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Préparons-nous donc à de longues nuits d’émeutes !


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Avant même de savoir ce qui a pu provoquer la mort de Shaoyo Liu, les événements ont, comme d’habitude, dégénéré.

Attaques terroristes, règlements de comptes à répétition, enlèvements spectaculaires, émeutes urbaines : rarement la France aura donné d’elle-même une image plus délétère et inquiétante. Il est vrai qu’après un quinquennat au cours duquel la sécurité aura été traitée avec un amateurisme rare par des responsables politiques plus soucieux de beaux discours que d’actions concrètes, il ne fallait pas s’attendre à un autre résultat. Jusqu’à la communauté asiatique qui, habituellement respectueuse des lois de la République, s’enflamme pour demander plus de protection et de considération.

Sans doute le fait générateur des désordres qui troublent nos quartiers depuis la mort de Shaoyo Liu, ce Chinois de 56 ans tué lors d’une intervention policière, n’était-il pas la plus symptomatique des agressions subies par les ressortissants de ce pays. On se souvient, en effet, des touristes chinois attaqués et dépouillés, par cars entiers, au cours de ces dernières années. Il n’empêche, cette réaction violente et spontanée ne peut s’expliquer que par la lente dégradation sécuritaire que connaît notre pays. Peu à peu, l’État a perdu le contrôle de pans de nos territoires, les abandonnant à tous les trafics et à toutes les mafias.

Avant même de savoir ce qui a pu provoquer la mort de Shaoyo Liu, et donc le bien-fondé ou non de l’action de la police, les événements ont, comme d’habitude, dégénéré. Il est vrai que les déclarations de l’avocat de la famille selon lequel, avant même les conclusions de l’enquête judiciaire, « les conditions d’une bavure policière étaient réunies », ainsi que les prises de position provocatrices du président de SOS Racisme, n’ont en rien calmé le jeu.

Sur cette affaire elle-même, il est difficile de se prononcer. Toutefois, il faut savoir que les interventions policières sur des « différends familiaux » sont extrêmement nombreuses.

Elles sont, le plus souvent, réalisées en fin de semaine, et l’imprégnation alcoolique des participants est chose plus que courante. Dans le cas d’espèce, les antécédents psychiatriques de la victime, remontant à 2012, devront être soigneusement étudiés.

Ces interventions comptent aussi parmi les plus dangereuses. Appelés par des voisins, ou même des témoins directs, les policiers arrivent dans un milieu inconnu, sans véritable connaissance du contexte familial, et sans savoir s’ils se trouveront en présence d’individus éventuellement armés. Fort heureusement, la discussion et la persuasion seules permettent, en règle générale, de rétablir l’ordre. Le nombre de policiers gravement blessés lors de ces missions de routine est loin d’être négligeable.

Le cas Shaoyo Liu est également particulier en ce qu’il a provoqué la réaction officielle de l’État chinois. Sans doute les agressions répétées dont font l’objet ses nationaux sur notre territoire étaient-elles de nature à provoquer une intervention diplomatique. Néanmoins, que la France soit montrée du doigt par un pays dont le modèle démocratique est plus que discutable devrait inciter nos responsables politiques à se poser de sérieuses questions.
Et, parmi celles-ci, celle visant à reconsidérer la façon dont la sécurité est traitée sur notre territoire.
À en juger par les programmes des candidats à la prochaine élection présidentielle, il semblerait que le sujet n’incite guère à l’action.
Si Marine Le Pen et François Fillon paraissent les plus désireux de redresser enfin la situation, Emmanuel Macron, pour sa part, reste dans le vague absolu qui le caractérise.
Préparons-nous donc à de longues nuits d’émeutes !


Olivier Damien
crédit:bvoltaire.fr



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