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Le 19 mars 1962, la France généreuse, fidèle à ses
traditions, à ses engagements s'apprête à libérer dans le cadre des Accords
d'Evian, les détenus, les prévenus, les condamnés. Ainsi retrouvent la
liberté, les poseuses et poseurs de bombes, les tueurs de sang froid,
les égorgeurs. Mais, il y avait aussi, une autre France, la France honteuse,
comme l'a si bien nommée, mon camarade, le Colonel AZIZ MELIANI, dans
son ouvrage dénonçant le massacre des harkis.
Cette France qui a ordonné à ses soldats de rester l'arme au pied devant
les enlèvements massifs, les tueries généralisées, de leurs frères d'armes
de la veille, les Harkis, tout comme d'autres concitoyens difficilement
dénombrés ayant subi le même sort en particulier à Oran les premiers jours
de juillet. Aussi ceux qui préconisent la repentance pour pouvoir sup-
porter le regard de leurs enfants, dixit un journaliste ayant une certaine
audience, auraient-ils pu supporter le regard de ceux que l'on s'apprête
à égorger en ayant bien pris soin de les ligoter afin de ne point gêner,
l'ample mouvement de l'égorgeur ?
Auraient-ils pu supporter le regard du père de famille que l'on a obligé
à assister au viol de ses enfants et de son épouse avant d'être émasculé,
égorgé et enterré les parties dans la bouche. Auraient-ils pu supporter
le regard et les gémissements des enfants déchrquetés par les bombes déposées
par celles que vos médias et vos universités ont honorées. N'a-t-on pas
crée une chaire à l'Université de Toulouse pour l'une d'elles, pour enseigner
la "colonisation".
Peut-être verra t-on un jour un ancien membre de l'OAS, enseigner la "décolonisation"
à l'Université d'Alger.
Simple suggestion : à proposer pour le rapprochement des peuples.
Auraient-ils pu supporter le rictus des gens dont on avait coupé les lèvres
et tranché le nez pour avoir enfreint l'interdiction de fumer - Pas beau
à voir Messieurs les censeurs et j'en ai vu à Batna.
Auraient-ils supporté les cris, les supplications, les plaintes, les gémissements,
et le râle des habitants de MELOUZA assassinés en une jour- née ? 301
victimes furent dénombrées.
Certes, méfaits il y a eu, mais la torture n'était pas le pain quotidien
de l'Armée Française. Vos écrits, vos accusations blessent ceux qui ont
fait honnêtement ce que la République leur a ordonné de faire.
Vos accusations blessent ces milliers de familles de nos campagnes et
de nos villages qui ont eu la chance de voir leur enfant de retour au
pays, sain et sauf ; ces familles qui n'ont pas eu cette chance et qui
en souffrent encore. Vous salissez la mémoire de leurs disparus.
Aussi, s'il vous plaît, parlez des médecines militaires d'activé et appelés
qui prodiguaient leurs soins dans les coins les plus reculés d'Algérie.
Parlez des instituteurs militaires qui remontaient les écoles brûlées.
N'oubliez pas s'il vous plaît les jeunes moniteurs d'Issoire et les monitrices
de Nantes dont bon nombre d'entre eux ont été sauvagement assassinés.
Leur crime : avoir donné un peu de joie dans le sport aux gamins des douars
et des villages.
Enfin, vous n'êtes pas sans savoir le drame des Harkis que la conscience
française a mis du temps à découvrir de par votre silence, vos allégations,
vos mensonges. Ces braves qui avaient, dans la plupart des cas, pris les
armes pour se défendre ont été désarmés et livrés à leurs assassins qui
ne s'attendaient pas à ce lâche abandon.
Ces soldats de France, désarmés n'ont pu être sauvés qu'à de très rares
exceptions et ce grâce à quelques officiers subalternes et sous-officiers
ayant servi dans les Harkas. Leur fin atroce a été révélée et relatée,
mais l'incrédulité a été la plus forte. Ebouillantés dans d'énormes chaudrons,
ils furent, dans l'Oranais à SAÏDA, ces soldats des commandos Georges
et Cobra.
Egorgés, déchiquetés, mutilés dans tous les douars devant les leurs. Leurs
enfants, ceux qui ont pu échapper au massacre, les enfants des rescapés
rapatriés, aujourd'hui Français à part entière par le sang versé sont
en droit de demander des comptes, droit acquis par le devoir accompli
des pères, devoir illustré par le respect de la parole donnée.
