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Macron peut dire merci aux sondeurs, aux médias… et à la droite


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À quand, la publication du prochain sondage, annonçant sans rire l’élection de Macron à la présidence de la République dès le premier tour ?

À quand, la publication du prochain sondage, annonçant sans rire l’élection de Macron à la présidence de la République dès le premier tour ? À en juger par l’ardeur avec laquelle sondeurs et médias se démènent pour le candidat « ni de droite, ni de gauche », cette révélation ne devrait être qu’une question de jours.

Il faut dire que jamais, sous la Ve République, un postulant au siège élyséen n’aura bénéficié d’une telle campagne de communication. Dès lors, on comprend pourquoi la nouvelle coqueluche de notre système politico-médiatique n’a pas besoin d’avoir derrière lui un appareil politique. Il rassemble, sans que cela lui coûte un euro, l’ensemble (ou presque) de la presse nationale.
Ainsi faut-il aller chercher quelques cadavres dans les placards, qu’aussitôt Le Canard ou Libé s’en chargent. Faut-il vanter un programme balbutiant et imprécis, que Le Monde est là. Faut-il rameuter des troupes, qu’à l’unisson nos grands journalistes de la presse télévisuelle se font les chantres du seul recours désormais possible contre « le mal absolu » incarné par Marine Le Pen.

Une chose est certaine, et devrait servir de leçon à l’issue de cette consultation électorale qui relève peu à peu de la mascarade : le plan Macron aura été magnifiquement élaboré et mis en œuvre. De la construction médiatique du jeune premier présenté, en dépit de son passé politique, comme la quintessence du renouveau, jusqu’à sa présentation comme l’ultime sauveur d’une démocratie menacée par des forces de droite rétrogrades et conservatrices, en passant par l’utilisation (fort à propos) de l’institution judiciaire, rien n’aura été laissé au hasard. Chapeau, l’artiste !

Il faut dire que ce scénario, soigneusement préparé, a pu compter sur la complicité imbécile et suicidaire d’une droite que le terme de « bête » ne suffit plus à qualifier.

Alors qu’il suffisait de faire front, et de tenir le cap contre vents et marées face à une cabale plus évidente que le nez au milieu de la figure, il a fallu que quelques « ténors » en mal de publicité la ramènent et fassent tanguer le navire jusqu’à (peut-être ?) le faire sombrer. Alors que la victoire était en vue, il a fallu, pour de sombres intérêts de clans, que les chefs désertent en masse, donnant de leurs familles politiques l’image d’un ramassis de mercenaires sans foi ni loi.

En avril prochain, si Fillon n’est pas au second tour, ce n’est pas à lui qu’il faudra s’en prendre. Mais à tous ceux qui, ces dernières semaines, ont été incapables de faire valoir leurs convictions et de porter les idées de leurs électeurs.

Quant à Macron, il continue d’engranger les ralliements. A quelques exceptions près, c’est toute la hollandie qui le rejoint maintenant, accompagnée de quelques personnages ne représentant bien souvent qu’eux-mêmes, mais qui – tel Bayrou – ont compris que c’était le moment ou jamais d’exister. Ces renforts de circonstance ont, cependant, au moins un mérite. Ils positionnent clairement à gauche un candidat qui, depuis le début de la campagne, prétend qu’il n’est d’aucun parti. Si cette appartenance est parfaitement libre et légitime, reste à se demander pourquoi Macron souhaite tant se tenir dans le déni.

Pourtant, le moment ne tardera pas à venir où il devra lever toute ambiguïté.
Et l’on sait, ainsi que l’affirmait le cardinal de Retz, « qu’on ne sort de l’ambiguïté qu’à ses dépens ». Et si ça se vérifiait une nouvelle fois le 23 avril prochain ?


Olivier Damien
crédit:bvoltaire.fr



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