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La France, c’est Brigitte Bardot, selon Marine Le Pen


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Proposer Brigitte Bardot comme modèle n’est sans doute pas un signal positif adressé à l’électorat conservateur.

À l’occasion d’un entretien accordé à la chaîne télévisée américaine CBS, s’opposant au port du voile islamique dans l’espace public, Marine Le Pen vient de déclarer : « La France, c’est Brigitte Bardot. » Le propos a de quoi surprendre. En effet, la candidate à l’élection présidentielle semble avaliser l’idée selon laquelle, entre le burkini islamiste et la nudité ostentatoire de la célèbre actrice, il ne saurait exister de juste milieu. Brigitte Bardot est une des figures archétypiques de la révolution sexuelle des années 1960-1970. Personne ne niera qu’une bonne partie de sa notoriété est liée à des scènes qualifiées par les uns d’érotiques et par les autres de pornographiques, sans que l’on ne sache très précisément la différence entre ces deux qualificatifs, qui semblent recouvrir la même réalité.

Au-delà de cette anecdote, le débat de fond est de savoir si nous sommes condamnés à choisir entre un islam négateur de la dignité de la femme et un hédonisme libéral-libertaire qui, sous des apparences de liberté, est, en fait, une licence suicidaire. Quel père donnera comme modèle à ses filles la vie chaotique de Brigitte Bardot, dont la fortune et la célébrité ne sont pas obligatoirement gage de bonheur ?

Sans doute est-il plus conforme à l’identité de la France de proposer comme modèles à nos filles Caroline Aigle – polytechnicienne, pilote de chasse, décédée à l’âge de 33 après avoir donné naissance à son enfant dont elle ne souhaitait pas avorter pour suivre le traitement anticancéreux qui eût été nécessaire pour la sauver -, Geneviève de Galard – convoyeuse de l’air, surnommée « l’ange de Ðihn Biên Phu » -, Louise de Bettignies – agent secret français, décédée à l’âge de 38 ans le 27 septembre 1918 dans la forteresse de Siegburg parce qu’elle n’avait pas bénéficié des soins que son état de santé exigeait -, etc.

La crise que nous vivons, avant d’être économique ou sociale, est une crise de civilisation. Que l’état d’extrême d’affaiblissement de notre société et son niveau de corruption intellectuelle et morale rendent quasiment impossible l’élection de dirigeants attachés à un réel programme de salut national est sans doute une réalité.

La contre-performance récente de Jean-Frédéric Poisson en est un exemple. Il ne faudrait pas, non plus, que le remède de cheval tue le malade. Certes !
Encore faudrait-il que la direction indiquée soit la bonne, même si la route sera certainement longue. Le programme présidentiel de Marine Le Pen, en 2012, prévoyait la « protection des enfants contre toutes les formes de violence, y compris la violence pornographique ».
Ce sujet n’est plus abordé dans le programme de 2017. Proposer Brigitte Bardot comme modèle n’est sans doute pas un signal positif adressé à l’électorat conservateur, qui a fait le succès de François Fillon à la primaire de la droite et du centre et qui, aujourd’hui, s’interroge.
Entre l’exaltation du mont Saint-Michel et l’adulation de l’héroïne d’Une ravissante idiote, le grand écart semble acrobatique.
Sans doute faut-il choisir, même si, selon le mot du cardinal de Retz : « On ne sort jamais de l’ambiguïté qu’à son détriment. »


Thomas Bertin
crédit:bvoltaire.fr



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