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Macron et ses ralliés :
En marche ! ou Au secours !



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Là où la mayonnaise commence à tourner au vinaigre, c’est avec le ralliement de deux anciens ténors communistes, Robert Hue et Patrick Braouezec.

« Ce n’est pas la girouette qui tourne, mais le vent », pour reprendre le mot célèbre d’Edgar Faure. Un vent qui souffle désormais si fort qu’il y aurait comme une tempête sous le crâne d’Emmanuel Macron. Trop de soutiens, cela peut effectivement devenir… insoutenable.

Au début, l’entourage du ludion s’extasiait : « Tous les soutiens sont les bienvenus, de gauche comme de droite. » Nombre de chevaux de retour et autres fantômes du passé ne se le sont pas fait dire. François Bayrou, une assez belle prise de guerre, quoiqu’on puisse penser de son itinéraire politique aussi virevoltant qu’inattendu, dira-t-on pour demeurer poli. Daniel Cohn-Bendit et Alain Madelin, passe encore. Bertrand Delanoë, pourquoi pas ? Jean-Louis Bourlanges, ancienne tête pensante du centrisme plus mou que mou, il présente au moins l’insigne avantage d’être parfaitement inconnu du grand public.

Là où la mayonnaise commence à tourner au vinaigre, c’est avec le ralliement de deux anciens ténors communistes, Robert Hue et Patrick Braouezec. Le premier, ancien secrétaire général du PC, candidat très malheureux à l’élection présidentielle de 2002 – quelle idée, aussi, de confier sa campagne au dandy Frédéric Beigbeder, par ailleurs remarquable critique littéraire ? –, dirige aujourd’hui le Mouvement des progressistes, très populaire aux abords des dernières cabines téléphoniques dans lesquelles il tient généralement congrès.

Le second, ancien maire de Saint-Denis, perpétuel énervé, naguère ponte des communistes refondateurs, fut interdit de gouvernement Jospin, en 1997, par le même Robert Hue le jugeant parfaitement « incontrôlable ».
« Contrôlables » ou pas, on peut sentir poindre une légitime inquiétude dans les premiers cercles macroniens à l’idée de voir débouler ces deux Hibernatus remontant à l’époque de Belphégor et du mur de Berlin. Et c’est dans un éclair de lucidité qu’Emmanuel Macron, le 10 mars dernier, prévient : « Que des femmes et des hommes disent “Je soutiens” ne signifie ni qu’ils auront une investiture aux législatives, ni qu’ils seront membres d’un gouvernement, ni qu’ils infléchiront sur la ligne politique. […] On ne sert pas le couvert et le repas gratuit… »

Deux jours plus tard, sur France 3, il ironise : « Il y a des gens qui nous rejoignent par intérêt, il ne faut pas être dupe. […] Il y avait beaucoup de gaullistes au lendemain de la Libération. » À propos de gaullistes, il convient aussi de noter le ralliement de plus de cent-dix membres et cadres des Jeunes avec Juppé. Là, ce n’est plus La Nuit des morts-vivants mais « L’Invasion des chats noirs et des rats crevés »…

On ne sait, pour l’instant, quel accueil sera réservé à ceux qui dénoncent « la triple radicalisation du programme de François Fillon : radicalisation de son programme, radicalisation de ses propos contre la presse, la justice et ses opposants, radicalisation de ses soutiens ».
Lesquels ? Sens commun, bien sûr, « émanation de la Manif pour tous », dont les militants, à en croire Emmanuel Macron, ont été « humiliés » ; avant, toutefois, de se raviser et faire risette à ceux de la LGBT.

Méfiance, toujours, quant à la nomination de son possible Premier ministre, qui pourrait bien être une femme. Une femme, oui, mais Ségolène Royal et Marisol Touraine, non, « malgré le respect » qu’il assure porter à ces deux dames qui, à quelques années près, ne sont pas loin d’avoir l’âge de son épouse.
Bref, après En marche !, c’est Au secours !

Au fait, ce qu’il est intéressant d’observer, au sein de ce troupeau de groupies plus ou moins fraîches, c’est que tout le monde fait comme si Emmanuel Macron était déjà installé à l’Élysée.
Un peu de circonspection devrait pourtant être de mise, sachant qu’en 1995, cru présidentiel à l’occasion duquel on nous assurait qu’Édouard Balladur serait élu dès le premier tour, on en a vu, des plaisanciers du dimanche, plonger du radeau de La Méduse pour embarquer sur le Titanic.


Nicolas Gauthier
crédit:bvoltairefrBR>


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