. Et de décence.

Pascal Célérier
crédit:bvoltaire.fr



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