Ils sont en droit de demander justice et réparation et surtout Reconnaissance
du génocide des 150 000 des leurs.
NON à la Commémoration du 19 Mars 1962.
Le 19 mars est une date tragique pour toute la Communauté des Français
Musulmans Rapatriés.
Cette date qui symbolise le " cessez-le-feu en ALGERIE " et les accords
d'Evian est, vécue en vérité par cette Communauté comme un drame et un
abandon.
L'abandon par la FRANCE de ceux, nombreux en ALGERIE, qui avaient une
autre vision de l'avenir de leur pays qu'une indépendance précipitée acquise
par le F.L.N. Ce parti unique a conduit le pays à l'abîme social, politique
et économique. La violence actuelle en ALGERIE, que nous condamnons, n'est
que la résultante logique des exactions du F.L.N., véritable dictature,
et l'histoire aujour- d'hui donne raison au choix fait par les Français
Musulmans Rapatriés.
Le souvenir de la date du 19 mars que la Fédération souhaite voir déclarée
: " journée de deuil national ", doit permettre aux Français Musulmans
de rappeler à la Nation ses devoirs à l'égard de ceux qui l'ont servie
au péril de leur vie.
Car en FRANCE on n'a pas encore rendu justice aux Français Musulmans et
notamment aux Harkis.
Il est indécent de commémorer le 19 mars 1962. Ce douloureux anniversaire
d'une Histoire dramatique lourde de larmes et de sang pour notre Communauté
(près de 150 000 Harkis assassinés et la disparition de 25 000 Pieds-Noirs
après le 19 mars), doit être connu et enseigné en FRANCE.
Malheureusement l'ignorance demeure et comme le dit le colonel de Blignières
:
" Parmi les faits rayés des manuels, des mémoires et des débats, le désarmement
des Harkis et l'abandon à leur sort des disparus pèsent d'un poids exceptionnel
sur la conscience de la FRANCE et sur l'honneur de son armée ".
Non aux querelles et au silence, un crime est un crime. Il faut dénoncer
le génocide perpétré à l'encontre des harkis et de leur famille après
l'indépen-dance de l'Algérie, dans la quasi indifférence générale.
Il faut dénoncer également le drame de l'exclusion et de la ghéttoïsation
qu'ont subi les Harkis et leurs familles réfugiées en France.
Ce qui a largement compromis leur avenir et celui de leurs enfants.
La France doit reconnaître la responsabilité du gouvernement de l'époque
qui a volontairement désarmé et abandonné la communauté Harkie, la livrant
ainsi à une mort certaine.
LE 19 MARS ...JOUR DE DEUIL. Certains partis politiques voudraient voir
adopter le 19 mars pour commémorer la fin de la "Guerre d'Algérie".
Ce projet doit être combattu car cette date est synonyme d'abandon, de
souffrance et de mort !
En 1961, grâce au "Plan CHALLE" la guerre était gagnée, les frontières
verrouillées, le quadrillage efficace, les populations protégées des exactions
et tous les moyens mis en place pour neutraliser les bandes de l'intérieur
exsangues et atomisées. La guerre était gagnée mais la paix fut perdue
par l'a- veuglement des hommes !
Les Accords d'Evian prévoyaient une protection des supplétifs, des musulmans
ayant en leur âme et conscience, au regard des crimes du F.L.N, choisi
la légalité et la protection de la France et du million de "Pieds-Noirs"
installés sur cette terre d'accueil depuis des décennies.
Les provocations de l'O.A.S. refusant les Accords d'Evian avalisés par
le peuple français (y compris celui résidant en Algérie encore à part
entière de la République), les affrontements entre communautés et force
de l'ordre, le non-respect par le F.L.N des accords que le CNRA avait
dénoncés en juin 1962 à Tripoli amenèrent le pire : massacre et l'exode.
En 1961,les supplétifs comptaient :
• 61 600 harkis servant dans 600 harkas,
• 19 000 moghaznis servant dans 740 S.A.S,
• 8 000 gardes servant dans 101 G.M.S,
• 62 000 gardes d'autodéfense.
Avec les appelés et les engagés dans les régiments réguliers, les musulmans
étaient quatre fois plus nombreux dans les rangs français que dans ceux
de l'A.L.N dont la presque totalité était stationnée aux frontières !
Dès l'application unilatérale du cessez- le-feu,
les massacres et les tortures se généralisèrent sous l'œil souvent passif
des unités de l'Armée Française maintenue sur ordre dans ses cantonnements.
Les mesures gouvernementales se succédèrent :
• Le 19 avril 1962, le Conseil des Ministres rejeta la proposition de
rapa- triement général des supplétifs,
• Le 12 mai 1962, toute initiative individuelle dans le domaine du rapatriement
fut interdite aux officiers,
• Le 26 mai 1962, un camp d'accueil fut ouvert en métropole au Larzac,
un autre le sera le 29 juin à Bourg Lastic,
• Le 21 juin 1962, il fut interdit aux forces de
mener des opérations au profit des personnes menacées,
• Le 19 juillet 1962, pour cause de saturation des camps, les transferts
en France furent suspendus,
• Le 19 septembre 1962, les rapatriements furent à nouveau autorisés.
• Les suites de ces atermoiements et de ces interdits sont tristement
connues :
• Seuls 91 000 Français musulmans (civils et militaires)
purent rejoindre la métropole dont 15 à 20 000 supplétifs soit environ
10% des effectifs de 1961.
• 100 à 150 000 Supplétifs, femmes et enfants furent
assassinés souvent après d'effroyables tortures. Du côté des européens,
3 000 personnes furent enlevées dont 2 000 ne réapparurent jamais, 736
militaires furent malgré le cessez-le-feu, tués ou blessés...près d'un
million de "Pieds-Noirs" fut contraint à l'abandon de ses racines et de
ses morts !
Voilà le résultat du 19 mars... on voudrait que
ce jour, anniversaire de profonde détresse, soit fêté... quelle honte
et quelle tristesse !
Oui le 19 mars est bien un
jour de deuil !
Le devoir de repentance n'est pas où certains voudraient prioritairement
l'afficher, mais bien vis-à-vis de nos frères musulmans, français par
le choix et par le sang versé, que nous avons abandonnés.
Général(C.R) Jean-Pierre VIEILLARD
Ancien Chef de S.A.S.
À Mesdames
et Messieurs les représentants de la Nation
à l' Assemblée nationale et au Sénat
19 mars : les combats continuent...
La bataille pour choisir une date rendant
hommage aux combattants D'AFN continue Mais après les chocs frontaux
entre la FNACA et les autres associations, voici venir le temps
de l' hypocrisie, de la ruse et de la confusion. On croyait les
choses simples : la FNACA voulait retenir le 19 mars pour célébrer
la fin des combats en Algérie. Les autres associations de combattants
et les harkis refusaient une date synonyme de défaite politique
et de débuts des massacres.
On croyait les choses claires : trois Présidents
de la République (Valéry Giscard d'Estaing, François Mitterrand
et Jacques Chirac) ont dit clairement que la République ne pouvait
retenir cette date du 19 mars.
Or voilà que refait surface la date du 19 mars. Ignorant
la journée d' hommage national aux harkis (25 septembre) et critiquant
celle du 5 décembre commémorant tous les mort en AFN, sous prétexte
que le 19 mars est la date officiel du cessez-le-feu, ils demandent
à ce que cette date soit retenue à la fois pour la célébration de
la fin de la guerre en Algérie et la commémoration des malheurs
des Pieds-Noirs et Harkis qui suivirent le 19 mars !
De qui se moque-t-on ? Certes, des familles ont été soulagées, heureuses
d' apprendre le cessez-le-feu le 19 mars 1962.
De là à célébrer ce jour de capitulation politique fêté en Algérie,
ce début du monstrueux massacre des Harkis, il y a un pas à ne pas
franchir.
Jamais, Messieurs les Députés, vous n'aurez un consensus sur cette
date !
Jamais tous ceux au courant du massacre des Harkis et autres Français
après le 19 mars ne pourront accepter cette date. Ce serait leur
demander une autre trahison des Harkis, une abdication de l'honneur,
une monstrueuse lâcheté.
Le 19 mars, on peut certes mettre en berne tous les drapeaux tricolores
des lieux officiels pour se souvenir de l'abandon criminel de ceux
qui ont crû en la parole de la France.
Mais, on ne peut pas célébrer le 19 mars comme fin des combats.
Car, hélas, le pire était à venir. Et il est venu, entachant l'honneur
de la France et de son armée.
Alors de grâce, n'en rajoutons pas. Et trouvons une date qui fasse
consensus, pour rendre hommage, sinon sereinement du moins unanimement,
à tous ceux qui sont morts en Algérie avant et après les Accords
d'Evian jamais respectés. |
crédit:le magazine Pieds -Noirs d'Hier
et d'Aujourd'hui - n°171 - Février 2009
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